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CNT Santé-social R.P.
Secteur éducation spécialisée du 93 33, rue des Vignoles 75020 Paris Contact 93 : 06 66 53 59 69 http://www.cnt-f.org/sante-social.rp/ Ah ! Ca ira, ça ira, ça ira quand le patronat s'ra au RMA ! Après la réforme des retraites, celle sur la décentralisation des personnels de l'Education Nationale et son cortège de suppressions de postes, le gouvernement s'attaque à la décentralisation des dispositifs sociaux à travers le RMA (Revenu Minimum d'Activité). Ce dispositif sera entièrement piloté par les présidents des Conseils Généraux. Ils valideront ou non les contrats. Ils décideront seuls des radiations. Ils surveilleront les conditions de versement de l'allocation. Cet arbitraire administratif que va développer le transfert de compétences vers les départements, va amener, tant du point de vue de l'offre de prestations sociales que de celui de l'attribution, un risque de clientélisme renforçant les inégalités sociales. Le RMA, c'est quoi ? Un « contrat insertion- revenu minimum d'activité » pouvant être imposé à tous les allocataires du RMI, sous peine de perdre leurs droit à cette prestation. Les allocataires seront tenus de travailler à temps partiel, au minimum, payés à hauteur du montant du RMI majoré de 130 Euros, quelque soit le montant du salaire normalement pratiqué pour le poste occupé. Le RMA constitue d'une part, une baisse des charges salariales pour les employeurs d'autre part, le maintient des salariés dans la précarité, sans perspective d'augmentation de ses revenus. Ces mesures sont iniques ! Comment une personne en grande marginalité va-t-elle pouvoir percevoir cette allocation si elle n'est pas en mesure de reprendre une activité salariée ? Quelles perspectives offrir à un public jeune, déjà en difficulté et, oeuvrer dans le sens du bien-être de l'individu s'il n'a le choix, ni de son orientation, ni de son avenir ? Comment assurer l'accès aux droits lorsque ceux-ci ne sont plus garantis ? Comment les travailleurs sociaux peuvent-ils envisager un travail éducatif constructif si les outils d'insertion mis à leur disposition ne tiennent pas compte des réalités qu'ils rencontrent ? Tous les travailleurs sociaux sont déjà confrontés à des objectifs de travail complexes et peu réalistes au regard des structures et des moyens mis à leur disposition ; le RMA, dans le cadre de la décentralisation va d'autant plus contribuer à aggraver les conditions d'aide et d'accompagnement. Dans une même logique des processus sont en cours visant à rentabiliser le travail social (modification des conventions collectives notamment celle de 1966, primes de résultats et au mérite) A cela s'ajoute un certain nombre de lois anti-sociales comme celles réduisant la durée d'indemnisation de l'ASS et restreignant l'Aide Médicale d'Etat. Le droit à l'accès à un logement décent est une peau de chagrin dans les dispositifs d'insertion : pas de logement « disponible » alors que plus de 400 000 logements sont vacants en Ile de France ; le 115 est constamment saturé ; les centres d'hébergement affichent complet. Le droit à la santé et aux soins est émietté : restriction des conditions d'accès à l'Aide Médicale d'Etat, désormais le ticket modérateur ne sera plus pris en charge, le forfait hospitalier non plus et il faudra démontrer plus de trois mois de résidence sur un département pour ouvrir des droits. Seule solution, les urgences. Et après ça, tout le monde crie au scandale parce des personnes sans-abris meurent de froid. L'Etat n'assume pas sa fonction sociale, les lois Sarkozy-Perben le démontrent pleinement. A défaut de volonté politique d'éradication de la misère par des mesures sociales, il faut la gérer, la cacher, la canaliser et, l'exigence actuelle préconise un traitement sécuritaire qui n'a pour effet que de disqualifier davantage les plus démunis et de transformer les mineurs en danger en jeunesse dangereuse. Après la criminalisation des sans-papiers, des prostituées, des plus pauvres, des jeunes, se prépare un projet de loi, sur la prévention de la délinquance, prévoyant de subordonner les missions de l'ensemble des travailleurs sociaux aux nouveaux objectifs sécuritaires délégués aux maires, qui sont rappelons-le, des officiers de police judiciaire. Un protocole d'accord a déjà été signé à Chambéry entre l'association de prévention spécialisée, la gendarmerie et la police visant à une collaboration de ces services. Nous nous insurgeons contre ces dispositions ; nous ne sommes ni les petits soldats ni la caution de ces politiques anti-sociales ! Nous appelons les tous travailleurs sociaux à s'informer, à réfléchir et à se mobiliser. Pas de paix sociale sans justice et égalité sociale ! Saint-Denis le 4 décembre 2003 ------------------- Abonnement au Combat Syndicaliste organe des syndicats CNT 6 mois : 22euros ; soutien : 30 euros ; étranger : 30 euros - 1 an : 42 euros ; soutien 60 : euros ; étranger 60 euros Chèque à l'ordre du Combat syndicaliste ; CCP 3266766 Y La Source à envoyer à Combat syndicaliste, BP 38 94601 Choisy-le-Roi cedex NOM ADRESSE LOCALITE SECTEUR D'ACTIVITE PROFESSION ADRESSE ELECTRONIQUE Je m'abonne pour une durée de un an/six mois Je me réabonne pour une durée de un an Je souhaite recevoir gratuitement les 3 prochains numéro |
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