Solidarité avec notre camarade de la CNT Thales victime de la répression anti-syndicale !

mercredi 7 décembre 2016, par Stics 13

Acharnement et répression syndicale chez Thales Microelectronics (TMI) à Etrelles (Ille et-Vilaine). Anthony, délégué du personnel et RSS de la section CNT après avoir été délégué syndical et secrétaire du CHSCT, passe en correctionnelle le 13 décembre prochain à Rennes. Parallèlement, la direction de l’entreprise a lancé une procédure de licenciement.


La CNT 13 tient à exprimer toute sa solidarité avec Anthony de la section syndicale CNT Thalès, face à la répression anti-syndicale qu’il doit affronter.

CETTE PROCÉDURE DE LICENCIEMENT NE VISE QU’À ÉLOIGNER ANTHONY DE L’ENTREPRISE AFIN DE L’EMPÊCHER D’EXERCER SES MANDATS ET D’INFORMER SES COLLÈGUES.

Le 3 novembre 2016, un huissier est venu remettre à Anthony une lettre de convocation à un entretien préalable à sanction pouvant aller jusqu’au licenciement. L’entretien a eu lieu le lundi 14 novembre à 11h00. La Direction a exposé ses griefs et convoqué un Comité d’entreprise exceptionnel le lendemain 15 novembre pour se prononcer sur le licenciement. Soixante salarié-e-s ont débrayé pendant la première demi-heure de la réunion.
Pour le procès, il lui est reproché d’avoir commis 3 infractions :
- Pour la première, il est accusé d’être l’auteur de courriers reçus
 par une partie des salarié-e-s en octobre et novembre 2014. Ces courriers
 anonymes récapitulent l’ensemble des salaires en vigueur dans 
l’entreprise.

- Pour la seconde, il est accusé d’avoir enregistré les paroles et
 photographié le directeur du site sans son consentement.

- Pour la troisième, il est accusé d’avoir enregistré les paroles de 2
 gendarmes de Vitré sans leur consentement.
Pour ces faits, il encoure 5 années de prison ferme et 300 000€ d’amende
 ainsi que le versement de dommages et intérêts aux victimes qui se sont 
portées parties civiles.
Pour la première infraction, la convocation n’indique aucune plainte de la
 part de l’entreprise ou de ses dirigeants mais donne les noms des
 salarié-e-s de TMI qui se sont déclaré-e-s victimes et qui ont porté 
plainte.
Pour la seconde infraction, il n’y a que le nom du directeur de TMI et
 pour la troisième, il n’y a que les noms des 2 gendarmes.
Les peines encourues sont délirantes mais malheureusement bien réelles.
 Les habitant-e-s du pays des Bisounours vous diront que les peines
 prononcées contre les syndicalistes sont symboliques, ceux qui vivent dans 
le monde réel constatent la forte répression du mouvement social :
- 9 mois de prison ferme et 15 mois de sursis pour 8 syndicalistes de
 GOODYEAR.
- 8 mois de prison pour Martin à St ÉTIENNE le 26 septembre 2016.

- 6 et 10 mois de prison pour François (CNT) et Antoine (CGT) en juin 2016 
à LILLE.
- Condamnation définitive de Fouad (CNT) au versement de 40 000€ de 
dommages et intérêts à la SNCF après une action à METZ pendant le 
mouvement CPE de 2006.
- 8 mois de prison requis contre Nicolas (CGT) le 6 octobre à BOBIGNY.
- 2 à 4 mois de prison requis contre 5 salariés d’AIR-FRANCE ayant 
participé à l’épisode de la chemise, etc...
Sans oublier que la plupart des peines prononcées sont accompagnées 
d’amendes, de licenciement, d’interdiction d’exercer et du paiement de 
dommages et intérêts. Dans la plupart des cas, les dossiers sont vides
 mais les engagements politiques ou syndicaux des prévenus sont utilisés
 pour justifier une aggravation des peines.
C’est pour tout cela que nous ne pouvons pas prendre l’audience du 13
 décembre 2016 à la légère. Vu les peines encourues, le recourt à un avocat
 est indispensable. Or son recourt entraîne une première dépense de 1440€
 qui n’était pas prévue dans le budget prévisionnel de son congé
 sabbatique.
Les salarié-e-s de TMI ont été appelés à la solidarité financière pour
 qu’Anthony puisse bénéficier d’une défense. Ils y ont répondu mais cela ne
 couvre pas la totalité des frais.
Les chèques peuvent être envoyés au syndicat CNT-ETPRECI 35, BP 30423
35004 Rennes CEDEX ou sur le compte CNT ETPRECI IBAN
FR8620041010130608184S03495 Code BIC : PSSTFRPPREN LA BANQUE POSTALE
RENNES avec la mention « Solidarité Anthony »

Anthony estime ne pas avoir eu le temps de préparer sa défense dans un délai aussi court. Cinq représentant-e-s CE ont préféré s’abstenir et une (CGT) a voté contre. Le secrétaire du CE (CFTC) a rédigé un compte rendu partial ne reprenant que les arguments de la direction.

C’est aussi une manière de décrédibiliser son témoignage dans un procès toujours en cours devant le tribunal des affaires de sécurité sociales (TASS). En 2009, alors qu’il était secrétaire du CHSCT, une cadre de l’entreprise écrasée par un management autoritaire s’était suicidée à son domicile. Les alertes qu’elle avait lancé plusieurs semaines avant sa mort ont permis au TASS de Rennes de requalifier le suicide en accident du travail.

C’est maintenant la reconnaissance d’une faute inexcusable de l’employeur qui est demandée devant le tribunal. Le témoignage d’Anthony démontre les fautes de la direction. L’audience aura lieu le 9 février 2017. Sanctionner notre camarade Anthony aujourd’hui à des fins de discréditer son témoignage ne fait aucun doute ! L’inspection du travail n’a quant à elle pas encore statué sur l’autorisation de son licenciement.
Suivez les infos sur le blog de la section CNT de Thales Microelectronics : http://section-cnt- thales-etrelles.blogspot.fr/

Rassemblement devant le tribunal de Rennes le Mardi 13 décembre à 16 h !