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Tao et Léo, Ingrid Thobois, Judith Gueyfier

dimanche 4 mars 2012, par Greg

Tao et Léo, deux prénoms qui sonnent comme un titre de livre ; deux jeunes garçons aux modes de vie bien différents : Tao et son lit superposé à trois étages qu’il partage avec ses sœurs dans un petit appartement, Léo qui se partage entre les maisons de ses parents divorcés. Devenus inséparables, les deux amis ne sont pas en reste quand il s’agit de se disputer l’attention des adultes et de la maitresse.

Si Léo se fait remarquer par ses soucis familiaux et ses bons résultats en classe, le nouvel An Chinois est l’occasion pour Tao de mettre en avant sa culture d’origine. Mme Chipote n’hésite pas en classe à aborder les différentes traditions religieuses et culturelles du monde pour « ouvrir en grand » l’esprit de ses élèves.

En abordant cette notion d’interculturel, inévitable dans le quartier Belleville à Paris, le roman pose la question de l’intégration des immigrés mais également de la place qui est faite aux cultures d’origines dans la société. Lampions rouges, danse du lion et rafales de pétards, la fête du Nouvel An Chinois bat son plein, mais elle est perturbée par l’arrestation des parents de Tao, travailleurs clandestins et sans-papiers. Ou plutôt, comme l’explique le père de Léo, ceux-ci n’ont pas les bons papiers pour rester en France. Tao est persuadé que l’arrestation est de sa faute car il a volé le petit lapin blanc de l’école, et cette culpabilisation l’empêche de comprendre les événements qui se déroulent autour de lui, créant des quiproquos dans le récit. Heureusement, une mobilisation solidaire se met en place au sein de l’école pour protéger les enfants et pour libérer les parents. C’est notamment Mme Chipote, femme de principe, qui mène cette action pour prouver que la police ne peut pas faire « tout ce qu’elle veut ».

Après la relaxe des parents, ceux-ci sont parrainés de manière officielle et républicaine en mairie afin d’éviter l’expulsion et faciliter l’obtention de papiers.

L’espoir est donc permis en cette année du Lapin dans le récit illustré de belle manière par Judith Gueyfier, avec un jeu sur les couleurs et les esquisses en noir et blanc au crayon. Les relations entre les personnages sont bien décrites, avec une épaisseur psychologique qui rend le récit crédible et intéressant.

S’inscrivant de manière cohérente dans la lignée éditoriale de Rue du Monde, ce petit roman pour les jeunes lecteurs de 8 ans et plus fait la part belle à la tolérance et à la France de toutes les couleurs.

Tao et Léo, Ingrid Thobois, Judith Gueyfier, Rue du monde, 2011.

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