CNT 38
Union Locale Grenoble
mer 3 décembre 2003

Travailleur social, pas flic !

Travailleurs de la santé, du social, notre quotidien est la
confrontation avec les difficultés, la misère, l'exclusion.
Maux, générés par une société capitaliste où une minorité, le patronat,
pour s'enrichir, appauvrit une majorité : nous, que l'on soit
travailleur ou alors privé d'emploi, travailleur du social, de la santé,
ou alors usager de ces services.
Le gouvernement, main dans la main, avec le MEDEF continue sa politique
de régression sociale : décision d'abréger la durée d'attribution de
l'allocation de solidarité spécifique qui va précipiter des dizaines de
milliers de personnes supplémentaires dans le RMI, diminution de 8 % des
crédits alloués au ministère du logement, alors que « le mal-logement »
touche encore un million et demi de ménages, réforme de l'aide médicale
d'état, qui finance les soins des étrangers en situation irrégulière,
limitant alors l'accès de ces derniers aux soins, projet de financement
de la sécurité sociale pour 2004 qui comprend le relèvement du forfait
hospitalier, le déremboursement de médicaments, l'affirmation du
principe selon lequel l'assurance maladie a pour objet de rembourser les
soins nécessaires aux assurés sociaux (que signifie ce terme de soin
nécessaire ' qui décidera de la nécessité de tel ou tel soin '
nécessaire pour qui ' en fonction de quoi '.)


Parallèlement, on multiplie les cadeaux auprès des couches sociales les
plus aisées : diminution de 3 % du barème de l'impôt sur le revenu, main
d'ouvre bon marchée fournie au patronat au travers du RMA, jour férié
travaillé.
Partout, c'est l'instauration d'un système public minimal à moyens
réduits pour les plus démunis et d'un système privatisé accessible
seulement aux plus riches.
Pauvreté qui s'accentue, pauvreté qu'il faut contenir, réprimer et qu'on
ne peut donc éliminer dans cette société capitaliste puisqu'elle sert
justement à l'enrichissement d'une minorité.
D'où les lois Sarkozy, qui font encourir des peines de prison, d'amendes
aux jeunes regroupés dans les halls d'immeubles, aux prostituées, aux
mendiants., à toutes les populations en situation de précarité. Les
choix budgétaires pour 2004 valident cette analyse : priorité est donnée
au ministère de l'intérieur et de la justice.

Nous, travailleurs de la santé et du social, sommes victimes, comme ceux
que nous soignons, accompagnons, de cette logique : dégradation des
conditions de travail, précarisation, licenciements suite à des baisses
de budget.
Face à cet accroissement de la pauvreté, de la précarité, le secteur
social est appelé de plus en plus à remplir un rôle de charité
institutionnelle, et de contrôle social ; nous refusons cette logique de
flicage et d'assistanat qu'on veut nous imposer, où nous nous voyons
trop souvent « obligés » d'organiser la rotation des populations en
situation difficile de centre d'hébergement, en stage bidon, en contrat
précaire.
Nous pensons qu'il est possible d'exercer autrement nos métiers ; pas
question pour nous de faire rentrer nos publics dans le moule de la
société, de formater de « bons citoyens », il s'agit au contraire de
restaurer l'autonomie, de permettre aux gens de vivre dans cette société
sans pour autant y souscrire, il s'agit de travailler à l'émancipation
de tous.

Face à ces logiques, nous voulons opposer la solidarité entre salariés
du secteur santé-social et usagers : à travers le soutien des usagers
aux travailleurs de ces secteurs en lutte, et de la dénonciation par ces
mêmes travailleurs des atteintes aux droits des usagers.
Nous voulons l'autogestion des structures sociales, des structures de
santé (CCAS, CHRS, Centre de Santé.) ; autogestion de ces structures par
les travailleurs et usagers.


Pour cela, nous avons comme outil le syndicat, pour défendre nos droits
de travailleur et notre vision des services de santé, des services
sociaux, égalitaires, solidaires, accessibles à tous.
Et c'est au sein de la Confédération Nationale du Travail que nous
entendons lutter sur la base d'un syndicalisme de démocratie directe et
révolutionnaire car il s'agit de combattre les causes de la misère mais
aussi de construire les fondations d'une société nouvelle.

 
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