Tract de la Section Animateurs de la Ville de Paris février 1998

 

Le contexte social actuel voit le développement à grande échelle de la précarité, accompagnant un chômage qui croît exponentiellement (et ceci malgré tous les trafics qu’en subissent les chiffres, car il est plus facile de manipuler ceux-ci que de prendre des mesures efficaces). Ceci n’est pas nouveau. Ce qui l’est d’avantage, c’est la réaction des chômeurs et des travailleurs précaires à leur exclusion du système.

Actuellement la ville de Paris embauche entre 8000 et 9000 vacataires, pour les cantines, la garderie du soir et les animations du mercredi et des petites vacances. Un vacataire ne peut effectuer deux types de services, c’est à dire cantines ou garderie et mercredi ou petites vacances en même temps. De même, certains ne peuvent travailler toutes les petites vacances. Ceci afin d’empêcher que des vacataires puissent avoir un nombre d’heures de travail qui pourraient leur faire prétendre à un contrat de travail.

En effet, le cumul était auparavant possible, et un mouvement des animateurs leur a permis d’obtenir un statut bâtard, le " ¾ temps ". Les 500 animateurs qui l’ont obtenu ne sont pas remplacés lorsqu’ils partent, ce " statut " est donc amené à disparaître, les animateurs ne pouvant plus cumuler des heures.

Ligne actuelle de la mairie de Paris :

Cette logique de vacation fait que nous pouvons être mis à la porte du jour au lendemain, dès lors comment s’investir dans notre travail de façon suivie ? Et les enfants ne peuvent que pâtir d’une situation entraînant, entre autre, absentéisme et formation insuffisante.

Création de la Filière Animation

Depuis le premier juin 1997, la filière animation a enfin été créée dans la fonction publique. En effet jusqu’à présent les animateurs ne relevaient pas d’une filière au sein de la fonction publique : évolution de carrière incohérente, salaire ne correspondant pas à la tâche effectuée... et pour les vacataires un " statut " qui n’en est pas un, sans aucune sécurité, pouvant être renouvelé indéfiniment.

La Filière Animation prévoit pour l’instant l’ouverture aux animateurs de deux catégories, la C et la B :

CATEGORIE C :

  1. Agents territoriaux d’animation
  2. Définition : mise en oeuvre des activités d’animation, sous la responsabilité d’un adjoint d’animation.

    Recrutement : sans concours : attestation de services accomplis pendant au moins six mois, éventuellement de manière discontinue, dans le privé ou le public.

    Rémunération : agent d’animation échelle 2 début : 6526,00 F brut

    fin : 8788,00 F brut

  3. Adjoints territoriaux d’animation

Définition : activités nécessitant une compétence reconnue

Recrutement :

Rémunération : adjoint d’animation échelle 4 début : 6796,00 F brut (indice 243)

fin : 9625,00 F brut (indice 346)

échelle 5 début : 6985,00 F brut (indice 250)

fin : 10068,00 F brut (indice 362)

CATEGORIE B :

Animateur territorial

Déf. : coordination, mise en oeuvre des activités d’anim., encadrement des agents et adjoints d’anim.

Recrutement :

Rémunération : animateur début : 7849,00 F brut

fin : 12793,00 F brut

animateur principal début : 9651,00 F brut

fin : 13517,00 F brut

La catégorie A n’est pour l’instant pas ouverte, elle est cependant en négociations.

Cette filière est théoriquement applicable dans toutes les villes (en fait les modalités d’application varient fortement selon la combativité des animateurs) excepté celles de Paris, Lyon et Marseille. Pour la Mairie de Paris l’animation doit rester dans une logique de vacation, alors que la création de la filière donnerait enfin un statut réel et cohérent aux animateurs.

Avantages de la mise en place de cette filière animation :

etc.......

OUI A UN STATUT POUR LES ANIMATEURS, POUR LE RESPECT DE NOTRE

TRAVAIL
POUR UN SERVICE PUBLIC DE QUALITE AU SERVICE DE TOUS LES USAGERS

 

PERSPECTIVES ET REVENDICATIONS

Il s’agit d’ouvrir des postes de titulaires pour ceux souhaitant faire carrière dans l’animation, et donc de définir un volume de postes en fonction de la demande des actuels vacataires et ¾ temps.

Mais aussi, il faut conserver la possibilité de travailler comme animateur pour ceux qui ne veulent pas en faire leur carrière (les étudiants par exemple), ou ceux qui ne le peuvent pas (les étrangers hors CEE ne pouvant pas être fonctionnaire). La création de contrats type CDI permettant un travail à mi-temps ou à plein temps doit donc être envisagée, parallèlement à la titularisation de ceux le souhaitant.

Par ailleurs, il est actuellement demandé à la plupart des animateurs de posséder le BAFA . En effet, si dans un centre aucun animateur ne possède de qualification, le centre ne recevra pas l’agrément jeunesse et sport. Le BAFA étant une formation payante, cela revient à payer un droit au travail. C’est inacceptable, cependant une formation est nécessaire. La Ville doit prendre en charge cette formation.

NOUS REVENDIQUONS DONC

 

 

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