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  • Détenus de Marrakech ou le retour des années de plomb

lundi 25 août 2008, par S.I.

"J’ai subi les pires tortures physiques et morales pendant cinq jours. J’ai été menacé de viol à plusieurs reprises. Il m’ont déshabillé et laissée toute nue pendant plusieurs jours, gisant dans mon sang. J’ai été baillonnée, menottée et suspendue la tête en bas plusieurs fois. Et à chaque fois que j’étais interrogée, ils me prenaient chacun par un bras et tiraient de toutes leurs forces. Nous sommes restés sans eau, sans nourriture pendant tout le temps de notre détention. Voyant que je refusais de répondre à leurs questions, ils ont ramené mon frère et menacé de le violer devant moi. J’ai eu des déchirures à l’épaule, ma jambe et mon bras droit sont restés paralysés pendant plusieurs jours, je n’arrivais pas à marcher et en dépit de cela, ils continuaient à me torturer en me traitant de tous les noms, m’humiliant de différentes manières".

Ce témoignage est un des nombreux témoignages des torturés rappelant par cette sinistre réalité qu’au Maroc le temps des "années de plomb" de Hassan II n’est pas si loin.

La jeune fille qui témoigne s’appelle Zahra Boudkour. Elle est la leadeuse de la révolte étudiante de Marrakech. Les faits qu’elle raconte remontent au 14 mai dernier quand la Police anti-émeute, après être intervenue sur le campus de Marrakech avait emprisonné des dizaines d’étudiant-es en colère. Des procès expéditifs avaient condamné à de la prison ferme (un an) sept d’entres eux. Depuis, ces mêmes étudiants emprisonnés sont en grève de la faim dans la prison de Marrakech et revendiquent une amélioration de leurs conditions de détention.

Le mouvement était né au printemps dernier. Les étudiants mobilisés revendiquaient entres autres :
- le respect de la liberté syndicale sur les campus marocains ;
- la revalorisation des bourses de 1500 dirhams (150 euros) ;
- la gratuité des repas et des transports pour les étudiants issus des classes les plus populaires.

Le Secrétariat International (SI) de la CNT dénonce la répression dont sont victimes les étudiants de Marrakech et a appuyé la pétition internationale qui demande la libération des sept étudiant-es incarcéré-es (www.cnt-f/international).

Un coup contre l’un d’entres nous est un coup contre nous tous ! Solidarité internationale !

Jérémie B. pour le SI de la CNT.