NORD - PAS DE CALAIS :
LUTTE A LA MAISON DE RETRAITE DE MARQUILLIES
Trois réunions ont eu lieu dernièrement entre l'inspection du travail de Lille et la section CNT de la maison de retraite de Marquillies (seul syndicat présent dans la boîte). Où en est-on du conflit qui oppose le personnel à la direction et à l'association gestionnaire de cet établissement ?
LES REVENDICATIONS DE LA SECTION CNT
1. Dans l'attente d'un plan de formation, revalorisation des salaires afin de s'approcher de ceux des aides-soignantes et correspondre ainsi aux tâches réellement accomplies par le personnel d'entretien.
2. Versement des primes non perçues par les salariés, mais prévues sur les subventions du Conseil Général du Nord.
3. Régularisation des congés payés " pas payés " et des primes de nuits incluses dans le salaire brut mais non payées pendant les congés-maladie ; ceci pouvant se régler aux prud'hommes (article 7 du 10 décembre 1977 du code du travail).
4. Mise en place de formations (150 heures) pour adapter l'encadrement aux activités.
5. Réemploi des CES et des CEC (dont la direction voudraient se débarrasser à cause de leur engagement aux côtés de la CNT).
6. Mise à disposition d'un panneau d'affichage syndical.
LES DERNIERES INFOS EN DATE
La directrice de la maison de retraite refuse toujours le dialogue ; elle a même proposé des primes aux salariées qui renonceraient à l'adhésion CNT (proposition faite oralement, donc discrimination syndicale difficile à prouver face à un tribunal).
Dans le même temps, la direction donne des signes de faiblesse :
régularisation des congés maladie en vue pour une copine, puis coup de fil du comptable de l'association pour annoncer à l'inspection du travail une régularisation générale sur 12 mois dès le mois de décembre pour toutes les salariées concernées (les sommes dues portent en fait sur 5 ans !). Les camarades sont sceptiques, le coup de fil de dernière minute prouvant que la
direction est au courant des rendez-vous à l'inspection du travail et qu'
elle cherche à calmer le jeu. A suivre.
Sur les formations et les droits syndicaux (panneau d'affichage), rien de neuf mais l'inspection du travail adressera un courrier à la direction pour lui rappeler les droits de la CNT en la matière. Une lettre de la direction adressée à une salariée (lui proposant un avenant à son contrat de travail) permet de réintroduire la question de la requalification des contrats de travail en contrats " aides-soignantes " (cette salariée part bientôt en formation " promofaf " d'aide-soignante. alors que son contrat la qualifie à " l'entretien "). D'autre part, un accident du travail récent, survenu
au cours d'actes attachés à la fonction d'aide-soignante, peut aussi être utilisé s'il est convenablement décrit à la " Sécu ".
Les actions se précisent avec une montée en puissance progressive, mais rapide (les salariées sont motivées !) : lettre aux membres du CA pour souligner les manquements au droit, les refus et les silences de la direction et pour annoncer les recours possibles (prud'hommes, grève,
requalification des contrats ou refus des taches d'aide-soignante, etc.), puis action et grève avec la solidarité de toute l'union régionale CNT du Nord - Pas de Calais.
Unions locales CNT de Lille (59) et Béthune (62) le 16 décembre 2000.
Post scriptum :
La direction refusant de nous les communiquer, la CNT s'est procuré les statuts de l'association gestionnaire de la maison de retraite de Marquillies en les demandant directement aux services administratifs de la préfecture du Nord. C'est ainsi que nous avons appris que l'un des buts de
la dite association est de " veiller au respect des intentions des fondateurs en préservant à la maison de retraite son caractère privé d'obédience catholique reconnaissant l'autorité de l'Evêque de Lille ".
Compte-tenu de la façon dont la maison de retraite de Marquillies traite son personnel, on peut émettre des doutes - si besoin était - sur la " doctrine sociale " de l'Eglise.