CNT-AIT

Confédération Nationale du Travail

Association Internationale des travailleurs

Bureau Confédéral - Commission Retraités et Préretraités (CRP-CNT)

 

 Paris, le 21 janvier 2001


Face à la dictature du patronat

Opposons l'arme des travailleurs :

la grève générale

Garantissons les droits des retraités.

 

Dans le cadre des réunions paritaires patronat-syndicats, le MEDEF par la voix de ses représentants refuse d'augmenter les cotisations patronales pour combler le déficit des caisses dont le patronat est responsable.

Fidèle à sa méthode, déjà éprouvée lors de la discussion sur le PARE, le patronat menace de quitter les instances paritaires si ces dernières n'avalisent pas ses positions. Seillières "Le Dracula de l'avenue Pierre 1er de Serbie" et Kessler "Le Malabar des Assurances Privées" ayant raté leurs vocations de "catcheurs" de fête foraine se montrent régulièrement sur le cirque médiatique en exhibant leurs muscles et cherchent à effrayer les travailleurs par leurs gesticulations. Ce serait grotesque et infantile, s'il ne s'agissait pas de l'avenir des retraites, de la destruction de la protection sociale et de la solidarité entre les générations.

Pour le patronat, la répartition, base actuelle des retraites, est " ringarde " et le temps ne travaille pas pour elle. Il exclut toute augmentation des cotisations pour les employeurs et préconise la retraite par capitalisation. Le capitalisme veut transformer les travailleurs en " zombies " sans attaches, manipulables et corvéables à merci.

La CNT est consciente des défauts de la retraite par répartition, qui maintient jusqu'au bout des injustices insupportables, tant dans les conditions de vie que devant la maladie, la souffrance et la mort, mais pense qu'elle a le mérite, par rapport aux fonds de pension, de tenter de rendre solidaires les travailleurs actifs et les retraités, sans se cacher que dans le cadre du système capitaliste la vraie solidarité est par principe impossible.

Le hic, car il y a un hic, dans la solution miraculeuse des retraites par capitalisation c'est qu'elle est fondée sur une escroquerie intellectuelle, à savoir la croyance qu'il existerait un "frigo économique" dans lequel on pourrait stocker les richesses produites aujourd'hui (son argent à soi par exemple) pour les consommer plus tard en temps voulu. Rappelons-le, ce sont, à tout instant, les travailleurs actifs qui font vivre les inactifs ; autrement dit, ce que l'on consomme comme biens et services à un instant donné doit être produit en cet instant même. La richesse n'a pas sa source dans l'accumulation intergénérationnelle, mais dans le flux permanent du travail vivant.

Le but du patronat est, dans un premier temps, de remplacer les salaires et les cotisations par de la fiscalité distributive - impôt négatif et exemptions de charges salariales - puis de sacrifier les retraites par répartition au bénéfice des fonds de pension. Lorsque le montant des retraites sera devenu dérisoire, les salariés demanderont d'eux-mêmes la retraite par capitalisation.

Le montant des retraites par répartition est directement proportionnel au niveau des salaires et des cotisations patronales. Si le montant des salaires par rapport à la richesse produite diminue, celui des retraites diminue en conséquence. C'est le résultat de la politique menée depuis 30 ans par le patronat, à l'aide des gouvernements successifs, qui nous ont parlé de crise économique, alors que la richesse s'accumulait pour son plus grand profit.

La répartition des richesses atteint un tel niveau d'inégalité que les 250 revenus les plus élevés dans le monde équivalent au revenu cumulé de la moitié de l'humanité, que les 3 personnes les plus riches du monde possèdent une fortune supérieure à la somme des PIB des 48 pays les plus pauvres. En Europe, 18% de la population vit en dessous du seuil de pauvreté. En France, la part des salaires (y compris les retraites) par rapport à la valeur ajoutée (la richesse produite), a régressé de 69% à 59% ces 20 dernières années. En France, toujours, 1% des familles possèdent 35% des richesses mobilières et immobilières.

La logique du patronat, avec sa refondation antisociale, dont le chantier des retraites n'est que le troisième volet, est l'aggravation de l'inégalité sociale : une poignée de nantis, toujours plus riches, et en face, une masse toujours plus nombreuse de pauvres, de plus en plus pauvres.

Ce que propose la CNT :

- Augmentation massive des salaires.

- Augmentation des cotisations patronales.

- Partage égalitaire du travail et des richesses.

- Droit à la retraite à taux plein pour tous dès 55 ans.

- Généralisation des cotisations sociales à tous les revenus.

- Refus du paritarisme.

- Gestion des caisses par les salariés et par les retraités, car il s'agit de l'argent qui appartient aux travailleurs. 

 

 

Opposons notre méthode à celle du patronat et proposons de résoudre les problèmes sociaux sur la base du :

Partage du travail et des richesses dès maintenant,

et du refus du statu quo social.

Privé-public c'est tous ensemble qu'il nous faut lutter.

Manifestons le 25 janvier 2001 contre la dictature du patronat

Départ : 14h 30 - Montparnasse - Bienvenue (direction Iéna) 75015 Paris

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