
CONFEDERATION NATIONALE du TRAVAIL
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NOUS SOMMES TOUS CARLO GIULIANI
Manifestation
Jeudi 26 Juillet à 18h30 (Montparnasse)
Carlo Giuliani, jeune homme de 23 ans, a été exécuté d'au moins deux balles dans la tête à bout portant par les forces de police dans les rues de Gênes le vendredi 22 juillet. Le bilan officiel fait état d'un mort et de six cent blessés. Mais les témoignages de nos camarades nous autorisent à penser que le nombre des victimes est plus élevé et qu'il faut y ajouter tous les manifestants blessés qui n'ont pas voulu se déclarer de peur d'être raflés par la police dans les hôpitaux.
Ils s'arrogent le droit de décider pour nous tous
Une fois encore le G8, c'est à dire les 7 pays les plus riches et la Russie, s'est tenu dans un cadre fastueux et princier pour décider de l'avenir de la planète. Au menu des pseudo- négociations : comment continuer à asservir la planète en dégageant toujours un maximum de profit ? Face à la dictature des marchés et à la violence économique qui en résulte une mobilisation internationale tente de faire capoter ces sommets par l'action directe et la mobilisation de masse et ce depuis deux ans. Depuis lors, les dirigeants de la planète sont obligés de se cacher derrière une armada de troupes de choc pour pouvoir converser à l'abri des grilles de la police. L'ambiance des sommets internationaux (FMI, Banque Mondiale, G8, Europe des 15, etc...) a ainsi quelque peu changé. Cette fois-ci ils avaient choisi le port de Gênes en Italie dirigée par le très médiatique et controversé Silvio Berlusconi, propriétaire notamment de différents organes de presse.
Une mobilisation sans précédent, 300 000 personnes présentes pour empêcher la tenue du sommet, des modes d'action offensifs ont fait tomber le masque sur ce que réservent les démocraties dites développées à ceux qui menacent leurs orientations économiques et sociales. L'Italie avait vu les choses en grand, au moins 20 000 agents répressifs déclarés, une zone bunkerisée et la volonté de passer pour un pays qui sait contrôler les débordements. Le ministère de l'intérieur italien se targuait de réussir à gérer mieux qu'à Göteborg les éléments les plus radicaux. On le voit bien après coup, l'Italie a frappé fort. Cette fois-ci, ils ont tiré pour tuer.
Gênes, Alger ou Santiago ?
Les témoignages relatent que les forces de répression faisaient des références explicites aux périodes les plus sombres de l'histoire italienne. La volonté de casser physiquement et de traumatiser les acteurs de la contestation s'est clairement fait sentir. Rafles aveugles et matraquages systématiques, usage massif de gaz lacrymogène d'un type nouveau à base de chlore, canons à eau, sévices corporels, actes de torture, viols... Et, assassinat(s ?). Non content de nous faire subir une violence économique qui semble ne plus avoir de limite, les régimes dits "démocratiques" n'hésitent plus à éliminer physiquement les opposants.
En réalité les gouvernants prennent peur. Ils veulent, disent-ils, laisser une place aux revendications de ceux qui défilent dans les rues. Pur effet d'annonce concocté par leurs spécialistes en communication. Ils savent que les mobilisations ont gagné en radicalité et en détermination, de plus le recours à des modes d'actions directes pour signifier le rejet du capitalisme qui se dit triomphant ébranle la tranquillité de ces réunions au sommet. Rien d'étonnant à ce que les manifestants s'en prennent aux symboles de l'exploitation mondiale. Les dirigeants sont prévenus : rien n'altérera notre détermination à en finir avec le système en place.
Diviser pour mieux régner
Une campagne de dénigrement et de condamnations, savamment orchestrée, a vu le jour pour tenter de discréditer le mode d'action de certains manifestants. Il ne faut pas tomber dans ce piège qui ne conduirait qu'à créer un clivage entre militants et à morceler la mobilisation anticapitaliste. Il s'agit une fois de plus d'une tentative de criminalisation du mouvement social pour toujours et encore justifier la répression. Ceux qui étaient si prompts à condamner la violence doivent avoir en mémoire que c'est pour sa détermination et le type d'engagement qu'il avait choisi que Carlo a été abattu.
A ceux qui clament que la police infiltre les mouvements contestataires, il faut rappeler que tel est son rôle et qu'aucun groupe n'est épargné. Cette pratique a toujours eu cours quel que soit le lieu ou l'époque. Il ne faut pas aujourd'hui faire mine de la découvrir.
Enfin, certains regrettent que tout le monde n'ait pas reçu sa part de coup de matraque, peut être auraient-ils préféré indiquer à la police qui elle devait arrêter. A ceux-là, qui auraient souhaité que l'on partage entre nous les coups, nous proposons de les rendre en commun et de partager les richesses mondiales plutôt que les matraquages policiers.
Le prochain rendez-vous est à Bruxelles en décembre pour le sommet européen. Que l'Etat belge se prépare car nous seront présents.
exigeons la libération de toutes les personnes
qui ont été raflées par la police
et la levée des chefs d'inculpations retenues contre elles.
Bordeaux le 26 juillet 2001