La semaine du 2 au 8 novembre 2009 doit être une semaine de
résistance contre la mort lente des perpétuités et des longues peines, une
semaine de revendication pour les libérations médicales, les libérations
conditionnelles…
Initiatives en préparation du 02 au 06/11.
APPEL :
LA PEINE DE MORT N’EST PAS ABOLIE. ELLE EST PRONONCEE DANS LES TRIBUNAUX ET
APPLIQUEE DANS LES PRISONS.
En 1789, la république considérait qu’une peine de plus de dix ans
d’emprisonnement était un chatiment plus cruel que la mort.
Il est largement
reconnu que passé un certain temps, la longueur des peines, les Quartiers
d’isolement et les Quartiers disciplinaires ne sont qu’acharnement, vengeance,
destruction de l’individu.
La semaine du 2 au 8 novembre 2009 doit être une semaine de résistance
contre la mort lente des perpétuités et des longues peines, une semaine de
revendication pour les libérations médicales, les libérations
conditionnelles…
-Abolition des longues peines, des peines de sûreté, de la rétention de
sûreté ; abolition de l’intolérable peine de perpétuité.
-Abolition des
mitards et des quartiers d’isolement, fermeture pure et simple de ces lieux de
destruction où les morts suspectes sont de plus en plus
nombreuses.
-Libération de tous les prisonniers malades et
handicapés.
-Application du rapprochement familial et affinitaire.
LA PRISON TUE...
La prison tue les prisonniers condamnés à quinze, vingt, trente
ans de réclusion, les prisonniers condamnés è des peines incompressibles, les
prisonniers condamnés à perpétuité :
« En 1981, les socialistes
n’ont pas aboli la peine de mort mais juste supprimé la guillotine, et ils ont
remplacé la peine de mort par l’enfermement jusqu’à la mort. Jamais les peines
prononcées par les cours d’assises n’ont été aussi lourdes, jamais les
aménagements de peine n’ont été aussi chiches, pour ne pas dire inexistants.
Nouveaux temps, nouvelles techniques : plus propres, plus efficaces, avec moins
d’effusion de sang, mais tout aussi violentes et meurtrières. »
DES
PRISONNIERS DE LA CENTRALE DE LANNEMEZAN
La prison tue les prisonniers enfermés dans les quartiers
d’isolement (QI) et dans les quartiers disciplinaires (QD) :
« L’obligation de se blinder pour encaisser tous les coups durs induits par la
pression de l’isolement sépare les hommes en deux catégories : ceux qui
deviennent plus forts et ceux qui craquent. Résultat, les uns prennent des
cachets et coulent à pic, les autres font peur à l’administration pénitentiaire
parce qu’ils sont perçus comme inoxydables et en quête de vengeance. En résumé,
il y a ceux qui combattent et ceux qui abdiquent. Les premiers ont compris qu’il
n’y avait pas d’autre choix, les autres croient au pire des poisons existant :
l’espoir. »
CHRISTOPHE, DEPUIS LE QI DE LA SANTÉ
« La souffrance morale concerne toute personne
détenue ; cependant, il semble qu’elle soit poussée à son
paroxysme à l’isolement.
Cette souffrance a de multiples causes :
l’exacerbation des contraintes carcérales, la monotonie, le poids des autres,
trop présents ou trop absents, le manque d’intimité, l’absence de vie sociale,
la perte de l’image et de l’estime de soi, la perte d’autonomie. Les isolés se
retrouvent dépossédés de tout ce qui normalement donne un sens à la
vie. »
DOCTEUR DOMINIQUE FAUCHER
La prison tue les prisonniers malades, même quand ils sont
libérés juste avant : « Mourir en prison est le sort le plus
infâme que puisse vivre un être humain. Nous demandons que soit respecté le
droit à mourir dignement, parmi les siens, hors du contexte carcéral. Justice et
administration pénitentiaire sont coupables par ordonnance.
