Secrétariat international de la CNT

Tunisie : malgré l’arrêt de la grève des étudiants, la tension persiste

Publié le mercredi 8 avril 2009

Après l'arrêt
le 10 avril de la grève de la faim entamée le 11 février par 5 étudiants, Mohamed
Soudani, Aymen Jaabiri, Taoufik
Louati, Mohamed Bouallegue et Ali Bouzouazia, la pression
n'est pas retombée. Au contraire, la police a de nouveau interdit la tenue du
Congrès
de l'union générale des étudiants tunisiens (UGET), le 10 et 11 avril dernier.

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Les grévistes étaient en danger de mort,
après 58 jours de grève. Dans la journée
du 20 mars, deux des grévistes avaient été transportés aux urgences (saignements
internes, coma hypoglycémique). Ils présentaient tous un état de
déshydratation, des troubles de la vision et des douleurs musculaires
importantes.

Ces
étudiants protestent contre leur exclusion des universités de Tunisie et
exigent leur réintégration. Une situation dont le gouvernement est totalement
responsable, poussant ces jeunes au désespoir par son intransigeance et son
autisme. Comme partout en Tunisie, les libertés syndicales,
d'opinion et d'expression au sein de l'université sont placées sous haute
surveillance policière.

Avec la création de la police universitaire en 1987,
des postes ont été installés dans chaque établissement pour contrôler les
étudiants. L'an passé, le régime a empêché la tenue du 25ème congrès de l'UGET,
en avril, puis en août afin d'étouffer toute forme d'organisation syndicale
étudiante autonome. Dans le collimateur du régime de Ben Ali, les militants de
l'UGET font l'objet d'intimidations et de harcèlements systématiques.

Ces
dernières années, plus de vingt d'entre eux ont été définitivement exclus de
l'Université
après avoir participé et animé des meetings, des grèves et d'autres formes de
protestation à l'université, plusieurs militants de l'UGET ont été victimes de
procès d'opinion et condamnés à des peines de prison ferme.

13 étudiants
doivent comparaître devant des conseils de discipline, à la suite de la grève
générale à laquelle l'UGET avait appelée le 26 février dernier. Le secrétaire
général du syndicat étudiant et deux des cinq grévistes de la faim sont
actuellement poursuivis. Ils devaient être jugés dans les prochaines semaines.

A
leur côté, nous exigeons : la
réintégration des grévistes de la faim et de tous les étudiants exclus en
raison de leurs activités syndicales, la libération des étudiants condamnés
pour leur opinion et pour engagement syndical, le respect du droit de l'UGET à
tenir son congrès en toute indépendance et la garantie des libertés syndicales
au sein des universités.

DUSLAM du SI de la CNT pour le Collectif Maghreb
solidarité

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