CONFEDERATION NATIONALE du TRAVAIL

Fédération des Travailleurs de la Santé et du Social

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La bourse ou la vie?

Choisissons la Vie !

Effet d'annonce, le gouvernement prévoit la création de 40000 emplois dans la santé publique pour les 35 heures. Nettement insuffisant.

N'ayant rien fait depuis 1997, alors qu'il faut plusieurs années pour former le personnel, le gouvernement feint une solution qui n'en est pas une sous la pression des mouvements sociaux, de la médiatisation des problèmes des hôpitaux et de l'échéance électorale. Mais le compte n'y est pas.

D'abord sur la création d'emplois. Les 35 heures, c'est 10,3% de temps de travail en moins, et donc 10,3% d'emplois en plus. Il y a 780000 agents hospitaliers. Il faut donc 80000 postes en plus. Et il n'y a pas de garantie que ce seront des emplois titularisés et à qualifications équivalentes.

Ensuite sur le temps de travail. Actuellement, c'est 1680 heures par an pour 39 heures, ce qui fait (1680x35)/39 = 1507 heures. Or le gouvernement propose 1600 heures, soit 37,2 heures hebdomadaires sur la base actuelle.

Par la suppression de l'ordonnance de 1982 sur les statuts et certains acquis sociaux, le gouvernement augmente le temps de travail, annualise le travail et accroît la flexibilité au détriment de la vie professionnelle et privée.

D'autres mesures sont à l'image de la mauvaise foi. Un arrêt de travail d'une journée équivaudra à 7 heures d'absence, on devra des heures d'être arrêté si la durée quotidienne de travail est supérieure. Pas de définition du travail effectif, on ne comptera plus le repas, la pause, l'habillage, la formation, et le travail discontinu pourra nous être imposé.

On continuera à faire 39 heures comptées 35, à gérer la pénurie, à courir après la rentabilisation et la productivité aux dépens du soin et de la relation au patient.

Or les effectifs sont déjà insuffisants et on prévoit dans les 4-5 ans à venir des départs massifs à la retraite. La proposition du gouvernement ne répond pas à la situation.

Il n'y a pas à céder. Les 35 heures, c'est :

À moyen terme, un plan de formation et de recrutement, avec revalorisation de la profession, pour combler les manques d'effectifs, remplacer les départs à la retraite, et passer aux 30 heures hebdomadaires pour tous.

L'approche clinique a changé avec le PMSI. Son but n'est pas " le thérapeutique " mais de servir la rentabilisation. La gestion financière envahit tout au détriment des patients et du personnel soignant. La nouvelle classification des pathologies se réduit à un catalogue de symptômes sans prendre en compte la totalité de la personne. Des entités cliniques disparaissent, comme la névrose, et par là même leurs prise en charge, qui ne sera plus budgétisée. C'est la caution médicalisée du moindre coût, où l'homme devient une machine que l'on répare.

Depuis les grèves de 1988 et 1991, le signal d'alarme est tiré sur l'insuffisance de moyens et d'effectifs. Les gouvernements de droite et de gauche ont pourtant continué à réduire le budget du secteur public pour diminuer les charges des entreprises privées et maintenir leurs profits. Avec les ordonnances Juppé poursuivies par la gauche plurielle, la rentabilisation s'accentue avant privatisation du service public. L'argent veut tout posséder et décider de tout.

L'imposture idéologique du capitalisme nous fait croire qu'il n'y a pas d'autre solution. Vieux mensonge ! En économie réelle, nous produisons de plus en plus de richesse. Mais elle sont accaparées par le profit

Il existe une autre voie, c'est de supprimer le capitalisme. Il s'agit de définir les besoins en fonction de l'être humain et non du profit escompté par le capital, et de se partager le travail et les richesses.

La CNT appelle à lutter contre la logique de l'argent.

Tous en grève et à la manifestation le jeudi 20 septembre 2001.

RTT Fonction P. Hospitalière 10/09/2001

 

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