
|
format PDF
Cet été
la « canicule » a tué
environ 18 000
personnes
à domicile ou dans le secteur sanitaire et
social, soit l’équivalent de 3 ou 4 «11
septembre ».
Cette catastrophe sanitaire et sociale, bien vite
oubliée est l’œuvre du Libéralisme
Intégriste. Elle est la conséquence d’une
désagrégation sociale par la perte du lien au sein de
notre société avancée et du délabrement
du système de protection sanitaire et sociale généralisé
( le seul accessible pour le plus grand nombre et les plus démunis).
Certes on peut se féliciter du
nombre limité de décès au CASH, dû à
l’investissement et au dévouement du personnel. Mais il
convient aussi de reconnaître que nous avons eu beaucoup de
chance, compte tenu des conditions de travail détériorées
que connaît, comme beaucoup d’autres, notre établissement.
Alors
fallait-il instaurer une prime à la non catastrophe
sanitaire ?
Cette démarche est révélatrice
d’une nouvelle culture qui s’impose dans le secteur sanitaire et
social, la prime de résultats ou plutôt d’objectifs,
puisqu’il s’agit d’objectifs de gestion pour lesquels le
devenir de l’usager (le résultat) reste une donnée
minimale (marginale).
Il convient donc de
faire quelques constats de rap-peler quelques évidences :
-
Nous travaillons sur de
l’Humain ! et l’on nedoit pas et l’on ne peut pas gérer
un établissement, un pôle d’activité (c’est
nouveau), un service, comme un chef de rayon.
En tant que
professionnels, nous refusons de ne devoir gérer que des lits
et de nous voir imposer une Date Limite de Soins ou de Suivi.
Cette dégradation
continue des conditions de travail est intenable, à long
terme elle est même génératrice de danger.
-
Les changements annoncés
(accréditation ,nouvelle direction, projets de
services..) doivent s’appuyer sur la qualité de notre
travail et de notre relation à l’usager dans une cohérence
d’accom-pagnement individualisé et non pas sur les seules
notions de file active. Notre engagement n’est pas seulement de
faire du chiffre, de l’acte ou du contrat d’insertion.
Nous
demandons par secteur, par service la mise en chantier d’une
authentique réflexion sur l’éthique professionnelle
à laquelle doit être associé l’ensemble du
personnel tous statuts et hiérarchies confondus.
-
Des missions de « management »
essentielles sont aujourd’hui mises de coté :
animer et dynamiser les équipes, assurer le conseil
technique individuel ou collectif des agents, valoriser les
compétences humaines et professionnelles (promotion et
formation), rechercher, organiser et diffuser l’information et
la documentation, accompagner la prise de poste (adaptation à
l’emploi), assurer l’encadrement des jeunes
professionnels (tutorat)..
Evaluez votre cadre : peut-être n’a t’il pas
les compétences (manque de formation) ou les moyens
nécessaires pour mettre en œuvre ces aspects essentiels de
nos métiers ?
-
Chacun peut mesurer depuis déjà
plusieursannées l’irruption massive de
personnels sous contrats précaires ; CDD à
répétition, CES, CEC, emplois jeunes, sans parler des
hébergés en affectations
Comptez vous, combien y a t’il de titulaires
FPH dans votre service ?
-
Ce recours systématique à
des emplois sous payés et/ou aidés
constitue un abus et une dérive. Ces collègues
occupent des postes permanents, ils ne sont pas recrutés pour
remplacer momentanément un poste vacant, (formation,
maternité, disponibilité, maladie) ou pour une
surcharge de travail comme le définit la législation
du travail. Les contrats aidés dits d’insertion
professionnelle sont souvent sans formation et sans lendemain ou en
cascade, de CES en CEC puis CDD...
C’est cette politique du personnel sans
considération et non attractive, qui fait de notre
établissement un repoussoir, accélère les
départs et accentue les sous-effectifs.
Nous
réclamons une vrai politique de l’emploi, du recrutement et
de la formation, indispensable dans le cadre des missions qui nous
sont confiées.
-
C’est dans ce contexte
d’économie et de pénurie organisée que
l’on justifie pour mieux l’imposer le concept « moderne »
de mutualisation du personnel, certains agents ne sont plus
affectés à un service mais par pôles
d’activités
( plusieurs services ou activités
regroupés). Ils sont interchan-geables ce sont les nouveaux
OS volants sur nos chaînes de soins. Nous sommes opposés
à cette orientation qui supprime la relation indispensable à
l’usager, déresponsabilise le personnel qui n’est plus
qu’un simple exécutant, contribue à l’insécurité
(les personnes passent dans les services sans se connaître
sans expérience commune).
Aux thuriféraires de la gestion des coûts,
nous répondons :
Certes, la santé et le social ont un coût,
non négligeable aujour-d’hui, mais il est sans commune
mesure avec le coût humain et social, à long terme
qu’une société d’exclusion léguera aux
générations futures.
CNT
Confédération nationale du
travail www.cnt-f.org
Syndicat SANTE-SOCIAL région parisienne –
Section syndicale du CASH de Nanterre
Ensemble
on est plus fort ! Syndiquez-vous !
Pour
nous contacter : en interne poste 6802 ou 06.68.01.09.77 sante-social.rp@cnt-f.org
Pour
recevoir gratuitement les 3 derniers numéros de notre journal,
retournez ce bon à :
Combat
Syndicaliste BP 38 Nom :
94601
Choisy le Roi Cedex Prénom :
Adresse :
|