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N’AUTRE École n°16 - été 2007-

Travailleuses et travailleurs de l’éducation ?

mercredi 4 juillet 2007

Alors que sortira ce numéro de N’Autre École, explorant la notion de « travailleur et travailleuse » de l’éducation, le ministère dressera sa table ronde sur la dérèglementation du métier - dont on devine que rien de bon ne devrait sortir - l’Icem aura tenu son congrès « Pédagogie Freinet et éducation du travail » et le GFEN publiera un numéro de sa revue intitulé Le travail, s’en affranchir ou le libérer ? (voir p. 10). On ne saurait croire à une coïncidence même si - on vous l’assure - personne ne s’est concerté ! On devine que les réponses proposées par les uns et les autres ne se recouperont pas forcément...

Bien avant d’être un sujet de bac philo ou un thème de campagne électorale, le travail, par lequel l’homme s’approprie et transforme le monde, éveille en chacun et chacune des images contradictoires de souffrance et d’émancipation, d’aliénation et de solidarité... Le travail dans l’éducation soulève par ailleurs également bien des questionnements qui lui sont propres. Nous avons tout d’abord tenu à rompre avec cette fausse image d’isolement, ce fameux « seul(e) dans sa classe ».

Ce dossier s’ouvre par un petit coup d’œil dans le rétro : 10 ans après la création de « la fédération CNT des travailleurs et travailleuses de l’éducation », nous voulions mettre l’accent sur le caractère éminemment collectif de notre travail, en dépit des barrières statutaires et corporatistes. À l’image du parti pris de notre revue, il ne sera pas ici question des seuls enseignants mais de tous ceux et toutes celles qui travaillent à l’école... et que l’école travaille !

Si l’acte d’apprendre aux autres est bien un métier, son statut demeure ambigu : artisanat diront les uns, profession quasi-libérale proposeront les autres, à moins que l’actuelle accélération du processus de marchandisation de l’école ne finisse par prolétariser le corps enseignant. Quelle définition - juridique, économique, politique, sociologique, pédagogique, réactionnaire, libérale... - prétendra embrasser dans sa totalité la complexité de cette activité bien particulière ?

La question est-elle vraiment là ? Une identité collective, ça se construit. Notion en devenir, en perpétuelle tension entre les visées parfois contradictoires d’une institution - engrenage qui relie et divise, imbrique et parcellise, concentre et écrase - la perception d’individus, gouttes d’huile ou grains de sable, aux parcours et aux projets divergents (où « le seule(e) dans sa classe » produit une (in)consience de classe), et l’action collective paradoxalement constitutive d’une profession que l’on dit, et qui se vit souvent, comme individualiste.

Au cœur d’une telle tension, tout peut se jouer, tout peut craquer, à chaque instant, momentanément ou définitivement. Les chemins que nous déblayons - ceux du travail partagé, du collectif, du pédagogique, du social et du militant - peuvent se refermer ou bien, le temps d’une discussion, d’une lecture ou d’une grève, nous ouvrir de nouvelles perspectives.

Ce numéro entend rappeler que plus la tension est forte, plus il y a de jeu et de je. Faisons de ce numéro un outil pour que « ça travaille » entre les rouages.

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