C’est nous qui travaillons alors c’est nous qui décidons !

récit d’une journée de lutte vendredi 22 octobre 2010, à Marseille

lundi 25 octobre 2010, par web_sam


Après une journée mouvementée dans la ville, des cortèges s’organisent aux alentours du vieux port, les cheminots occupent le chambre du commerce, les lycéens bloquent le tram, pas de bus ; les ordures toujours, éparses dans la ville, volent au gré du mistral. Apres une AG de lutte au local de la CNT, nous nous décidons a quelques uns à nous rendre au deuxième rendez vous nocturne donnée par la CGT a la maison des syndicats a Martigues, un des bastions de lutte.

L’arrivée est calme et fraternelle : plus de deux cent personnes boivent le café sous la tonnelle de la maison des syndicats, les discussions sont tranquilles et sereines. Il fait froid. Une rapide réunion a lieu à l’intérieur au cours de laquelle on nous explique l’objectif de la nuit : bloquage de l’aéroport de Marignane. Il faut donc repartir vers Vitrolles, et un cortège impressionnant de voitures se met en branle, en se suivant tranquillement sur plus de 25 km, un espèce de vers de terre géant de voitures aux phares éclairées, se suivant sur la même voie, à la même allure, tranquille attaque nocturne du capital.

A peine arrivés à l’aéroport, des grévistes du site nous accueillent et nous indiquent les lieux pour se garer. Le froid est vif. Apres de brèves indications, les près de trois cent que nous sommes formons des piquets aux trois entrées du rond point d’accès de l’aéroport. Très vite, les premières voitures arrivent, et les hommes se mettent en action : toujours ils prennent le temps de parler aux conducteurs, jamais ils ne le laissent passer. Et s’il lui prend l’idée de revendiquer une certaine « liberté de circulation », d’affirmer sa posture d’otage, des voix criés, graves, sortiront de la nuit, l’une après l’autre, d’un côté et de l’autre du rond point, comme un échos intarissable, ferme et sur de sa force. Les hommes et femmes sont assurés et tranquilles du geste de cette nuit, et nous sommes remontés à bloc par l’énergie fraternelle des travailleurs présents : raffineries, air France, postiers, cheminots, usines locales, profs, …

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Un embouteillage monstre se crée, voitures inertes sur les rocades, parfois abandonnées sur les bas côtés, mais dont le mouvement est interrompu surement, suspendu a nos forces réunies. Quand nous avons terminé le nettoyage du site de l’aéroport de Marseille Provence métropole en faisant bruler le bois mort qui traine aux trois coins du rond point, nous prenons les indications de départ du site, vers 8h00 du matin. Et un cortège de travailleurs grévistes et unis par la nuit passée se souhaitent la bonne journée à venir, les visages radieux malgré la fatigue. Le jour levé dévoile les visages. Et la certitude me vient de les revoir tous bientôt. Peut être dans quelques heures, peut être demain. De sûr vite.

Nous repartons vers Marseille pour un rassemblement des travailleurs de l’éducation en grève, devant d’IA. Formons un cortège vers le vieux port pour une convergence des luttes avec des travailleurs de la poste, des chemins de fers, du port,… le spectacle est époustouflant et les photographes ne le manqueront pas. Dans un éclair de fumigènes blanc, sont posés des rails sur le port.

Les fumigènes passent au rouge quand les caisses des postiers sont ajoutées, et le ciel bleu de Marseille s’embrase de l’incendie spectaculaire d’une grève dont les contours sont en mouvance permanente. Intrépide et folle, elle se transmet aux quatre coins de la ville depuis presque trois semaines, un cortège sur la corniche, un autre en train de bloquer la gare, pendant que des travailleurs pas encore en grève mais décidemment en lutte, partent en soutien aux chauffeurs de bus RTM pour bloquer le dépôt, se parlent à nouveau dans la rue, réfléchissant à des actions qui mettrait à mal encore, et encore, le capital et ses sbires.

Retroussons nos manches et descendons dans la rue, organisons nous !

C’est nous qui travaillons alors c’est nous qui décidons !
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