[communiqué]

Confédération Nationale du Travail

Syndicat Santé-Social
Fonction Publique Territoriale
de la Région Parisienne
33 rue des Vignoles, 75020 Paris
Tel: 06 88 81 26 47  Fax: 01 43 72 71 55
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www.cnt-f.org/sante-social.rp
Paris le 15 mars 2006

Ni flic, ni délateur

Face à la misère et à la précarité d'une frange de plus en plus importante de la
population, et en réponse à la révolte des banlieues, le gouvernement répond par
la répression, le contrôle, et la mise en place de la délation généralisée.

Le gouvernement réaffirme sa volonté d'imposer
un projet de société ultra-sécuritaire:


Le 9 décembre 2005, Nicolas Sarkozy remet au 1er ministre un avant projet de loi.
Le 17 janvier 2006, le gouvernement crée, par décret, un comité interministériel de
prévention de la délinquance. Le 10 février 2006, il nomme un préfet comme
secrétaire général à sa tête.
Ce projet s'articule principalement autour de l'école et plus généralement des lieux
d'éducation, de formation et de soin.
Après avoir installé les flics dans les établissements scolaires, après avoir
expulsé des sans papiers par charters, après avoir retiré les subventions à des
associations refusant cette logique; le gouvernement prévoit de transformer les
travailleurs de l'éducation, du social , du médico-social en agents de contrôle et
de délation.

La raison donnée: accélérer les délais d'intervention
La réalité: criminaliser la pauvreté et la désigner du doigt en supprimant " le
secret professionnel " au profit du " secret partagé ". Les informations seront
partagés avec les élus et la police, désormais considérés comme des professionnels
de la prévention.

A projet ambitieux, moyens ambitieux

Pour criminaliser la pauvreté, il faut renforcer le contrôle et la répression. A cet
effet, le projet de loi de "prévention de la délinquance" prévoit:

-de généraliser la vidéo surveillance dans les lieux publics et privés avec des
aides fiscales.
-d'aider au financement des systèmes de sécurité et de systèmes biométriques ( par
exemple dans les écoles pour contrôler le passage des élèves à la cantine)
-de mettre à contribution les CAF avec la mise sous contrôle des prestations
(transmission de fichiers pour vérifier les informations données par l'école).
-d'organiser des formations communes " à la délation " pour les professionnels
détenant des informations confidentielles.
-de culpabiliser les parents en leur proposant des stages de " parentalité " et
selon les cas en les sanctionnant (amendes et/ou suppression des allocations).
-de généraliser la méritocratie à l'école et au travail (bourses au mérite et
instauration d'établissements secondaires d'excellence)
-de rétablir la responsabilité pénale collective (le seul fait d'être présent sur le
lieu d'un acte de délinquance ou criminel engagera la responsabilité pénale des
personnes)

Le maire comme professionnel de prévention !

Comme il faut quelqu'un pour centraliser les informations après la phase de
délation, c'est le maire qui a été choisi pour piloter la politique de prévention de
la délinquance dans sa ville en lien avec le conseil général.
Il sera désormais considéré comme un professionnel de la prévention et aura une
délégation du préfet pour intervenir en matière de délinquance!
Il pourra prononcer des rappels à la loi et des mesures  de réparation.
Vu le silence des élus sur ce projet, les jeunes,les pauvres, les professionnels "
récalcitrants "et tous les révoltés ont du souci à se faire.
Par ailleurs la disparition du secret professionnel au profit du " secret partagé "
va changer fondamentalement les modes d'intervention des professionnels auprès des
personnes et des familles.
Comme c'est déjà le cas dans beaucoup de villes, on risque d'assister à une
accélération des expulsions des plus pauvres et à des règlements de compte
politiciens sous couvert de prévention des troubles à l'ordre public.
 Ce projet de loi de "prévention de la délinquance" n'en a que le nom ; c'est un
projet de loi liberticide qui n'a d'autre ambition que de contrôler et réprimer les
classes laborieuses, clairement définies ici comme dangereuses. Mais c'est un vieil
adage du capitalisme !

La CNT appelle à la mobilisation et à la grève les salariés, les étudiants, les
lycéens, les chômeurs, les précaires et les sans-papiers

le mercredi 22 mars
Depart de la Manifestation à 13h30
de la place Denfert-Rochereau.pour que toutes les lois répressives, sécuritaires et
liberticides soient abrogées car elles ne sont faites qu'au profit de l'Etat et des
patrons.
.pour la préservation du secret professionnel qui doit garantir aux personnes la
confidentialité des informations qu'elles donnent dans le but d'être aidées.
.pour que les professionnels et les populations visées sortent de l'isolement afin
de construire des résistances collectives et ne pas céder aux pressions du pouvoir.
.pour arrêter la construction des lieux d'enfermement comme les Etablissements A
l'image des lycéens et étudiants qui ont refusé l'installation d'une borne
biométrique à Gif-sur-Yvette  en octobre dernier, ne laissons pas s'installer dans
nos vies et nos lieux de travail les outils de notre propre contrôle.Pénitentiaires
pour Mineurs (EPM) prévus pour 2007.

...pour construire nos rapports humains sur d'autres bases que
la méfiance , le contrôle et la délation.

 
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