L’Etat et ses
représentants sont coupables de ces négligences assassines. La prison est un
moyen de gestion de la précarité et de la pauvreté. Elle devient également un
lieu de répression des maladies mentales et un mouroir pour des milliers de
détenus atteints de maladies incurables. Libération des détenus atteints de
maladies incurables ! »
DES PRISONNIERS DE LA CENTRALE D’ARLES EN AOÛT 2001
La prison suicide de plus en plus de
prisonniers :
« Le suicide ne peut pas être le fait d’une
désespérance, il est le résultat des pressions subies au quotidien sans
possibilités de s’en défendre. La prison, qui soustrait au regard et au contrôle
démocratique, permet toutes les formes d’arbitraire. Des femmes, des hommes sont
humiliés, interdits, niés dans leur volonté déshumanisée. Cela a pour
conséquence le taux important de suicides en prison. »
UNE PRISONNIÈRE DE LA
MAISON D’ARRÊT DES FEMMES DE FLEURY-MÉROGIS
La prison tue les proches et les familles des
prisonniers :
« Nous sommes condamnées par l’ombre des
barreaux de ceux qui sont des nôtres. La distance qui me sépare de quarante
minutes de parloir, l’appréhension qui me talonne parce que la prison,
justement, c’est la prison (sept ou huit décès en un an, sept ou huit proches de
prisonniers suicidés, dont on entend si peu parler dans les colonnes de la
grande presse…) tout ça, et puis le reste : les obligations courantes, le
boulot, le manque de fric, les dettes en suspens... autant de barreaux
invisibles, intérieurs, qu’on n’appelle pas par leur nom pour éviter de
flancher. »
UNE MÈRE DE PRISONNIER
La prison tue une génération de jeunes :
« Le
système a compris que les mômes avaient compris, que les discours rassurants, ça
ne marchait pas. Donc la réponse, vu l’absence de perspectives, c’est de recréer
les centres fermés, de construire des nouvelles prisons, de régler les problèmes
sociaux par l’enfermement. Le pouvoir sait que ces mômes sont une génération
perdue, il n’a rien à leur proposer, donc il doit gérer le problème -et quand on
sait qu’en plus, l’enfermement rapporte… »
UN PRISONNIER DE LA CENTRALE DE
SAINT-MAUR
LA PRISON TUE !
>> SEMAINE DE MOBILISATION DU 02 AU 08 NOVEMBRE 2009.
La prison, les hommes, femmes et enfants incarcérés ne sont pas des sujets de
société porteurs. De Gaulle l’avait bien résumé en désignant le petit peuple
écroué comme étant ? les poubelles de la France. ?
Aujourd’hui la situation dans les prisons françaises est gravissime,
insoutenable. Sachant que la prison est une machine parfaite pour la gestion de
toutes les misères sociales, les plus pauvres d’entre nous se voient de plus en
plus criminalisés afin de dédouaner l’Etat de sa responsabilité de soutien
envers les classes défavorisées dont les couches populaires les plus précaires
peuplent, de façon infâme, les cellules des maisons d’arrêt, des centres de
détentions, des maisons centrales, des centres de rétention et des E.P.M
véritables prisons d’enfants.
Par cette mobilisation nationale (Paris, Marseille, Toulouse, Saint-Etienne,
Lyon, Valence, Grenoble, Châlons sur Saône etc.), nous tentons d'alerter les
Français sur la réalité carcérale. Nous allons, avec des débats, des ateliers,
des projections, des concerts et une manifestation démonter ou plutôt disséquer
les rouages de la machine pénitentiaire et judiciaire.
L’Arppi, en partenariat avec de nombreux collectifs, associations et
individus sans lesquels cette mobilisation serait impossible, comptons
interpeller le Peuple Français au nom duquel les tribunaux condamnent à des
peines éliminatoires, au delà du jeu politico-médiatique, en surfant sur
l'inconscient collectif pour fabriquer des croquemitaines, des ogres ou des ?
monstres ?, qui vont du pédophile à l’ennemi public 1.
