C’est quoi la CNT

jeudi 3 avril 2008, par web_sam


LA CNT C’EST QUOI ?

Le nom de la CNT circule désormais régulièrement, sur
les tracts, dans les manifestations, parfois dans les
médias. Mais si les trois lettres commencent à être
connues, ce qu’elles signifient reste souvent bien flou.
Plusieurs éléments concourent à cela. " Confédération
nationale du travail " indique bien qu’il s’agit d’un syndicat,
pour le reste les termes ne sont guère explicites ; et
comportent un " nationale " bien peu opportun, de nos
jours, en France. Ensuite, les références de la CNT, syndicalisme
révolutionnaire, anarchosyndicalisme, laissent
souvent la place à un " anarchisme " qui ne lui correspond
pas forcément. Enfin, son image sulfureuse, teintée
d’une violence que les médias présentent volontiers
comme gratuite, trouble la perception extérieure de sa
réalité militante. L’existence d’une autre " CNT ", survivance
d’ancienne scission, contribue également, lorsqu’on
s’intéresse à la CNT, à en compliquer l’appréhension.

Alors, la CNT, c’est quoi ?

La Confédération Nationale du Travail essaie de développer un
syndicalisme différent. Longtemps ignorée et marginalisée, elle
émerge aujourd’hui, forte des expériences accumulées, pour
dire et montrer bien fort que le pire n’est pas fatal et qu’il n’est
pas trop tard pour agir autrement...Durant des années on nous a bercés d’illusions : développement
industriel, progrès social, accès des salariés à la consommation...
Les illusions de la croissance
Le syndicalisme a pris de mauvaises habitudes : institutionnalisation,
cogestion, corporatisme, perte du sens de la solidarité.
Eblouis par “le miracle économique”, les salariés ont progressivement
laissé des spécialistes de la négociation gérer leurs intérêts
à leur place. Les employeurs, eux, étaient trop heureux
d’avoir affaire à des professionnels du syndicalisme plutôt qu’à
des salariés toujours plus turbulents et imprévisibles...
Et puis crac ! Le chantage à la « crise », le retour en force du libéralisme,
la fin de l’Etat providence et voici où nous en sommes :
coupure de la société entre chômeurs et précaires d’un côté,
salariés de l’autre et, pour ces derniers, course à la rentabilité, à la productivité, déréglementation, fin des
garanties, liquidation de la motion de service
public, limitation de la protection
sociale, dictature de l’économie. De cette
situation, tous les politiciens, de droite
comme de gauche, tous, sont responsables.
Exploitation sanguinaire du milieu
naturel par pollution industrielle ou
nucléaire, commerce
cynique
des armes et
militarisation de
la société, bénéfices
monstrueux
des financiers et
misère sans nom
de ceux à qui est
refusé même l’indispensable...
Est ce
là ce que nous
voulons ? Ce
monde hideux
qu’on nous impose
en même temps
qu’on nous demande
de le fabriquer, nous, les salariés, nous
pouvons le refuser.
Redistribuer les richesses
Parce que nous fabriquons toutes les
marchandises et assurons tous les services,
il faut que nous organisions la production
pour le bien de toute la collectivité
et non pour le plus grand profit ou
pour l’ambition démesurée de quelquesuns.
C’est pourquoi le syndicalisme doit
redevenir ce qu’il n’aurait jamais dû cesser
d’être : révolutionnaire, c’est-à-dire
porteur d’un projet pour une société plus
juste, plus égalitaire, plus libre...
Pour un autre futur
Aussi la CNT a-t-elle dès à présent une
pratique syndicale qui dépasse la cogestion
frileuse de la société telle qu’elle est.
II s’agit, bien entendu de défendre les
intérêts immédiats des salariéEs mais
aussi d’ébaucher dès
maintenant un autre
futur, en adoptant
une méthodologie
syndicale en rupture
avec les schémas
hiérarchiques qui
régissent notre
présent.

La CNT, c’est l’effort
militant à la
place de la
bureaucratisation ;
c’est la solidarité
interprofessionnelle
à la
place du corporatisme ; c’est un syndicalisme
libre de toute interférence politicienne.
Pour la CNT, ce qui est fondamental,
c’est que les gens décident pour euxmêmes.
Dans la section dans le syndicat,
c’est l’assemblée générale qui décide de
tout : pas de mots d’ordre parachutés, pas
de « ligne » à suivre, pas d’arrière-pensées
politiciennes....

