
Nanterre - Elles détournaient l'argent du RMI à l'hôpital
(Le Parisien.com - Hauts de Seine 30.05.01)
Un fort relent de détournements de fonds tourne autour de l'hôpital Max-Fourestier de Nanterre. Selon nos informations, deux fonctionnaires viennent d'être suspendues par la direction de l'établissement, qui a déposé une plainte pour escroquerie auprès du parquet de Nanterre. Les malversations s'exerçaient au détriment des plus démunis, puisque ce sont deux agents - dont un cadre - du " service du RMI extérieur " qui ont été mises à pied à titre conservatoire.
Elles auraient abusé de leur fonction pour soutirer des fonds à des bénéficiaires de l'aide sociale. L'hôpital de Nanterre qui accueille de nombreux SDF dans le centre spécialisé, se charge également, dans certains cas, de l'attribution du RMI. Ce sont de lourdes anomalies dans cette procédure qui ont motivé, début avril l'ouverture d'une enquête préliminaire.
Echanges de "bons procédés"
Pendant plusieurs mois, les deux fonctionnaires se seraient livrées à de douteux échanges de "bons procédés". Ainsi, en échange d'espèces sonnantes et trébuchantes, elles aurainet falsifié un dossier pour qu'un allocataire qui devait quitter le territoire français continue à bénéficier du RMI. "Bien d'autres cas, appuyés par des témoignages précis , ont été portés à la connaissance de la direction" souligne une syndicaliste qui souhaite garder l'anonymat. toutefois, l'ampleur des fonds détournés n'a pu encore être précisé.
Au départ de l'affaire, on trouve deux éducatrices de rue, employées par l'hôpital en contrat "précaire". En mauvais termes avec leur supérieure, inquiétes de ne pas obtenir un renouvellement de leur contrat elles ont cherché un appui syndical. Et c'est en travaillant sur ce dossier que plusieurs éléments troublants sont apparus, et ont conduit trois syndicats - la CFTC, la CGT et la CNT - à monter au créneau.
Sur ce sujet, la direction de l'hôpital se montre cependant d'une remarquable discrétion. Elle ne souhaite " ni confirmer ni infirmer " nos informations.
Guillaume Doyen