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Accueil du site / N’Autre bibliothèque / Sur l’école... / Ecole libérale, école inégale

Sous la plume rageuse d’Yves Careil, l’institut de recherches de la F.S.U. publie son analyse des évolutions de l’école : Ecole libérale, école inégale . C’est la reprise de la critique à la Bourdieu des évolutions actuelles de l’école, avec un examen complet de la stratégie des classes moyennes et supérieures vis-à-vis de l’école, qui va de la présence rapprochée à la désertion dès que les pauvres deviennent trop nombreux. La menace libérale n’est pas tant dans la vente par appartements de l’école, de toute manière non rentable, que dans le fait que tout risque d’être modelé par le mode de vie et la vision du monde de ces couches sociales, l’école devenant le prolongement du salon familial des milieux aisés. Suit une attaque en règle des pédagogies actives, soupçonnées de n’être que le masque de l’ethos petit-bourgeois, entaché de collusions cléricales, et inadapté aux enfants des classes populaires. Ainsi les militants Freinet s’écarteraient des quartiers populaires "pour aller enseigner sous des cieux plus clé- ments".

Alors que faut-il faire face à la crise de l’école, puisque la pédagogie est "la récupération du libertaire par le libéral" ? Yves Careil (qui n’enseigne plus maintenant) explique comment il a assis son autorité masculine (il souligne cet élément ) dans une classe de CE1 qui risquait d’être perturbée par trois loustics qu’il a spectaculairement remis à leur place. Il concède quand même que ça se serait peut-être passé autrement si les élèves avaient été plus vieux ... mais le message est envoyé : “faut avoir des couilles, mon vieux, et sinon c’est de la faute au « libéralisme »”. D’ailleurs, ajoute-t-il pour faire bonne mesure, je connais une collègue d’extrême-gauche qui a envoyé sa fille dans un “bon collège”. Comme disait l’autre, on est tombé “bien bas, bien bas” dans l’argumentation.

Terminons par une vision plus positive : il y aura ceux qui ne lirons que les parties “socio” de ce petit ouvrage, ceux qui se diront qu’enfin la FSU évoque l’interaction pédagogie/social. Bonne lecture à ceux-là.