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Korczak chez Rue du Monde

dimanche 9 décembre 2012, par Greg

Les éditions Rue du monde (voir l’entretien accordé par Alain Serres à la revue) ambitionnent de proposer des livres « intelligents » et de qualité.
Nouvelle démonstration avec ces deux ouvrages autour de la figure du pédagogue polonais Korczak dont c’est « l’année » officielle (il disparut en 1942, avec les enfants de son orphelinat du ghetto de Varsovie, tous envoyés en déportation à Tréblinka, il y a 70 ans).

Le premier - Korczak, pour que vivent les enfants, publié dans la collection "Grands portraits" - est une biographie signée Philippe Meirieu et illustrée par Zep, un bel album qui replace l’itinéraire du « bon docteur » dans son époque et nous permet de saisir tout ce qui peut éloigner cet infatigable militant pédagogue de la mièvrerie à laquelle on associe parfois les Droits de l’enfant... Comme à son habitude, Pef nous livre des dessins somptueux au service d’un parcours exemplaire.

Mais Korczak était aussi un talentueux écrivain, auteur de nombreux ouvrages pour la jeunesse. Avec Le Journal de Blumka – où se retrouvent à la fois cette passion pour la littérature à destination des enfants et le genre du journal qu’il pratiqua jusqu’à ses derniers moments – Iwona Chmielewska a voulu lui rendre un hommage en utilisant des extraits de ses textes pour imaginer ce qu’aurait pu écrire une petite fille recueillie dans l’orphelinat de la rue Krochmalna, à Varsovie. Cette série de portraits, de rencontres, de moments du quotidien nous font vivre des instants précieux de cette aventure pédagogique, sans jamais occulter ce que les rapports entre les enfants peuvent avoir de douloureux et de difficiles mais aussi parfois de « magiques » : Hanna griffait tout le monde à son arrivée et refusait de travailler, Szymek était un garnement mais il a remporté le concours d’épluchage d’oignons, Reginka a été très malade, mais c’est la lectrice numéro un de tout l’orphelinat...
La simplicité du texte, la justesse du propos (inspiré de la prose de Korczak qui savait si bien écouter, observer et restituer ce dont il était témoin) frappe juste, tout comme l’épure des illustrations. Un vrai coup de coeur. (GC)

Korczak : pour que vivent les enfants, Philippe Meirieu, Pef, Rue du Monde, 2012, 46 p., 17, 50 €.

Le journal de Blumka, Iwona Chmielewska, Lydia Waleryszak (Traducteur), Alain Serres (Préfacier), Rue du Monde, 2012, 69 p., 17 €.

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