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* L’évaluation en maternelle / témoignage

lundi 8 février 2010, par Greg

Je suis instit en maternelle. J’ai une classe de petits et de tout-petits. L’évaluation se fait dans trois directions : pour les enfants, pour leurs parents et pour moi-même.

La première évaluation se fait au jour le jour pour les enfants et avec eux. Elle prend la forme d’un fichier imagé, individuel et personnalisé qui permet à chaque enfant de savoir quelles sont les compétences qu’il a acquises dans tel ou tel domaine. Exemples : je sais dessiner un bonhomme, je sais partager un gâteau en quatre morceaux, je sais reconnaître mon prénom, je sais marcher en équilibre sur une poutre, etc. Chaque compétence est illustrée d’une photo en situation ou d’un dessin symbolisant l’activité. Ce sont les enfants eux-mêmes qui, avec mon aide, font des petites croix dans les cases correspondantes. Le but est de leur permettre de s’approprier les apprentissages, de mesurer leurs progrès de manière autonome. Je ne fais pas d’évaluations négatives. Par exemple, contrairement à certains collègues de maternelle, pas de petit dessin représentant un visage triste dans le cas d’une activité non réussie ! Je ne fais pas non plus d’évaluations comparatives et collectives. Par exemple, pas de tableaux à double entrée affichés au mur de la classe et montrant par exemple que tel ou tel enfant sait faire des puzzles de 4 pièces, que tel ou tel autre est passé à l’étape des puzzles de 6 pièces, etc. En effet, cet outil peut motiver certains enfants mais il peut aussi en décourager d’autres (sans compter qu’il peut devenir pernicieux s’il est vécu comme un classement, c’est à dire comme le résultat d’une compétition ou d’une course de vitesse).

Concernant l’évaluation des enfants en direction de leurs parents (obligation légale), je me contente d’une fiche d’évaluation comportant une vingtaine d’items tenant sur une page A4 et centrés sur les compétences transversales de l’enfant. Exemples : établit des relations avec les autres, affirme son autonomie, accepte la difficulté, fixe son attention, formule correctement une phrase, etc. Devant chaque item, j’inscris la mention "acquis" ou "en cours d’acquisition". Cette fiche est remise aux parents en fin d’année scolaire avec la pochette contenant l’ensemble des traces écrites produites par leur enfant au fil de l’année. Durant l’année, les parents ont la possibilité de consulter avec leur enfant le fichier imagé dont j’ai parlé ci-dessus et qui voyage deux fois par semaine entre l’école et la maison par l’intermédiaire du "cahier de vie" de l’enfant (cahier dans lequel sont collés les chansons, les compte-rendus de sorties, de spectacles auxquels la classe a assisté, la carte d’anniversaire envoyée par la mamie, l’ordonnance du médecin, la photo du petit frère, la feuille morte ramassée avec papa ou maman sur le chemin de l’école, etc.). Bref, pas d’évaluation écrite par champ disciplinaire (pour cela, je préfère dire les choses oralement lors d’un rendez-vous en face-à-face).

Concernant l’évaluation des enfants que je fais pour moi-même, c’est ma cuisine interne. Cela me permet de voir où j’en suis dans l’organisation de mon travail, de savoir quels sont les enfants qui ont besoin d’un coup de pouce dans tel ou tel domaine, etc.

Enfin, toutes ces évaluations se font au fur et à mesure à travers les activités de la classe et dans le cadre de l’emploi du temps habituel. Pas de séances spéciales bloquées sur une semaine (dans le font certains collègues), ni même sur une journée ou une demi-journée !

Eric D. (CNT-SSEC 59/62)

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