Confédération Nationale du Travail

Fédération des Travailleurs de la Santé et du Social

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Antifascisme

 

[La Confédération nationale du travail a exprimé son antifascisme historique dans les manifestations de ces derniers jours. Mais nous ne rejoindrons certainement pas l'union sacrée qui se dessine, autour d'un parti, et avec des partis qui sont largement responsables de la montée du fascisme. L'antifascisme de la CNT est indissociable de son anticapitalisme, tant il est évident que c'est dans le lit de l'exploitation que prospère le fascisme.]

La Confédération nationale du travail a réagi spontanément, par la participation à diverses manifestations à Paris et en province, à la présence symbolique, au second tour des élections présidentielles, du Front national. Spontanément, car la lutte contre le fascisme représente, pour les syndicalistes révolutionnaires et les anarchosyndicalistes, une constante historique. De la FAUD (Freie arbeiter/innen Union Deutschland) allemande, durant la montée du nazisme, à la SAC suédoise, dont un militant a été assassiné par les néonazis il y a quelques années, en passant, bien sûr, par la CNT espagnole, dont la révolution sociale dans l'Espagne de 1936 s'est faite simultanément à la lutte contre le franquisme.

Mais il n'est pas question, pour notre confédération, de se joindre aux "forces républicaines", qui aujourd'hui récoltent ce qu'elles ont semé depuis des années. Il n'y a pas eu de "coup de tonnerre" dans notre ciel le 21 avril. La situation électorale actuelle est le fruit d'une évolution que nous n'avons pas découverte à cette occasion. La montée du Front national a d'abord servi des intérêts uniquement électoraux, lorsque le PS l'a utilisée pour diviser la droite. La montée du Front national a ensuite été la conséquence de ce qu'on a appelé la "lépénisation" des esprits, lorsque les politiciens et les médias quasi unanimes ont permis aux propos démagogiques du FN d'atteindre une légitimité populaire. La montée du Front national a enfin été la conséquence de la corruption et des mensonges des élus, des promesses non tenues, d'une gauche convertie au libéralisme, abandonnant les couches sociales pauvres.

Le combat que mène la CNT ne se fera certainement pas en appelant à voter pour qui que ce soit. Chaque adhérent fera à ce propos ce qu'il juge bon. Le combat antifasciste de la CNT est indissociable de son combat anticapitaliste. Elle le mène internationalement, avec des organisations syndicalistes du monde entier. Elle le mène dans les entreprises, dans les quartiers, pour la construction d'un autre futur sans exploités ni exploiteurs, sans dominants richissimes condamnant à la misère la plus grande part de l'humanité. C'est sur ce terreau, le chômage, la précarité, la misère, l'exclusion, l'exploitation polymorphe, que croît le fascisme. Mais c'est aussi sur ce terreau que grandit la conscience de classe et que pourra se construire une nouvelle organisation sociale. C'est pourquoi notre action syndicale a pour objectif l'auto-organisation contre la soumission à toute démagogie.

Paris le 2 mai 2002

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