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1 - Célestin Freinet !

lundi 16 juillet 2012, par Greg

Suite à notre appel à contribution sur les "livres essentiels sur l’école" nous vous proposons ici le "classement" des titres proposés par nos lecteurs...

Largement plébiscitées, les oeuvres de Célestin Freinet reviennent dans la plupart des suggestions, surtout si on leur ajoute tous les titres qui touchent la pédagogie coopérative, avec un titre qui se détache très nettement : Le Maître qui apprenait aux enfants à grandir de Jean Le Gal

- Jean Le Gal, Le Maître qui apprenait aux enfants à grandir

Qui aurait pu imaginer que cet enfant, né au fin fond de la Bretagne, d’un milieu pauvre et analphabète, allait devenir un instituteur militant engagé ainsi qu’un chercheur reconnu dans le monde de l’enseignement et des droits de l’enfant ? La destinée hors du commun de Jean Le Gal nous montre qu’à nul enfant, à nul homme, rien n’est impossible. C’est entre XXe et XXIe siècle que nous suivons ici la trajectoire individuelle d’un homme au cœur d’une aventure collective, celle du mouvement Freinet. Nous y partageons de manière directe son cheminement personnel et professionnel au cours des évènements politiques du siècle : la naissance d’un militant, ses premiers pas en pédagogie Freinet, son engagement dans l’Ecole Moderne, une coopération intime avec Elise et Célestin Freinet,... Son travail inlassable pour la reconnaissance des droits de l’enfant et la recherche d’une organisation démocratique au sein de l’école s’impose, tant en France qu’au niveau international. L’enjeu fondamental au cœur de cette aventure humaine repose sur l’enfant, le jeune, dans une perspective d’homme autonome et apte à prendre sa vie en main, d’homme libre et responsable, d’homme apte à agir en coopération.
L’école de demain ne peut être qu’une école laïque, populaire, moderne et libératrice. C’est à travers ses multiples expériences et engagements que Jean Le Gal nous fait vivre son parcours de la classe coopérative jusqu’à son aventure autogestionnaire dans laquelle nous pouvons resituer la dimension d’éducation sociale et politique de la pédagogie Freinet. Cette destinée, à la fois individuelle et collective, ouvre des portes essentielles pour repenser l’éducation, l’Ecole de demain dans un objectif d’émancipation et de formation de futurs citoyens critiques et responsables.

- Sous la direction d’Yves Reuter, Une école Freinet : Fonctionnements et effets d’une pédagogie alternative en milieu populaire

Etude universitaire sur une école appliquant la pédagogie de Célestin Freinet (on ne cesse de considérer comme expérimentales ou nouvelles toutes sortes de pédagogies..), l’étude a été menée sur cinq ans à Mons-en-Barœul (Nord), dans une école située dans un réseau d’éducation prioritaire qui pratique les méthodes Freinet de la maternelle au CM2. Le collectif de chercheurs était composé de spécialistes en éducation : une sociologue, deux psychologues, huit didacticiens. L’ouvrage décrit les pratiques des enseignants et leur travail d’équipe tant sur le plan des apprentissages disciplinaires que sur les questions liées à ces apprentissages : rapport au travail, rapport au savoir, lien famille-école, comportement ; la lutte contre l’échec scolaire passe en effet par une prise en charge des enfants en souffrance et la construction en commun de normes visant à réduire les violences de toute sorte.


- Luc Bruliard, Le mouvement Freinet : Des origines aux années quatre-vingt

Le mouvement Freinet est le seul parmi les mouvements pédagogiques à ne pas encore disposer d’une véritable recherche sur son histoire. Il existe, certes, de nombreux travaux concernant des aspects historiques particuliers ou des outils et techniques pédagogiques. Mais il manquait une vue d’ensemble de cette question. Un bref rappel de l’oeuvre de C. Freinet permet de comprendre l’impulsion qu’il a donnée à un mouvement d’enseignants qui perdure encore. A partir d’un ancrage syndical révolutionnaire, le mouvement Freinet emprunte des techniques et procédés pédagogiques au mouvement international des réformes pédagogiques. Il s’appuie également, non sans difficultés, sur l’évolution des Sciences Humaines. Les débats, controverses et conflits qui émaillent son histoire montrent non seulement l’impact pédagogique mais aussi les enjeux éminemment politiques que cette minorité agissante fait émerger dans le paysage éducatif.