Et ce modèle est transposable aux luttes.
Ce sont les salariés eux-mêmes qui doivent
décider de la manière de les mener.
Assemblées générales souveraines de
tout le personnel impliqué, pas d’étiquettes
syndicales affichées, seul moyen
d’éviter les lamentables rivalités de clocher
que nous n’avons que trop connues.
Ces dernières années, la CNT a poursuivi
cette évolution. Non sans heurts, elle
continue sa mue, de groupuscule de propagande
en organisation syndicale. Sur
le champ politique, elle est présente sur
tous les fronts : lutte contre la guerre,
antisexisme, antifascisme, lutte contre
les lois répressives, mobilisation sur les
sommets internationaux, soutien aux
sans-papiers... Sur le champ syndical, elle
élargit son implantation, la nouveauté de
ces dernières années étant le développement
de contacts avec des syndicalistes
de la CFDT ou de la CGT, sur des pratiques
de lutte de classe. Les rapports
avec les hiérarchies syndicales, en
revanche, sont plus mauvais que jamais.
De la CGT qui, en mai 2001, demande à la police de nous
empêcher de manifester, à l’intersyndicale CGT-CFDT-FO qui, en mai 2002, appelaient à un
cortège " unitaire "... sans nous, la tension s’accentue. Le dernier congrès de la CGT,
accentuant nettement la " cédétisation " (CFDT) de la confédération, ne va pas manquer
d’accentuer encore ces tensions, révélatrices de la peur de se faire déborder.

La question des élections professionnelles.

Cette question, s’est trouvée au coeur de la scission de 1993. Le problème qui s’est posé
à nous était simple. Soit nous maintenions des principes inflexibles de refus de participation
à ces élections (en particulier parce que les élus ne sont pas révocables), mais
nous renoncions de fait à la possibilité de créer des sections syndicales (sans DP, il est
pratiquement impossible d’acquérir la représentativité, sans représentativité il est
impossible d’ancrer une section syndicale en raison de la répression patronale). Soit
nous nous réservions la possibilité d’y participer, cela autorisait une stratégie de développement de sections syndicales et de construction d’un syndicat de masse, tout en
nécessitant une vigilance particulière. La CNT a fait ce dernier choix, elle s’est dotée
d’une commission chargée de recueillir les bilans d’expériences menées, qui sont diffusés
à l’ensemble des syndicats, afin que les décisions puissent se faire en connaissance
de cause et non selon des principes théoriques. Le sujet est encore débattu.

RÉFÉRENCES HISTORIQUES

Historiquement, la
CNT a deux références,
le syndicalisme
révolutionnaire et
l’anarchosyndicalisme.

Le syndicalisme révolutionnaire

Le syndicalisme révolutionnaire
de la CGT
d’avant la guerre de 14-
18, bâtie en grande partie
par des militants issus
de l’anarchisme, avec
certains principes hérités
de cet anarchisme
(démocratie directe),
mais en rupture avec
l’organisation politique
(principes classistes), et
en développant des modes d’action propres : grève générale expropriatrice. Le syndicalisme
révolutionnaire est également né
contre le développement d’un anarchisme
individualiste exaltant la valeur de l’individu
au détriment de la société humaine, et
usant paradoxalement de l’arme terroriste
instrumentalisant la vie humaine. Le syndicalisme
révolutionnaire, s’il a interprété
l’analyse économique marxiste, s’est également
construit contre les partis politiques
de cette obédience : marxistes, anarchistes,
le premier combat de la CGT naissante a été
d’empêcher son instrumentalisation par les
partis. Sa défaite, après 1918, sera concrétisée
par la victoire du courant social-démocrate
puis du Parti communiste. C’est ensuite,
après un épisode dans la CGT-U avec les "
communistes ", la CGT-SR (" SR " pour syndicaliste
révolutionnaire) qui a repris le flambeau
du syndicalisme révolutionnaire, jusqu’à
la Seconde Guerre mondiale.


L’anarchosyndicalisme

La seconde
référence de la
CNT, c’est
l’anarchosyndicalisme
de la
CNT espagnole,
qui s’affirme,
depuis le début
du XXe siècle
jusqu’à 1936,
comme la principale
organisation
révolutionnaire
espagnole .
Contrairement
à la plupart des
pays occidentaux,
la bolchevisation des courants révolutionnaires
suite à la révolution russe n’est
pas parvenue à absorber celui espagnol. Le
syndicalisme espagnol s’est ainsi affirmé en
inventant le projet de société communiste
libertaire : la reconnaissance du groupe
humain, et non de l’individu, comme base
d’organisation sociale, mais selon des principes
autogestionnaire, sans délégation de
pouvoir. Les collectivités d’Aragon et
d’ailleurs ont été la réalisation historique de
la CNT hégémonique (2 millions d’adhérents)
dans la période révolutionnaire de
1936-39.

