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Union Locale CNT Besançon
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- Ce n’est pas parcequ’on est un mineur qu’on est plus un enfant
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- Rassurez-vous, vous n’aurez bientôt plus à craindre
d’agression en allant chercher vos paupiettes chez le boucher situé à côté du
collège du quartier. Nos chères têtes blondes sont en effet une priorité absolue
pour le gouvernement actuel. D’autant plus que la peur anti-jeunes dope
l’audimat des journaux télévisés lorsque les déboires sentimentaux présidentiels
ne sont pas là pour le faire. Nous élevons nos enfants dans un monde
merveilleux. L’école, gratuite, laïque et obligatoire, créée pour leur donner
toutes leurs chances d’intégration dans la société, n’est plus en mesure de
garantir leur sécurité.
-
La semaine dernière, des gendarmes ont
déboulé dans un collège pendant les cours, avec un
chien manifestement en manque, ont terrorisé les
élèves présents, détruit un ordinateur et
ordonné à des adolescents épouvantés et
humiliés de se mettre en sousvêtements dans les couloirs.
Dans le même temps, les sbires d’un ministre de
l’Immigration et de l’Identité nationale qui veut
« réhabiliter Vichy » raflent des enfants
jusque dans les cours d’école, et les expulsent en moins
de 48 heures. Et la justice dans tout ça ? Effectivement,
elle n’oublie pas les enfants. Elle y pense tellement que nous
avons eu droit à un déploiement de mesures
sécuritaires ces dernières années. Abaissement de
la responsabilité pénale à 10 ans,
possibilité d’incarcération à partir de 13,
suppression de l’excuse de minorité et application de
peines plancher pour les mineurs de 16 ans récidivistes,
ouverture des établissements pénitentiaires pour
mineurs... La réponse répressive, déjà
particulièrement prolixe, devrait pouvoir s’étoffer
prochainement en suivant les propositions du rapport Varinard, rendu
début décembre. Pour le premier trimestre 2009,
l’Hagarde des Sots Rachida Dati demande au père Noël
l’élaboration d’un Code de la justice des mineurs,
qui proposera entre autres :
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➢ la possibilité de mettre en
retenue un enfant de moins de 12 ans pendant 6 heures, renouvelable une
fois (6+6, ça fait 12 heures dans un commissariat, pour un gosse
de 10 ans, ça cause.)
-
➢ l’incarcération possible
à partir de 12 ans dans les cas de crimes, et à partir de
14 ans pour les autres délits
-
➢ la peine de fin de semaine,
c’est -à-dire mettre un môme en prison le week-end
pour lui éviter d’aller délinquer avec ses petits
camarades
-
➢ le principe de césure de la procédure, pour
pouvoir statuer immédiatement sur la culpabilité du
mineur et sur les dommages et intérêts, tout en
différant le prononcé de la sanction.
-
Pour mieux faire
passer la pilule, ce rapport préconise également de
changer la terminologie, et de ne plus parler désormais
d’enfants, mais de mineurs. Il ne faut pourtant pas se
leurrer : si les principes fondamentaux de l’ordonnance de
1945 ne sont officiellement pas remis en cause, et qu’il faut
toujours privilégier l’éducation à la
sanction, les préconisations mettent les bouchées double
sur le versant répressif, et s’assoient confortablement
sur l’éducation. Et de fait, avec tout ce beau monde assis
dessus, les moyens affectés à l’insertion
s’aplatissent à vue d’oeil. Les moyens
affectés à la Protection judiciaire sont en diminution
constante. La majorité des crédits sont alloués
pour des centres éducatifs fermés (dernière
alternative avant l’emprisonnement) et des
EPM. L’obligation de rendement ainsi que les cotas de prise
en charge font planer les menaces de la fermeture de certaines
structures et de suppressions de postes, rendant quasiment impossible
un véritable travail de réinsertion et de suivi.
L’Education nationale, qui doit donner à chacun ses
chances d’intégration, subit un régime
draconien : elle perd ses profs (30 000 postes de moins en 3 ans,
et plus de 13 000 suppressions prévues pour 2009) et voit ses
programmes allégés. Les classes sont surchargées,
le redoublement quasiment supprimé, et on espère que les
difficultés d’un élève se résorberont
de fait l’année suivante, ou que l’on pourra ignorer
la question jusqu’à l’âge fatidique des 16
ans. Comment peut-on lutter contre la délinquance sans
s’occuper de son origine elle-même ? On peut changer
les formules autant qu’on voudra, il n’empêche
qu’un établissement pénitentiaire pour mineurs
reste une prison pour gosses, et qu’un délinquant
juvénile a bien de l’acné.
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N’enfermons pas la jeunesse, aidons la à s’émanciper!
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