Ce ne sont pas des franchises, c’est du
racket !
Avec les franchises, les malades paient pour
les malades
D’abord présentées pour combler le déficit de la Sécu, puis
aujourd’hui, pour financer le plan Alzheimer, les franchises se rajouteront à ce
que nous payons déjà pour être convenablement soigné-es. Avec le ticket
modérateur, le forfait hospitalier, le forfait par consultation en passant par
les dépassements, ce qui reste à notre charge est de 240 euros en moyenne par
personne et par an. Et pour 900 000 personnes cela dépasse même 1000 euros !
Pour beaucoup, c’est impossible. Les gens qui n’ont pas les moyens renoncent
déjà à certains soins pour des problèmes de vue ou des problèmes dentaires. De
plus, les franchises pourraient remettre en cause la prise en charge à 100 %
dont bénéficient les personnes atteintes de pathologies graves.
Nous refusons l’instauration de telles franchises, socialement
injustes, économiquement inefficaces et dangereuses pour la santé publique. Pour
celles et ceux qui ont une mutuelle, le ticket modérateur et le forfait
hospitalier peuvent, dans certaines limites, être pris en charge. Mais les
franchises ne le seront pas. La franchise au début c’est 50 euros, mais après...
On voit ce qui se passe : le forfait de 1 € par consultation qui - promis juré -
ne devait pas augmenter et était plafonné à 1 € par jour quel que soit le nombre
d’actes peut en réalité depuis le 1er août aller jusqu’à 4 € par jour. Les
dépassements d’honoraires quant à eux, ces franchises occultes, devaient rester
« raisonnables » ; aujourd’hui elles peuvent atteindre plusieurs milliers
d’euros pour une opération. Peu à peu les dépenses non remboursées explosent
réellement.
Franchisé-e-s jamais ! Solidaires
toujours !
On nous dit que le déficit de la Sécu continue de se creuser parce
qu’on est trop souvent malades, qu’il faut qu’on prenne nos responsabilités et
mette la main au porte-monnaie, c’est à dire qu’on paye plus pour être moins
remboursé-e-s. Mais la Sécu, c’est déjà nous qui la payons ! Et triplement par
nos cotisations qui sont du salaire socialisé, ensuite par nos impôts (CSG),
enfin, et de plus en plus, par les déremboursements et franchises que patronat
et gouvernement nous imposent.
Riche ou pauvre, jeune ou âgé-e... - nous devons toutes et tous
être à égalité pour l’accès aux soins. Un principe simple le permet : chacun-e
cotise selon ses moyens et reçoit selon ses besoins. En effet, nous, les
travailleurs et travailleuses, avons décidé à un moment de notre histoire de
mettre de côté une partie de nos salaires en cas de coup dur (maladie, chômage)
et pour nos vieux jours (retraite). Ces salaires, dits différés ou encore
socialisés, sont composés d’une part salariale et d’une part patronale. Quand le
patronat parle donc de “ charges ”, nous, nous parlons de “ cotisations ” ou
encore “ d’assurances ”. Et d’assurances sociales, parce que les travailleurs et
travailleuses y cotisent proportionnellement à leurs moyens pour pouvoir, un
jour, en bénéficier. Rien à voir avec les assurances privées, dont le client
bénéficie à hauteur de ce qu’il a payé. Le patronat veut nous faire combler un
déficit de la Sécu qu’il a lui-même provoqué en ne s’acquittant plus de la part
patronale de nos cotisations, sous couvert d’embauches qu’il n’a jamais
créées.
La Sécu est à nous, gérons là nous
même
Améliorer vraiment notre système de santé, c’est lutter contre la
détérioration des conditions de travail et de vie qui influent sur la santé
psychique et physique des travailleurs et travailleuses. Améliorer les
conditions de vie de tous et toutes c’est améliorer la santé de tous et toutes.
C’est aussi arrêter de pomper notre fric pour gonfler les profits des labos
pharmaceutiques. Alors que notre pays n’a jamais été aussi riche il ne s’agit de
rien d’autre que de choix de société. Soit, comme le fait Sarkozy, multiplier
les cadeaux fiscaux (13 milliards d’euros) pour la bourgeoisie et les
exonérations de cotisations pour les patrons, soit prendre en main la Sécu pour
qu’elle reste fondée sur la solidarité. Nous voulons une Sécu entièrement gérée
par les travailleuses et travailleurs sans les patrons qui ne rêvent que de cac
40 et de privatisation et organisent sa destruction. La sécu nous appartient.
Battons nous pour l’autogestion des caisses d’assurance maladie !
Cette attaque contre la sécurité sociale fait partie d’une
multitude d’attaques contre nos droits et nos conditions de travail (remise en
cause du droit de grève, allongement du temps de travail, baisse du nombre de
fonctionnaires, contrôle accru des chômeurs et chômeuses, etc.) Plus la contre
offensive sera unitaire (public, privé, avec ou sans-emploi, français-e,
immigré-e), plus elle bloquera l’économie, plus lle bloquera l’économie, plus
elle sera efficace.