Printemps 2003 : enracinement de la CNT

Le large mouvement social du printemps
2003 a révélé l’immense chemin parcouru
par la CNT depuis novembre-décembre
1995. Nous émergions alors à peine, et
c’est seulement dans les universités que
nous avons participé au mouvement de
manière décisive. Nous étions présents
sur d’autres fronts, mais surtout de l’extérieur.
Le mouvement du printemps 2003
a démarré sur la fronde de l’Education
nationale, qui durait déjà depuis plusieurs
mois. La lutte des emplois-jeunes et des
surveillants, dans laquelle nous avons eu
un rôle central dans plusieurs régions, a
débuté dès la rentrée scolaire 2002. Le
développement du puissant mouvement
de l’Education nationale, initié dès avril,
voire mars, s’est fondé sur les assemblées
générales d’établissements en lutte et
sur la recherche d’une convergence
interprofessionnelle, dès mai. Là encore,
notre rôle fut essentiel dans plusieurs
régions, grâce à notre implantation
construite ces dernières années, dans la
foulée de 1995. Dans la culture, c’est également
là où nous étions le mieux implanté
(BNF, La Villette, la Cinémathèque...)
que la participation au mouvement a été
la plus forte. Les camarades du spectacle
(en particulier intermittents) ont mené
des actions déterminantes, liées à la renégociation
des annexes 8 et 10 (indemnisation
chômage).

Mais il n’est pas l’objet ici de faire un catalogue : la révélation essentielle est que
nous existons réellement maintenant
comme syndicat, dans de nombreuses
branches. Que notre présence dans
d’autres branches, où nous ne sommes
pas encore suffisamment influents, nous
a au moins permis de propager largement
l’information sur le mouvement et notre
perspective propre (commerce, presse,
métallurgie...).

Et que, là où nous avons joué un rôle
essentiel, le principe d’organisation était
l’assemblée générale souveraine des travailleurs,
l’élargissement et la convergence
des luttes. Ce qui s’est fait le plus souvent
dans de très bonnes conditions avec
la base d’autres syndicats, et d’exécrables
relations avec les bureaucraties, dont
l’objectif a, semble-t-il, été de freiner le
plus possible l’extension du mouvement
pour en garder le contrôle absolu.

RÉFÉRENCES IDÉOLOGIQUES

" Les anarchistes
de la CNT ",
étaient jusqu’à la
fin des années 90
la dénomination la
plus courante qui servait aux médias pour
nous désigner. On est passé ensuite à " Le syndicat
anarchiste CNT ". C’est bien, ça progresse,
mais c’est pas encore ça ! Certains commencent
à nous appeler " anarchosyndicaliste". On se rapproche...
La CNT, libertaire ?
Se référant à l’anarchosyndicalisme
et au syndicalisme
révolutionnaire, la CNT aujourd’hui
oscille entre la reconnaissance
d’un projet communiste
libertaire et le refus de
toute étiquette spécifiquement
idéologique : pas d’organisation
politique, de quelque
obédience qu’elle soit, comme
tutrice de l’organisation syndicale.
Une logique d’adhésion qui
est basée sur l’appartenance de
classe, et non les références
idéologiques. Mais une proximité
indéniable avec un certain courant du mouvement
libertaire, dont la proximité s’explique
par le mode de fonctionnement. Une proximité
qui, avec d’autres composantes de ce
même " mouvement ", se transforme en hostilité
manifeste : l’individualisme, de quelque
obédience qu’il soit, n’est guère compatible
avec le communisme libertaire, fondé sur la
reconnaissance de l’être humain comme "animal
social".

L’action comme idéologie.

C’est dans l’action bien plus que dans les
dogmes idéologiques que la CNT se construit.
Parfois accusée d’activisme, soupçonnée d’oublier
la réflexion et d’étouffer les débats
internes dans un mouvement perpétuel, elle
assume ces critiques en considérant la
réflexion comme fruit de l’action, l’idéologie
issue de la pratique, et non l’inverse. La force
de cet état de fait, c’est de permettre de
réunir des militants ayant des opinions parfois
différentes, de ne pas paralyser l’organisation
par d’interminables querelles, comme cela est
trop souvent le cas dans les groupuscules.
C’est un des piliers de notre développement.
La faiblesse est le risque de détournement
progressif du projet révolutionnaire, soit dans
une fuite en avant activiste, soit
dans un ramollissement réformiste.
Contre ces dérives, il
s’agit de réaffirmer sans relâche
nos principes fondamentaux
(autogestion, refus de la cogestion,
organisation révolutionnaire
de lutte de classe, indépendance
à l’égard des partis,
action directe...). Cela se fait
dans les pratiques plus que
dans les discours. Pour nous, la
résistance se construit au sein
même de l’ancien monde.
Nous refusons de demeurer
entre convaincus dans une
tour d’ivoire, ressassant des
théories sans réalité. Alors,
oui, nous avançons dans la
merde. Et nous prétendons le faire sans nous
y noyer.

