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Le primat de l’économie

mercredi 17 avril 2013, par Greg

Par Philomène, N’Autre école.

Nul aujourd’hui ne doit ignorer les rouages dans lesquels se déploie son activité : la science économique. L’hégémonie de cette vision du monde se répercute dans l’enseignement et ce bref article
(de non spécialiste) souhaite simplement attirer l’attention sur quelques aspects de cet enseignement.

Tous les élèves de seconde se voient offrir, dans le monde merveilleux de l’enseignement public français, deux enseignements d’exploration « destinés à les sensibiliser à des matières qu’ils retrouveront en première et terminale et dans les études supérieures », pour préparer son orientation scolaire en connaissance de cause. Un des deux est forcément consacré à l’économie : Sciences économiques et sociales (SES), ou Principes fondamentaux de l’économie et de la gestion (PFEG).

SES ou PFEG

Dans ce choix entre « économie » ou « économie », on lit très nettement le partage entre le général et le technologique (PFEG, c’est pour observer les structures concrètes et proches des élèves, telles les entreprises ou les associations).

L’enseignement est d’ailleurs prodigué pour le premier par des titulaires du Capes de SES (« s » pour secondaire), pour l’autre par des titulaires du Capet économie-gestion (« t » pour technique). Ces deux « corps » entre lesquels la hiérarchie est perceptible (lors du mouvement des professeurs de SES, les capeTiens n’ont pas été les bienvenus) sont tous deux affectés par des réformes assez mal acceptées.

Il faut s’approcher des programmes pour saisir à quel point la novlangue du management et de l’économie abordée sous un certain angle est utilisée pour formater les jeunes. Et c’est en connaissant les recommandations pour les évaluations du bac que l’on mesure les dégâts.

Novlangue

Je laisse à chacun le soin de lire quelques manuels de SES, de PFEG, ou de STMG (ces derniers étant les plus suffoquant, rien qu’avec leur intitulé prétentieux et redondant) pour découvrir que la lorgnette avec laquelle, dans ces programmes, notre dépendance au capital est considérée n’est pas celle qui met en lumière la déshumanisation et la manipulation de toutes nos activités par l’argent, cette fiction.
L’optimisme commande de faire confiance à la solidité théorique et à l’honnêteté intellectuelle des enseignants, mais leur est-il possible de déjouer les contraintes des évaluations ? Ces dernières acculent les élèves à acquérir des caricatures de savoir et leur interdisent de faire des liens entre les disciplines.

Signalons, parmi les notions bâtardes du programme de STMG, celle d’acteur : il n’y a plus d’ouvriers d’usine, ni d’employés de bureau, ni même de salariés d’une entreprise, il y a désormais des acteurs d’organisation. Cette notion d’acteur, issue de la sociologie, est assénée sans référence. De même, les notions de données et de ressources (du domaine des « sciences » de l’information) n’ont pas été assimilées par les enseignants. De l’aveu de l’un d’entre eux, un formateur chargé de « conduire » la réforme qui transforme les STG en STMG, a déclaré : « vous allez devoir transmettre ce que vous ne savez pas » (mais il ne leur a pas conseillé la lecture du livre Le Maître ignorant de Rancière !).

Quelles valeurs ?

Nous savons qu’il y a des protestations, des résistances et des propositions contre l’entreprise regrettable qui consiste à formater les élèves (des professeurs de SES ont élaboré un anti-manuel à lire sur http://sesame.apses.org/). Nous savons que des économistes contestent les théories néoclassiques et marginalistes dominantes. Nous savons, avec Walter Benjamin, que nous vivons un monde d’ambiguïtés et de doubles significations. Nous souhaitons donc que ceux qui ont trouvé des parades dans le détail de leur pratique professionnelle nous en fassent part (pourquoi pas sur le site « questions de classe »). En effet, au-delà de la colère et du dégoût, pour ne pas rester impuissants, nous devons construire une riposte afin que les mots polysémiques ne soient pas confisqués dans leur pire sens par une prétendue « science ». Ainsi, le mot « valeur ». ■

Cité des Sciences : Forum 100 000 entrepreneurs

« Cherchez ce qui vous motive ! », « Il faut s’adapter pour aller plus loin. », « Ne faites pas deux fois la même erreur », « Chaque jour doit être une expérience ! » Voilà quelques conseils distillés par les entrepreneurs lors du forum 100 000 entrepreneurs organisé en partenariat avec Universcience le 12 octobre dernier. Durant deux heures, deux classes de 1ère STMG (sciences et technologies de la gestion) se sont confrontées aux réalités de l’entreprise grâce à des speed-meeting avec des professionnels qui ont partagé leur aventure entrepreneuriale. « C’est maintenant qu’il faut prendre votre avenir en main. Il n’y a que vous qui pouvez le faire et la Cité des métiers d’Universcience peut vous y aider », a déclaré Olivier Las Vergnas en ouverture du forum organisé en parallèle avec la Fête de la science 2012 !

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