COLLECTIF DES AGENTS ANPE du 93 en lutte !
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Depuis plusieurs mois, les agents ANPE du 93, organisés en collectif, se mobilisent pour la qualité et la pérennité du Service Publique de l'Emploi rendu aux usagers, en Seine-Saint-Denis.

En effet, nous dénonçons les conditions de travail et d'accueil désastreuses qui sont imposées, tant aux agents qu'aux usagers. En clair, pour les demandeurs d'emploi plusieurs heures d'attente, voire des impossibilités de réception et pour les agents des cadences d'accueil inhumaines dues à un sous-effectif chronique. Notre département compte hélas beaucoup de chômeurs... Et chez nous, environs 60 postes budgétés ne sont pas pourvus! Au MEDEF ils appellent ça un secteur en tension! Force est de constater aussi, que les moyens matériels (locaux, photocopieurs, ordinateurs...)ne sont pas toujours au rendez-vous non plus, pour un service public digne de ce nom.

Ces dysfonctionnements sont évidemment liés à la politique de désengagement de l'Etat dans tout le service publique et les dispositifs de solidarité. Faut-il rappeler que c'est par le travail et les cotisations mutualisées de tous les travailleurs qu'ils ont été constitués et continuent de fonctionner?

Au-delà des enjeux corporatistes de notre lutte, nous sommes conscients que celle-ci s'inscrit dans un vaste mouvement de résistance aux politiques de régressions sociales qui s'imposent partout en Europe sous l'égide du patronat et des gouvernements de toutes tendances. En ligne de mire de ce programme libéral : la baisse du coût du travail par des pressions sur les salaires et l'augmentation de la productivité. Les accords de Bosch à Vénissieux et de Siemens en Allemagne (respectivement baisse des coût de 12% par un retour à 36h00 et de 30% par un retour aux 40h00 non compensées) illustrent cette politique dont l'arme principale est le chantage au chômage sur fond de menace de délocalisation. Les recrutements en contrat d'alternance, introduits par notre nouveau statut, ne relèvent-ils pas aussi de cette logique de baisse du coût du travail ?

Au même moment, le gouvernement annonce la remise en cause prochaine des 35H que les salariés ont doublement financée par un gel des salaires et de gains sensibles de productivité pendant que les entreprises empochaient 14 milliards d'Euros de compensation. Gageons qu'en interne, l'ANPE se fera, une fois encore, le fer de lance de cette régression sociale pour ses agents.

La mise en oeuvre du RMA renforcera cette offensive d'asservissement et de paupérisation en fournissant de la main d'oeuvre corvéable à merci et sans perspective d'insertion. Cinq RMAstes (soit 2,2 équivalents temps plein)pour le prix d'un smicard...il faudrait être fou pour dépenser plus !

Comment, dans un contexte de démantèlement de tous nos systèmes de solidarité (Retraites, Sécu, Assurance chômage...), le Service Publique de l'Emploi ne pourrait-il être impacté ? Sa pérennité ne tiendra bientôt plus qu'à son allégeance sans réserve aux intérêts du patronat. L'intrusion croissante de l'ASSEDIC dans nos missions, les orientations coercitives du rapport Marimbert, l'ouverture à la concurrence docile,...sont les leviers politiques pour obtenir notre soumission et par là même, celle des chômeurs.

En ce qui concerne les politiques de l'emploi, les chômeurs recalculés et les intermittents auront pu en apprécier les effets. Les restrictions de l'accès à la formation (introduites avec le PARE), le démantèlement en cours de l'AFPA, la baisse de l'enveloppe financière pour les stages DDTE(environ 50% de places en moins pour 2004, en Seine St-Denis), en sont d'autres témoignages concrets. Ainsi c'est l'accès au droit et l'égalité de traitement pour tous qui sont directement menacés.

Dans un département défavorisé par une situation désastreuse de l'emploi (un des plus fort taux de chômage) et par la précarité sociale de beaucoup de ses habitants, il faut qu'ensemble nous refusions que l'ANPE devienne un instrument de la flexibilité et de l'exclusion. Jamais les intérêts des agents et des usagers n'ont été aussi complémentaires. Il est du devoir de chacun de défendre le droit du travail, les conditions d'embauche, l'accompagnement de ceux qui en ont le plus besoin, l'accès à la formation et aux droits fondamentaux en général.

Agents, usagers, imposons ensemble
un Service Publique  de l'Emploi d'utilité sociale accessible à tous !
Bobigny le 05/07/2004

Avec le soutien des organisations syndicales : CNT, FO, SNAP-CFTC, SNU, SUD et les comités de chômeurs : AC !, APEIS







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