L’action directe.

Il est révélateur que l’un de nos principes primordiaux
soit un principe d’action, “ l’action
directe ". Que faut-il entendre par ce terme ?
Souvent, il est détourné de sa signification
subversive, en ne renvoyant qu’à une idée
erronée de " violence ", cette même " violence
gratuite " que l’on nous attribue régulièrement
dans les médias. En réalité, si une action
directe peut être violente, le plus souvent elle
ne l’est pas. L’action directe, c’est une forme
de lutte, décidée, mise en oeuvre et gérée
directement par les personnes concernées.
Grèves, boycott, piquets de grève, occupations,
sont des formes d’action directe, celles
que nous pratiquons régulièrement dans
notre travail syndical.

ORGANISATION DE LA CNT

Le mode de fonctionnement de la CNT correspond à la manière dont nous
prétendons que la société dans son ensemble peut être gérée. Décisions
par la base, mandats impératifs, rotation des tâches... C’est pas toujours
facile, mais ça s’apprend par la pratique !

Le syndicat, structure de base :

Les prises de décisions sont effectuées au
niveau des syndicats, qui constituent la
base décisionnelle de la CNT. La
CNT est conçue comme une
confédération libre de ces
syndicats. Le principe fondamental,
dans la CNT, est le
même au niveau local que
dans la perspective révolutionnaire
 :
ce sont aux prolétaires
de travailler à leur
émancipation, ce sont aux
travailleurs concernés de
prendre les décisions les
concernant, tant que le
pacte confédéral est respecté.
Ainsi, les sections
d’entreprise affiliées à un
syndicat bénéficient également
d’une autonomie de
décision, toujours dans la
mesure où les principes généraux du syndicat
et de la confédération sont respectés.
Le syndicat est un syndicat d’industrie :
en clair, c’est un syndicat interprofessionnel
réunissant les différentes catégories
de personnel travaillant dans une
même industrie. La section d’entreprise
est également interprofessionnelle.
Ce principe est
parfois difficile à concilier
avec la réalité des formes
d’exploitation : ainsi, dans
le nettoyage, les travailleurs
peuvent changer régulièrement
de chantier et ne sont
pas forcément attachés à
une industrie, encore moins
à une entreprise. Ces formes
se développent, les liens
existant entre les différentes
catégories de salariés sont
rompus entre autre grâce au
recours massif à la sous-traitance
et aux externalisations.
Des formes de structuration
sont à trouver pour éviter le
piège corporatiste, qui favorise l’isolement
et la concurrence entre métiers au
profit du patronat, sans ignorer la réalité.

Les structures de coordination :

Il existe environ 180 syndicats confédérés
dans la CNT aujourd’hui. Le bureau confédéral
assure le lien entre les congrès
(tous les deux ans). Sa charge est uniquement
technique, il veille au fonctionnement
courant de la confédération, à la circulation
de l’information en interne et
avec l’extérieur. Il applique les décisions
du congrès, il organise le CCN (Comité
confédéral national).Les syndicats sont
par ailleurs également regroupés en UR
(unions régionales), ainsi qu’en UD et UL
(unions départementales et unions
locales). Ce sont les unions régionales qui
se réunissent tous les six mois en CCN,
elles veillent à l’application des décisions
de congrès, contrôlent les mandatés
confédéraux, prennent les décisions
techniques qui s’imposent, assurent le
suivi des campagnes confédérales.Les
syndicats sont enfin réunis en fédérations
d’industrie, lorsqu’ils sont suffisamment
nombreux. Il en existe cinq à ce jour :
Education, PTT, Bâtiment-Travaux Publics,
Communication culture spectacle, Santésocial.
La fédération d’industrie n’a qu’un
rôle technique de coordination.

