Secrétariat international de la CNT

Tunisie : Libération des prisonniers du bassin de Gafsa

Publié le samedi 14 novembre 2009

La résistance des détenus, des femmes et des familles, la solidarité
et la mobilisation nationale et internationale ont eu raison de
l'arbitraire.

C'est avec joie et satisfaction que le Comité pour le Respect des
Libertés et des Droits de l'Homme en Tunisie (CRLDHT) vient
d'apprendre la libération de tous les prisonniers du bassin minier de
Redeyef-Gafsa en vertu d'une grâce présidentielle non amnistiante.

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Cette libération est l'heureux aboutissement d'une forte solidarité et
mobilisation ininterrompue, nationale et internationale, en faveur des
personnes emprisonnées depuis le mois de juin 2008 à la suite du
soulèvement qu'a connu la région durant tout le premier semestre 2008.

Le CRLDHT se réjouit d'autant plus que les condamnations (avec leur
cortège de peines extrêmement lourdes) prononcées à l'encontre des
animateurs du mouvement social du bassin minier de Gafsa/Redayef,
l'ont été à la suite de procès des plus inéquitables au cours desquels
les avocats de la défense ont clairement démontré l'irrégularité de la
procédure, le recours systématique à la torture, le non-fondé des
accusations, etc.

Cette libération vient mettre un terme à une longue souffrance
collective, non seulement celle des détenus et de leurs familles, mais
aussi celle de toute une ville (Redayef) endeuillée depuis que les
leurs ont été éparpillés dans différentes prisons tunisiennes, où ils
n'ont eu de cesse de subir des traitements inhumains et dégradants…

Cependant, nous ne serons vraiment en mesure de nous réjouir que si
les poursuites à l'encontre, notamment, de Fahem BOUKEDDOUS et
Mohieddine CHERBIB (membre fondateur du CRLDHT et Président de la
FTCR-Fédération des Tunisiens pour une citoyenneté des deux rives),
tous deux condamnés « par contumace », sont définitivement
abandonnées !

Le CRLDHT exprime ses vives et chaleureuse félicitations à Adnane,
Bachir, et leurs anciens codétenus ainsi qu'à toutes les familles,
pour cette liberté recouvrée, tout en exigeant des autorités leur
rétablissement dans tous leurs droits civils et politiques et leur
réintégration immédiate dans le travail.

Le CRLDHT exige, en outre, l'indemnisation de toutes les personnes
libérées pour avoir été détenues arbitrairement, dans des conditions
inhumaines, pendant plus d'un an.

Le CRLDHT demande instamment aux autorités d'enquêter sans délai (via
une commission « Vérité », indépendante et impartiale) sur les abus
d'autorité, sur les décès de Hafnaoui MAGHZAOUI, de Hichem BENJEDDOU
et d'Abdelkhalek AMAIDI, sur la torture et autres traitements
inhumains ou dégradants, commis par la machine policière de l'État et ses fonctionnaires.

Il rappelle, d'autre part, que les graves problèmes socio-économiques,
environnementaux, et politiques, ne peuvent en aucun cas être résolus par une répression croissante ; qu'il est grand temps que les
autorités comprennent qu'en dehors des solutions politiques, il
n'existe pas de réelle alternative à la situation de blocage
désastreux que connait notre pays. Le premier pas véritable, dans ce
sens, serait (on ne le répètera jamais assez) la promulgation d'une
loi d'amnistie générale, qui verrait tous les prisonniers politiques
et d'opinion (notamment Dr CHOUROU, Tawfik BEN BRIK, Zouhir MAKHLOUF),
recouvrir pleinement leur liberté citoyenne.

Le CRLDHT rend un hommage au combat courageux et pacifique des
détenus, à la résistance de leurs familles, notamment les femmes,
épouses et mères…ainsi qu'à l'engagement actif et permanent des
avocats et des syndicalistes à leurs cotés.

Enfin, le CRLDHT, tient à féliciter toutes les personnes, associations et organisations nationales (à la tête desquelles le Comité national
de soutien aux populations du bassin minier) et internationales de
défense des droits de l'homme, partis politiques, organisations
syndicales, députés français, européens… qui ont pris activement part
à la campagne nationale et internationale de solidarité avec les
détenus de Redayef /Gafsa, et leur demande de redoubler de vigilance à
l'égard du traitement qui sera réservé aux personnes libérées.


Paris, le 5 novembre 2009

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