- Bernard Collot, L’école du 3ème type ou la pédagogie de la mouche

L’école du le, type était celle avec ses niveaux homogènes, ses rangées d’élèves, un maître maîtrisant emploi du temps et progressions, des élèves exécutant le plus exactement possible des consignes. L’école du second type est celle des méthodes dites actives. Les élèves y sont moins passifs, le maître fait appel à leur motivation, cherche par tous les moyens à rattacher son enseignement à la réalité. Mais l’enseignant en reste le véritable acteur. Dans l’école du 3e type, c’est la présence des enfants dans un groupe et dans un environnement réels qui entraîne les processus d’apprentissages et la construction des langages. Ce n’est plus l’enseignant qui déclenche les processus. C’est alors une approche totalement différente de l’acte éducatif et de l’école que l’auteur explicite dans cet ouvrage à partir de 37 années de pratiques et de réflexion en classe unique rurale où il a pu approcher, dans cette école du 3e type, les perspectives de Yvan Illich (une société sans école) ou de Michel Serres (la société pédagogique)

- Paul Le Bohec, L’école réparatrice de destins ? Sur les pas de la méthode Freinet

C’est à la fois une autobiographie et une réflexion sur l’autobiographie. Le livre suit le fil chronologique de la longue carrière d’instituteur adjoint, ses débuts à Gevezé en Île et Vilaine en 1941, sa rencontre quasi fortuite avec les idées de Freinet, son épanouissement et son émancipation à Trégastel pendant vingt ans, son parcours de militant atypique du mouvement de l’école moderne, son retour à Rennes dans les années soixante-dix comme enseignant à l’IUT « carrières sociales ». Il se termine par une série de chapitres qui rendent compte des liens, de l’activité et de la correspondance intense qu’il entretient depuis son départ à la retraite. Mais ce fil chronologique est constamment lâché quand l’évocation d’un événement appelle un souvenir, suscite une association ou une proposition. Le récit de vie professionnelle qui s’en dégage fait entrer le lecteur dans la complexité. Les événements biographiques liés à l’enfance, au mariage, au contexte historique et politique (l’occupation, mai 1968), aux mutations d’une école à l’autre, interviennent dans le récit sans pour autant procéder de l’illusion biographique. Entre hasard et nécessité, le « destin » de Paul Le Bohec échappe aux déterminismes, « personne, écrit-il, ne peut lui indiquer son chemin parce qu’il n’y a pas de chemin préalablement dessiné ». (d’après la note de Yannick Mével dans les Cahiers pédagogiques)

- Guy Goupil, Comprendre la Pédagogie Freinet ; Genèse d’une pédagogie évolutive

En reconstituant le processus de recherche et de réflexion qui a porté Célestin Freinet dans la mise en œuvre de ses pratiques pédagogiques, voici un ouvrage qui permet d’entrer simplement dans la pédagogie Freinet.
Avec un objectif, une ligne de mire : permettre à tous les enfants de s’approprier les savoirs, même ceux qui leur étaient jusque-là confisqués, afin de ne pas éteindre le désir, la soif d’apprendre et de pouvoir les relier aux hommes et au monde.
Guy Goupil nous rappelle que Freinet a su utiliser les techniques de son époque. Mais qu’à la différence des « pédagogies nouvelles » qui restaient figées dans l’utilisation seule des techniques, Célestin Freinet les mit à la disposition des enseignants et des enfants dans un véritable processus d’émancipation et d’appropriation des savoirs.
Cet ouvrage nous apporte des données historiques qui éclairent la naissance du mouvement Freinet, premier mouvement d’échanges pédagogiques et d’entraide entre enseignants. Il retrace également l’origine de l’aventure documentaire et celle de la diffusion des pratiques. Il nous rappelle aussi les principes de la coopérative d’une classe Freinet, qui dépasse largement celle d’une coopérative « tirelire » en participant à l’organisation de la classe qu’elle soit productrice, consommatrice ou créatrice.
Un pont qui nous bascule au « pourquoi comment » de la pédagogie Freinet aujourd’hui !

