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Le travail en équipe : l’exemple d’une pratique de classe

dimanche 6 juin 2010, par Dubamix

N’autre école – Le travail d’équipe est au cœur de votre projet ; pouvez-vous nous dire concrètement comment cela se passe ?

Sylvain Hannebique [1] – L’équipe a été constituée par le biais d’un protocole entre l’IA du Nord et l’Icem régional avec l’appoint du laboratoire de recherche universitaire Théodile de Lille 3 (sciences de l’éducation sous la direction d’Yves Reuter, PU). Les membres de l’équipe (9 enseignants) sont tous membres du mouvement Freinet (Icem 59/62) et se sont engagés sur la base d’un projet d’école, sous couvert d’une éthique et d’une philosophie reprenant les principes de l’école moderne voulue par le mouvement Freinet. Un engagement premier de cinq ans a été demandé afin de permettre une continuité de l’action et une durée pérenne du projet. Nous nous sommes mis d’accord sur des principes politiques, éthiques, pédagogiques et éducatifs très précis.

Quelles activités construisez-vous ensemble ?

S.H. – L’école est gérée par le collectif enseignant. Le directeur est administrativement nommé selon les règles du mouvement. Mais à l’interne, nous partageons les tâches, le temps de décharge et la partie du salaire revenant normalement au directeur « officiel ». Chaque semaine, nous nous réunissons une heure pour la gestion coopérative de l’école, plus des réunions statutaires (conseils de maîtres, conseils d’école, animations). Les membres du groupe, quand ils le peuvent, assistent également aux réunions de co-formation du groupe régional Icem (environ un samedi toutes les six semaines et deux stages de trois jours pendant des vacances scolaires). La gestion des projets pédagogiques, éducatifs, les pratiques de classe sont partagées, échangées, discutées et mutualisées. Un conseil d’enfants de l’école existe également en parallèle à cette structure de gestion.

Échangez-vous à propos des activités d’enseignement individuelles (prof-élèves) ? S’agit-il d’une information ou de quelque chose qui se rapproche de l’analyse de pratiques ?

S.H. – Nous procédons à des comptes rendus de pratiques, à des « accueils » dans une classe expliquée par l’enseignant de celle-ci. Nous poursuivons ensuite par des analyses de pratiques (partagées avec une équipe universitaire) et à des constructions communes d’outils de classe.

Ces temps sont-ils institutionnalisés ?

S.H. – Il existe des temps institutionnalisés (hebdomadaires) et des temps librement choisis (mini stages et samedis de formation)

Tous les membres de l’équipe sont-ils tenus de fonctionner ainsi ?

S.H. – Oui, en ce qui concerne les temps institutionnels (protocole accepté avant nomination). Pour les autres temps, choix possible en fonction des disponibilités personnelles.

Des personnels non-enseignants (vie scolaire, entretien) y participent-ils ?

S.H. – Le personnel de vie scolaire y participe, ainsi que des personnes du mouvement Freinet désirant participer.

En gardez-vous trace ? Faites-vous des bilans de ces mises au point collectives ? Avez-vous quelquefois tiré profit d’un regard extérieur sur cet aspect de votre travail ?

S.H. – Nous gardons des traces qui sont retransmises sous forme de comptes rendus par mail (via une liste de diffusion interne). Des travaux peuvent aussi être communiqués à l’extérieur (Université, mouvement Freinet, journaux et rencontres de l’Icem). Nous avons tiré profit des regards extérieurs, tant des camarades de l’Icem que du laboratoire de recherche Théodile qui a travaillé sur l’école depuis 2001. Nous avons également eu des interventions dans des colloques (INRP, IUFM et Université) ou des réunions militantes (réseau Récit, congrès internationaux de l’Icem, etc.)

Notes

[1* Sylvain Hannebique est enseignant à l’école élémentaire publique Hélène Boucher de Mons-en-Baroeul (Nord).

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