Ces personnes existent indubitablement mais ne représentent qu’une infime
minorité par rapport à l’immense majorité des personnes incarcérées, prévenues
ou condamnées.
Pour que cesse cette machinerie, il nous faut dire clairement aux gens qu’un
jour ou l’autre un de leur membre sera violemment touché par la prison et que le
sacro-saint ? CA N’ARRIVE QU’AUX AUTRES ?, particulièrement obsolète
aujourd'hui, se doit d'être définitivement éradiqué de l’esprit collectif.
Les personnes incarcérées sont pour la plus majorité des personnes détruites
par la vie, l’existence, les échecs successifs (scolaires, familiaux, affectifs,
sociaux) et ces populations détruites se voient compactées et achevées dans le
silence des murs, de la honte, de la solitude et de l’opprobre.
Nous rappelons ici, qu'un homme, une femme, un enfant incarcéré est avant
tout le survivant d’un long laminoir né de l’indifférence de chacun. Un laminoir
au bout duquel, ses proches, famille et amis, sont happés par les tentacules de
la prison au coeur même des familles qui se retrouvent plongées, du simple fait
d’aimer ou d'assister leur conjoint (ami, frère soeur, père mère incarcéré),
dans un contexte de semi-liberté. Le corps en liberté mais l'esprit en prison.
La prison se partage en famille à part égale lorsque l’un de ses membres est
touché.
Nous en appelons à la réflexion et à l’intelligence sur les longues peines :
la mort lente par pourrissement.
Nous en appelons à la réflexion et à l’intelligence sur les peines dites de
rétention : L’éradication contrainte de l’erreur judiciaire, un innocent qui,
peine purgée, avouera un crime qu’il n’a pas commis face à des experts qui
qualifieront le déni de l’acte comme étant un signe majeur de dangerosité et
garderont la personne incarcérée d’une manière ou d’une autre.
Nous en appelons à la réflexion et à l’intelligence sur la castration dite
chimique : la castration physique ou chimique fait que la personne récidivera
avec des objets de substitution – arme blanche ou autre objet phallique -. La
gravité des viols sera suivie de mutilation ou de meurtre.
Nous en appelons à la réflexion et à l’intelligence : Les E.P.M sont des
prisons d’enfants et devraient tomber sous l’accusation de maltraitance à enfant
quel que soit le délit commis. Le suicide des jeunes étant un fléau mille fois
plus grand que la délinquance. Un enfant qui entre en délinquance et en révolte
est un enfant qui refuse le suicide en état de légitime défense sociale. A nous
adultes d’encaisser les coups, quand bien même seraient-il 400, que cette
jeunesse nous porte.
Nous en appelons à la réflexion et à l’intelligence sur les aménagements de
peines. Un homme suivi et libéré avant la fin de peine est préférable à un homme
qui disparaît dans la nature avec sa haine, ses humiliations, sa pauvreté et sa
solitude. Alchimie parfaite de la récidive.
Nous en appelons à la réflexion et à l’intelligence : Sur le fichage
généralisé par l’A.D.N dont le ciblage est bien plus politique que sécuritaire.
Nous en appelons à la réflexion et à l’intelligence : envers vous-même que la
peur pour vous et les vôtres enferment dans entre les murs de l'aliénation, de
l'indifférence et d'un individualisme forcené qui vous poussent, tel qu'en
prison, à la pharmacopée abusive (anti-dépresseur et plus), à la violence (de
plus en plus de coups de folie nés du désespoir) soit au suicide (France Télécom
ou Renault).
Nous en appelons à la réflexion et à l’intelligence POUR UNE EVASION
CITOYENNE ET COLLECTIVE DES MYTHES, PONCIFS ET CLICHES DE « NOS PRISONS », AVANT
QU’ELLES NE VOUS TUE SOIT PAR INCARCERATION SOIT PAR VICTIMISATION.