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Confédération Nationale du Travail Syndicat C.N.T. Santé Social du Rhône 44, rue Burdeau 69001 Lyon tél.: 0478 27 05 80 - e-mail: cnt.sanso69@free.fr NI POULET, NI POUCAVE * A la demande du Conseil Général de la Savoie, un protocole de concertation a été signé entre l'association départementale savoyarde de sauvegarde de l'enfance et de l'adolescence (ADSSEA) au nom de la prévention spécialisée avec la police et la gendarmerie, exigeant que les travailleurs sociaux collaborent avec les forces de l'ordre en signalant les actes de délinquance dont ils seraient les témoins. Le projet de loi contre la délinquance que va présenter Sarkozy fin janvier va dans le même sens puisqu'il prévoit que les travailleurs sociaux aient pour mission d'indiquer aux autorités « les enfants et les familles qui présenteraient des problèmes d'ordre écuritaire » la volonté d'impliquer les services de prévention dans un processus de délation et de criminalisation des actes d'insubordination et de révolte sociale n'arrive pas par hasard. La violence et l'insécurité sont d'abord sociales. Elles viennent de l'augmentation de la précarité, des licenciements massifs, du chômage, de la flexibilité, du harcèlement des salariés par le patronat et de l'absence d'avenir pour une majorité de jeunes. L'insécurité est permanente pour celles et ceux qui ne savent pas comment finir le mois, payer leur loyer, payer les études des enfants, pour celles et ceux qui ne savent pas où loger et de quoi demain sera fait. Avec un cynisme impitoyable, les représentants d'une minorité de privilégiés s'attaquent au minimum vital de millions de travailleurs et de chômeurs. Les pauvres financent les baisses d'impôts des riches afin de favoriser la course aux profits capitalistes: Au l° janvier 2004, 250000 chômeurs se retrouvent brutalement en fin de droits par l'effet de l'application du plan de redressement de l'Unedic, tandis que la durée d'indemnisation des chômeurs est réduite considérablement. L:instauration du RMA fournit une main d' oeuvre quasi gratuite au patronat (3 ?/H ) et place sous sa tutelle ce nouveau servage sans droit du travail ( pas de droit de grève, ni cotisation retraite ). Le démantèlement du Code du Travail, la liquidation du système des retraites et le projet de destruction de la Sécurité Sociale en préparation, la réduction généralisée des emplois dans la fonction publique, les licenciements qui se multiplient depuis des années, la privatisation des services publics, voilà les causes de l'insécurité et de la violence sociale. Justice de classe , justice à deux vitesse. Le discours sécuritaire et la répression policière distinguent deux formes de délinquance. La .première, la délinquance de rue, vise les classes populaires. Ce sont les infractions et les incivilités qui se posent en rupture avec la paix civile, rupture souvent plus matérielle que politique, qui menace surtout la propriété privée avant les personnes. Il ne s'agit pas pour nous de minimiser les agressions sexistes ou racistes, les rackets et les intimidations qui ne font que reproduire dans les quartiers défavorisés les rapports de violence sociale inscrits dans la brutalité du béton. Quand on réalise avec quelle indifférence humaine les décideurs ont conçu les cités de banlieue, il y a 30 ou 40 ans, pour avouer aujourd'hui qu'elles sont ingérables, comment s'étonner d'y retrouver la brutalité de l'idéologie dominante: partage violent du territoire, trafics, pratique d'un mini-capitalisme sauvage, intimidation des plus faibles, mépris pur les 'charclos' et les prolos, mépris encore plus grand pour les femmes, les homosexuels, les vieux, les handicapés, identifications totales aux marchandises à travers les marques et le culte de l'argent facile. La deuxième, « la délinquance en cols blancs », ce sont les pratiques de maximisation des logiques de profit, qu'elles soient spéculative ou d'exploitation, de la part des groupes