Les commissions :

La CNT se dote de commissions.
Emanations des syndicats, elles peuvent
être internes à l’un d’entre eux, ou s’élargir
jusqu’au niveau confédéral. Elles n’ont
souvent qu’une existence ponctuelle en
rapport avec l’actualité. Quelques commissions
parviennent cependant à se
pérenniser : la commission femmes est la
plus ancienne, elle est mixte et travaille
sur le sexisme et les rapports entre sexes
 ; la commission prison ; la commission
juridique, qui se met en place afin de
répondre mieux aux besoins croissant
des syndicats, particulièrement pour les
procès en représentativité à l’occasion
des créations de sections d’entreprise ;
etc.

L’INTERNATIONAL. UNE PRIORITÉ

Au sein du bureau confédéral, le secrétariat
international, composé d’une quinzaine
de camarades, travaille à développer
les contacts internationaux, à coordonner
les actions
internationales, à
mettre en rapport les
syndicats de la CNT
avec des structures
équivalentes afin de
concrétiser une réelle
dynamique internationale
issue de la base.
Nous avons constitué
un réseau international
dynamique qui a marqué
la renaissance de
l’internationalisme
rouge et noir, avec des
luttes syndicales menées au niveau international,
avec d’importants cortèges
composés principalement, en plus de la
CNT, de la SAC Suédoise, de la CGT espagnole
et de la FAU allemande
(Amsterdam 1998, Köln 1999, Paris en
mai 2000, Göteborg en 2001, Séville en
2002). Des rencontres syndicalistes internationales
(San Francisco 1999,
Göteborg 2001, Essen
2002) nous ont également
permis de nouer
des contacts avec des
organisations pratiquant
le syndicalisme
révolutionnaire de
tous les continents,
ces rencontres ont
débouché sur de
nombreuses actions
de solidarité internationales
(tout particulièrement
avec
l’Argentine, depuis
l’année dernière). Dans le cadre du G8
d’Evian, la CNT a été présente avec des
délégations internationales. Elle a participé
à trois initiatives : le Village anticapitaliste
(VAAAG), la CLAAAC (coordination
des luttes anti-autoritaires) et les forums
des luttes sociales.

Bon, alors, c’est quoi, la CNT ?!

Alors, la CNT, c’est quoi ? Une
organisation qui a hérité d’une
histoire riche, enracinée dans le
mouvement ouvrier, mais qui se
construit avant tout dans le présent,
dans les luttes auxquelles
elle participe, qu’elle impulse
parfois. Une organisation encore
bien marginale face aux "
grandes " confédérations représentatives,
mais qui élargit son
audience, son influence, et qui
retrouve sur le terrain des pratiques
de nombreux syndicalistes
appartenant à d’autres organisations.
Une organisation qui refuse
les étiquettes idéologiques,
les dogmatismes paralysants,
tout asservissement à un parti
politique, mais qui inclut dans
son champ d’action des luttes
éminemment politiques, révélatrices
d’un projet de société,
d’une autre forme d’organisation
sociale. OUI ! la CNT a une grande
ambition, l’émancipation des travailleurs,
l’abolition des classes,
l’égalité et la justice sociale, la
gestion de la société par les producteurs.
Et si la CNT déploie
beaucoup d’énergie, c’est pour
construire ce projet global, l’ancrer
dans la réalité des luttes, le
faire partager par tous ceux qui,
un jour, mettront à bas le vieux monde.

P.-S.

Le COMBAT SYNDICALISTE

Outre les publications d’entreprises ou
locales, outre les brochures, la CNT dispose
d’un journal mensuel : Le Combat
Syndicaliste. Le CS traite de questions d’actualité,
se fait l’écho des luttes ouvrières et
sociales tant nationales qu’internationales,
réalise des dossiers sur des thèmes précis
(protection sociale, Prud’hommes, réduction
du temps de travail...) ou des numéros plus
spécialement consacrés à un secteur particulier
(dossier éducation...). Les colonnes du
« CS » sont ouvertes à toutes les informations
concernant les luttes sociales, manifestations,
ou à toute contribution/réflexion sur le
capitalisme, la lutte syndicale,etc.
La rédaction, la saisie des textes, la correction,
la composition, le maquettage, l’impression
couleur, le routage, la mise en ligne et
l’administration du Combat Syndicaliste sont
effectués par des syndiqués après leur journée
de travail.

Mensuel de la CNT. 2€ le numéro. Abonnement - 6 mois : 11H - 1 an : 21H - Chèques à l’ordre du Combat Syndicaliste, à renvoyer à : Combat syndicaliste, BP 38, 94601 Choisy-le-Roi Cedex.

titre documents joints



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