- Collectif, sous la direction d’Ahmed Lamihi, Freinet et l’Ecole moderne

Qui est Célestin Freinet ? Qu’est-ce que la pédagogie Freinet de l’École moderne ? En quoi consiste l’originalité de cette pédagogie ? Quelle est son actualité aujourd’hui ?
« Freinet et l’école moderne » Les libertaires ont longtemps eut un rapport tout de désenchantement avec Freinet. Au quotidien, sur l’essentiel du quotidien, ça n’était jamais vraiment problème car l’imprimerie a l’école, la coopération, la vie comme objet et comme sujet d’étude, la construction de savoirs, l’apprentissage d’une certaine citoyenneté... ça ne pouvait que faire consensus sur le fond, sur la volonté de Freinet de mettre en œuvre les moyens politiques et pédagogiques d’une authentique école prolétarienne ou du peuple, c’était du pareil au même. Restait l’entre deux, l’engagement de Freinet dans le camp stalinien et dans la foulée du divorce, le missionariat techniciste. Et ça, c’est peu dire que ça posait problème tant il est vrai que le stalinisme comme mère du fascisme rouge et le technicisme comme porte ouverte au réformisme ne pouvaient qu’hypothéquer le fond et la forme d’une école et d’une éducation libertaire. Tout cela c’était il y a encore quelques années.Aujourd’hui, les uns et les autres n’ayant pas réussi à mordre sur le réel, le mouvement Freinet ayant amorcé un retour aux sources et au sens premier de son pourquoi (la fondation d’une école prolétarienne ou du peuple), les différents mouvements pédagogiques issus de Freinet ayant aux trois quarts succombé au baiser de la mort réformiste ; les libertaires ayant endossé le bleu de chauffe de la confrontation au réel, le capitalisme ayant échoué dans sa prétention éducationiste... le dialogue semble enfin possible. Une école du peuple, prolétarienne, oui ! Des expérimentations de tous ordres (à l’intérieur de l’institution dominante comme à l’extérieur) où l’on conjugue le temps rare de l’égalité des chances scolaires au temps au moins aussi rare du désir et du plaisir de l’enfant... oui ! La volonté d’aboutir à et aux moyens d’un authentique service public, laïque et gratuit d’enseignement et d’éducation... oui ! L’évidence de situer ce combat dans un combat plus large en termes de mouvements sociaux et de révolution sociale... Oui ! Oui, oui, oui ! Aujourd’hui, l’école comme la société sont aux bord de la guerre civile. Le mouvement Freinet comme un certain nombre de mouvements pédagogiques qui en sont issus et comme les libertaires, sont en train de prendre conscience, et de la situation et de la similarité de leur démarche fondamentale, et de l’opérance de leurs réponses. Ce livre collectif en témoigne. Il nous conte Célestin Freinet, la pédagogie de l’école moderne, son originalité, son actualité. Il confronte. Il interpelle. Il tend la main. Il lance des passerelles. Il est autant plein de certitudes que de doutes et ce faisant, il déborde d’espoirs.Lisez ce livre. Lisez l’introduction d’Ahmed Lamihi, le texte de Raymond Fonvieille sur l’origine des contenus, celui de Lourau sur la culture technique, celui d’encore Raymond Fonvieille sur Deligny (magnifique), celui de Jean Pierre Caro sur Freinet et Ferrer (fabuleux), celui de... Lisez tous les textes de ce livre. Ca vaut franchement le jus !Jadis j’ai eu la dent dure avec les camarades de Freinet. Je ne renie rien de cela. Mais les temps et les gens changent. Freinet a changé. Les libertaires aussi et ce n’est pas un hasard si l’école libertaire Bonaventure fait aujourd’hui partie du mouvement Freinet. C’est bien connu, ceux qui ne sont pas libertaires a vingt ans sont des imbéciles. Et ceux qui le sont encore à quarante... dérangeront toujours ceux qui n’auront jamais vingt ans.Sérieusement, lisez ce bouquin, il est top.Et un grand merci à ce vieux bougre d’Yvan Davy de l’avoir édité. (Jean-Marc Raynaud)

Henri-Louis GO Freinet à Vence essai d’une reconstruction de la forme scolaire

Cet ouvrage délivre le sens anthropologique et politique de l’école Freinet de Vence en visant une possible reconstruction de la « forme scolaire ». Par-delà la contingence des faits, l’enquête identifie les contraintes auxquelles satisfait l’institution « École Freinet de Vence » qui est l’objet de l’étude, dans son mouvement de recherche de pratiques réservant la part d’enfance des élèves. Lisant ce livre, nous assistons en direct à la production d’un sens institué. La multiplicité des institutions qui structurent la vie de l’école montre constamment et à quel point cette organisation minutieuse nous tient très loin des idéologies de la « non-directivité », ou de la pédagogie dite « institutionnelle ». L’auteur engage également la critique contre les conceptions si courantes, et à vrai dire dominantes, qui présupposent une sorte de « fonds secret » et « authentique » chez l’enfant. Nul doute que le regard ethnographique ne révèle ici des traits qui resteraient inaperçus pour d’autres types d’analyses. Cet effort constitue une nouveauté méthodologique, dans laquelle la variété et la pertinence des dispositifs de description (narrations extraites du Journal de recherche, entretiens, transcriptions, mais aussi photographies’ produisent un réel effet synoptique, pour reprendre le mot et le concept de Wittgenstein. Cette enquête montre enfin la pertinence générique de certains concepts didactiques. Elle pose la question vitale, pour une institution d’éducation : de quoi instruit-on les élèves ? La recherche théorique ici engagée devrait se poursuivre dans d’autres lieux où de l’imaginaire incarné a pu produire de nouvelles formes institutionnelles scolaires.

Le texte libre mathématique, Paul Le Bohec, Ed.

Une journée dans une classe coopérative, René Laffitte, Matrice, 1997

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