socialement dominants. Il en va ainsi des infractions permanentes à la législation du travail, aux normes de protection de l'environnement. La délinquance polifico-financière mafieuse gangrène tout jusqu'au plus hautes sphères de l'Etat. - poucave: personne trop bavarde en langage populaire Ces deux formes de délinquances ne ont pas jugées de la même manière. Ce constat de justice à deux vitesse, même le juge Eric Halphen l'a dressé: "Il faut ouvrir les yeux. Des gens qui détournent des sommes considérables échappent à tout jugement ou parfois, quand ils sont jugés, écopent de peines insignifiantes . Pendant ce temps le voleur de sacs à main du métro, pour lui rien n'a changé, il prend toujours ses 6 mois fermes. La justice fonctionne à deux vitesses. " Juger, différemment les délinquances, c'est de désigner des populations cibles, reprenant le discours de l'extrême droite : les immigrés, les réfugiés sans papiers, les gens du voyage, les mendiants, les bouc-émissaires de tous les maux). La classe prolétaire redevient « classe dangereuse » qu'il convient de discipliner, voire d'emprisonner. Cette stratégie cherche à instaurer un climat de peur afin de diviser les classes populaires en opposant . La criminalisation des résistances immédiates aux attaques du patronat et du gouvernement vise à étrangler leur convergence dans un nouveau mouvements social. SOLIDARITE INTERPROFESSIONNELLE et ANTICAPITALISTE La CNT estime qu'il faut aller plus loin que la simple défense d'une profession mise en danger dans son éthique professionnelle. Si les travailleurs sociaux sont directement menacés dans l'exercice de leur travail, ne nous laissons pas enfermer dans une défense catégorielle et corporatiste de la profession face à un enjeu politique qui est aussi un choix de société . De nombreux salariés, notamment des syndicalistes sont aussi concernés par la répression patronale et policière. Toutes les catégories sociales défavorisées sont la cible de la politique sécuritaire d'insécurité sociale, c'est à dire de répression ( contrôle renforcé dans les transports en commun par exemple) Ne nous laissons pas piéger dans une problématique sécuritaire qui constitue le terrain privilégie du pouvoir capitaliste pour isoler et opposer les individus dans un climat de peur sciemment entretenu. Les objectifs immédiats de ce mouvement sont L'ABROGATION DE CE PROTOCOLE ET LE RETRAIT DU PROJET DE LOI SARKOZY SUR LA DELINQUANCE La mise en place de convergences de réflexions de luttes interprofessionnelles est une nécessité vitale contre la division et l'étouffement des voix discordantes. Face à l'individualisme partout vanté et monté en épingle par le capital contre la solidarité, les anarchosyndicalistes et syndicalistes révolutionnaires de la CNT affirment au contraire qu'elle est la seul alternative à ce système mortifère. Isolé-e-s, et non organisé-e-s, c'est pur fantasme de penser pouvoir d'espérer tirer seul son épingle du jeu. La CNT n'abdique pas et ne se résigne pas à abandonner tout projet humain collectif. Le seul espoir de résistance et d'émancipation sociale réside dans notre capacité à la solidarité et à la lutte collective. Notre combat ne vise pas le pouvoir politique de l'état « démission du citoyen au profit du politicien » mais la transformation immédiate et commune de nos existences, ou chaque individu est reconnu et retrouve sa responsabilité. Dans nos lieux de travail et de vie, nous pouvons nous auto-organiser, dans l'action directe sans intermédiaires ni délégation de pouvoir pour construire un autre possible ! A la violence du capitalisme opposons LA LUTTE COLLECTIVE Au flicage et à la délation, opposons LA DESOBEISSANCE CIVILE A l'individualisme et à 1a concurrence opposons LA SOLTIDARITE ET L'ENTRAIDE TOUS EN GREVE LE VENDREDI 16 JANVIER 2004 à CHAMBERY
MEETING D'INFORMATION à 1 1 H, salle Jean Renoir(300m gare SNCF)
MANIFESTATION à 14 H place du palais de justice |
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