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DE RETOUR DE GRÈVES : grève des Biatoss à Tolbiac

vendredi 14 janvier 2011, par Greg

La grève a démarré à Tolbiac le lendemain du 12 octobre, c’est à dire à peu près au point culminant du mouvement national. Jusque là, la participation avait été forte pour les journées nationales de grève mais avec peu de monde dans AG. Pourtant, les discussions laissaient présager une montée lente mais manifeste de l’envie de faire quelque chose dans un petit milieu qui se radicalisait.

Le 11 octobre, pour la première fois, l’AG a réunit plus de collègues que d’habitude mais les discussions y ont été un peu compliquées, avec un discours très démobilisateur d’une partie des syndicalistes enseignants et une frustration importante des quelques Biatoss plus radicalisés présent mais n’arrivant pas à faire face pour l’exprimer vraiment.
La véritable nouveauté est arrivée le 12 avec la conjonction de deux éléments, le vote du blocage de la fac par la première AG étudiante vraiment nombreuse et le gros succès de la journée nationale de manifestation. Quelques collègues ont décidé de saisir l’occasion et de tenter une AG de personnels Biatoss pour le lendemain avec un tract un peu improvisé, sans signatures syndicales, distribué le mercredi matin sur les points de blocages étudiants.

Cette initiative a été un vrai succès : l’AG a réuni une cinquantaine de collègues sur environ 300 biatoss sur le site, du pas vu depuis très longtemps à Tolbiac. La discussion s’est engagée sur une tonalité très différente de la veille puisque, sans que cela ait été ni appelé ni vraiment anticipé par quiconque, l’AG a voté la grève à l’unanimité moins une abstention.

Le lendemain, la grève a été confirmée par une AG un peu plus nombreuse (60 participants). Le problème du mouvement devenait alors l’extension vers les autres sites de l’université et en particulier le site de Panthéon, siège de la présidence et principal centre administratif. C’est ce que les grévistes ont tenté en organisant des tournée systématique des bureaux sur l’ensemble des sites pendant le reste de la semaine et une une AG au Panthéon pour le lundi.
Cette AG a marqué le point culminant du mouvement mais en l’absence de noyau déterminé sur place et face à l’hostilité d’une partie des organisations syndicale, la dynamique n’était pas suffisante pour que la grève s’étende concrètement. Après une deuxième semaine de grève, le mouvement national commençant à marquer le pas, les grévistes ont voté à l’unanimité le vendredi suivant la suspension du mouvement.
Le caractère très frappant de ce mouvement a été de bout en bout son caractère très collectif et auto-organisé. La grève a été véritablement décidée et conduite par un gros noyau d’une trentaine de grévistes. La seule organisation syndicale présente dans la grève était la section SNASUB-FSU, les autres forces ayant été soit absentes soit hostiles à la grève reconductible malgré les tentatives unitaires répétées des AG. Très vite, le mouvement a été pris en charge très largement par les grévistes eux-même. Sur l’ensemble des AG presque quotidiennes pendant deux semaines, tou-te-s ont à un moment ou à un autre pris la parole et ont porté des décisions prises collectivement, au consensus la plupart du temps. Cet aspect a marqué tout le monde et été pas mal discuté pendant tout le mouvement. Il se continue sous la forme d’un collectif des biatoss de Paris 1 où se retrouve une vingtaine de collègues du noyau des grévistes.

A la toute petite échelle de Tolbiac, c’est un acquis prometteur pour la suite. La grève a permis de redonner une dynamique d’organisation et de mobilisation sur des bases radicales et en dehors des cadres institutionnels du syndicalisme universitaire traditionnel, un esprit qui n’existait plus du tout à Paris 1. Elle a été l’occasion de renouer des liens avec les militant-e-s étudiant-e-s dans les manifestations, les actions ou les AG communes. Même s’il n’a pas été possible d’étendre le mouvement au delà de Tolbiac, des contacts ont été pris pour préparer la prochaine, sur les autres sites de Paris 1 comme dans les universités voisines. ■

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