Généraliser les pratiques de lutte, aujourd’hui et demain...

lundi 1er novembre 2010

Malgré huit journées d’action particulièrement suivies, il apparaît que
même avec 3,5 millions de personnes dans les rues, les défilés ne
permettent pas d’être correctement entendus.
Ce n’est pas vraiment une
surprise, mais beaucoup d’entre nous l’avaient un peu oublié. Partout en
France, les blocages dans les raffineries, les centres de traitement des
ordures et bien d’autres sites se sont multipliés. Incontestablement,
l’obstination de l’État et du patronat à imposer leur réforme des
retraites a poussé le mouvement social à retrouver des pratiques
syndicales disparues depuis trop longtemps...


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L’unité à la base
Le mouvement social sur les retraites a permis de retrouver des
pratiques intersyndicales à la base, fondées sur une représentativité de
terrain. Malgré les divergences entre syndicats, un grand nombre de
travailleurs et travailleuses ont privilégié leurs intérêts en
développant une mobilisation commune, loin des défilés par cortèges
syndicaux cloisonnés.

L’interprofessionnalisme
Alors que depuis plusieurs années, l’heure était plutôt au repli sur soi
et à la lutte catégorielle ou par entreprise, la mobilisation contre la
réforme des retraites a permis de retrouver des actions où se mêlent
tous les corps de métiers et d’industrie, chacun soutenant l’autre avec
un même objectif.

L’action directe des travailleurs
Souvent montrée du doigt, l’action directe des travailleurs s’est
largement développée ces dernières semaines. Dans son sens premier,
c’est à dire loin de la violence individuelle ou d’une avant-garde
éclairée qui reste sans effet mais plutôt en organisant des actions
syndicales à la base sans attendre le feu vert des dirigeants syndicaux
et sans déléguer à des représentants qui négocient et décident sans
tenir compte de l’avis des travailleurs et travailleuses.

L’autogestion des luttes
Les assemblées générales souveraines se sont multipliées, dans le public
comme le privé, sectorielles ou interprofessionnelles, pour décider
collectivement de la grève, de sa reconduction ou non, ainsi que des
actions syndicales à mener. Avec, en outre, un respect des décisions
prises par chacun, vers une réelle autonomie des travailleurs et de
leurs collectifs de travail.

La solidarité de classe
Tous les salariés ne pouvant faire grève en même temps — notamment les
précaires et/ou isolés —, les syndicats ont repris à leur compte les
idées de caisse de grève, de blocage par des camarades extérieurs à
l’entreprise, pour éviter les sanctions pour les travailleurs de
l’entreprise elle-même. Ce mouvement a renforcé la conscience de classe
de tous et toutes : face au patronat et à l’État, nous avons tous les
mêmes intérêts et nous sommes solidaires !

Le blocage de l’économie
Contrairement à ce qu’a affirmé la propagande d’État, les grèves
reconductibles et les blocages de ces dernières semaines n’ont pas été
un choix mais une nécessité. Comment penser sérieusement que des grèves
peuvent se résumer à des défilés dans les rues, encadrés par les forces
de l’ordre ? L’Histoire, notamment en juin 1936, a souvent montré que
nos droits, nos acquis sociaux ont été arrachés (et pas demandés
poliment) à l’issue de luttes très dures et généralement en utilisant le
seul moyen à la disposition des travailleurs et des travailleuses : la
grève et le blocage de la production sur le lieu de travail. C’est ce
que nous avons redécouvert dans le mouvement contre la réforme des
retraites !

Ce sont ces pratiques de lutte, intergénérationnelles, fondées sur
l’action collective et la solidarité de classe, qui peuvent nous
permettre de gagner aujourd’hui comme demain. Ne lâchons rien ! Continuons de développer
dans le mouvement actuel comme dans ceux qui suivront :

- l’unité syndicale à la base,
- les prises de décisions collectives en assemblées générales
souveraines pour permettre à tous les grévistes de s’approprier la lutte,
- les actions collectives de blocage d’entreprises et voies d’accès aux
zones où sont produites les richesses,
- le partage des informations sur les luttes et initiatives,
- la solidarité interprofessionnelle,
- les caisses de grève pour nous permettre de tenir et de gagner,
- les grèves reconductibles ou tournantes, qui bloquent la production
des richesses et donc des profits...