L’ AGENCE NATIONAL
DE L’ACCUEIL DES ETRANGERS ET DES MIGRATIONS
Des orientations qui se durcissent
Le ministère de
l’immigration (une première depuis 1941…), de l’intégration, de l’identité
nationale et du co-développement va
intervenir directement, sur toutes les étapes du parcours d’un étranger (de sa
demande de visa à sa régularisation et au delà encore) pour
l’obtention de son droit de séjour
(quelques soit son statut).
Suite au décret
n°2007-999 paru au JO du 31 mai
2007, ce ministère a autorité conjointement avec le ministre
du travail, des relations
sociales et de la solidarité, sur la direction de la population et des
migrations (DPM) dont dépend l’ANAEM .
Les salariés de l’ANAEM, sont en droit de s’inquiéter d’une
relation si étroite entre ces deux ministères.
Les principaux objectifs déclarés sont de diminuer le flux migratoire et
de privilégier une immigration
temporaire à une immigration
familiale et permanente.
De plus, le ministre peut être juge des valeurs portées par les
primo-arrivants dans
le cadre de la promotion de l’identité nationale. Comment dans ce contexte
éviter l’arbitraire ?
Qu'advient-il de vos emplois et de vos conditions de travail?
Les salariés de l’ANAEM vont donc être au centre de ce
dispositif :
-Avec le projet de loi du Regroupement Familial , qui
aboutira à un nouveau durcissement des conditions d’entrée des familles
(augmentation des ressources, contrat d’accueil et d’intégration familial avec
obligation pour les conjoints et les enfants d’apprendre le français et
les « valeurs républicaines » dans leur pays d’origine )doit-on
envisager la fin du regroupement familial ? (au même titre que celui du
droit d’asile..) Les conjoints de français seront ils eux aussi soumis à de telles
contraintes ?
-Avec l’obligation des
primo-arrivants de signer le Contrat d’accueil et d’Intégration (juillet 2006)
et de le suivre, les auditeurs seront de plus en plus amenés à effectuer un
contrôle du respect des engagements signés et à informer la préfecture de tout
manquement.
Le « regroupement
familial » étant le principal signataire de ce contrat, qu’adviendra-t-il des
auditeurs ?
-Les assistantes
sociales qui ,suite à la restructuration de 2005, ont perdu l’essence même de
leur travail avec des missions de plus en plus réduites, devront elles adhérer
à une charte des travailleurs sociaux prévue par la direction ou changer
carrément de fonction ?
-Avec la diminution
du flux migratoire les emplois des vacataires des services médicaux seront les
premiers touchés.
-Avec la
multiplication annoncée des contrats des travailleurs saisonniers ANAEM, les
services vont être rapidement débordés et les pouvoirs publiques n’auront pas
les moyens de s’assurer des bonnes conditions de travail de cette main
-d’œuvre étrangère.
-Après le départ du
FASILD en 2006 doit on envisager celui des prestataires de bilans linguistiques et des autres partenaires qui de
par leur statut associatif défendent le caractère social de l’accueil des
étrangers sur le territoire (une des prérogatives de l’ANAEM encore à ce
jour).
-Avec 25000 expulsions programmées en 2007 les agents de
l’ANAEM devront ils tous soutenir leurs
collègues détachés au CRA ou à l’aide au retour?
Comment peut on en toute conscience diffuser de tels
messages et être les complices d’une telle politique d’immigration. Politique
qui se radicalise depuis des années et qui se résumera, sans aucune concession,
à une vision utilitariste des primo arrivants (de par leur compétence et leur
force de travail). Le plus inquiétant reste que l’intitulé du ministère
s’inscrit dans un discours stigmatisant l’immigration et dans la tradition d’un
nationalisme fondé sur la méfiance et l’hostilité aux étrangers, dans les
moments de crise ». Ceci en toute légalité…
« Humanisme et fermeté
(sic) » dixit le ministère…
Des historiens du CNHI,
des associations,
des
syndicats (inspection du travail),
des citoyens,
réagissent déjà…
COMME EUX SOYEZ VIGILANTS ET
MOBILISES