Depuis septembre dernier « La Crise » est le mot d’ordre. Les licenciements,
les fermetures d’entreprises, les restrictions budgétaires, tout trouve sa
justification dans « La Crise ». L’offensive du gouvernement et du patronat n’a
pas commencé là.
Combien de nos acquis sociaux sont partis en fumée depuis que Sarkozy est
arrivé au pouvoir ? Combien de nos libertés ont été remises en causes ? Combien
de services publics ont été grièvement blessés ? Combien de reculs ont été
négociés par les centrales syndicales majoritaires ? Et combien encore de
sacrifices nous attendent encore avec « La crise » actuelle ?
Face à une classe dirigeante politique et économique qui n’a d’autre vision
que de sauver la face d’un système capitaliste en perdition, les organisations
syndicales doivent aujourd’hui lancer une riposte à la hauteur de l’enjeu. Nous
devons arrêter de céder du terrain aux organisations patronales et au
gouvernement.
Arrêtons de subir la flexibilité et la précarité imposées par la rigidité
patronale. Arrêtons de pleurer sur le sort des entreprises quand les profits et
les rémunérations de leurs cadres dirigeants et actionnaires ne cessent
d’augmenter et que ceux des travailleurs sont qualifiées de « coût » et rognés
systématiquement.
Fini les grèves d’un jour chacun dans son coin, fini les pétitions, fini les
rassemblements symboliques, fini les négociations-compromis au sommet. Tout cela
ne mène qu’à accepter de perdre chaque fois un peu plus de postes d’enseignants,
d’années de retraite, d’allocations chômage, de stabilité de l’emploi, de notre
santé, de liberté d’expression, de temps libre… de nos vies tout simplement.
Aujourd’hui ce sont les MEDEF, CGPME, UMP et compagnie qui sont surs d’eux et
de leur pouvoir, ce sont eux qui sont conscients de leurs intérêts de classe, ce
sont eux qui dictent nos vies.
Et pourtant, c’est nous, travailleurs, qui produisons, c’est nous qui créons
les richesses que s’accaparent nos dirigeants. Une entreprise sans patron peut
fonctionner, un patron sans travailleurs ne peut pas faire grand-chose.
Gouvernement et patronat ne lâcheront rien sans un mouvement fort,
interprofessionnel et prolongé. C’est ainsi que les grandes conquêtes sociales
(congés payés, Smic, retraites,...) ont été obtenues. Aujourd’hui nous
n’obtiendrons rien en un jour, ni l’arrêt des licenciements, ni d’augmentation
de salaire, ni l’arrêt des suppressions de postes dans la fonction publique, ni
la sauvegarde et la reconquête de nos libertés.
Aussi la CNT appelle tous les travailleurs, du privé, du public, ceux qui
sont chômeurs ou retraités, à participer à la grève interprofessionnelle qui
commencera le 29 janvier et à construire le rapport de force qui seul nous
permettra d’imposer à nos dirigeants économiques et politiques une réelle
redistribution des richesses.