Secrétariat international de la CNT

Tunisie : Halte à la répression contre les étudiant-es de l’UGET

Publié le vendredi 16 avril 2010

Dans le cadre de l'intérêt particulier qu'il accorde à la cause de la
jeunesse
étudiante militante, le Comité pour le Respect des Libertés et des Droits
de l'Homme
en Tunisie (CRLDHT), en association avec : le Réseau Euro-méditerranéen
des Droits
de l'Homme (REMDH), et la Fédération des Tunisiens pour une Citoyenneté
des deux
Rives (FTCR), a donné mandat à Maître Houcine BARDI (Avocat au Barreau de
Paris),
pour accomplir une mission d'observation judiciaire, dans le cadre du
procès en
appel intenté contre les 20 militants de l'Union Générale des Étudiants de
Tunisie
(UGET) dans les affaires N° 6920 ; 6921 ; 6922, qui a eu lieu le samedi 10
avril
2010 devant la Cour d'Appel de Tunis.

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Les faits se trouvant à l'origine de cette affaire remontent au mois
d'octobre 2009,
lorsque 180 étudiantes, inscrites dans des universités de la capitale, et
venant
pour la plupart des villes du sud de la Tunisie, avaient été « déboutées »
de leur
demande de logements dans les résidences universitaires.

S'étant
retrouvées sans
abri et dans une précarité extrême, les empêchant de suivre dans des
conditions
normales (et dignes) leurs cours, les étudiantes (se disant victimes de
discriminations injustifiées, et de népotisme…), soutenues par l'Union
Générale des
Étudiants de Tunisie (UGET — syndicats étudiant reconnu par le pouvoir
tunisien),
avaient décidé de mener une action collective afin d'attirer l'attention des
autorités sur leur cas. Un sit-in a, alors, été organisé dans une résidence
universitaire de la banlieue tunisienne (AL BASSATINE à la MANNOUBA), qui
a duré
presque trois semaines. Le 1er novembre 2009, la police est intervenue
brutalement
pour mettre fin à cette action et interpellé un grand nombre de
d'étudiant(e)s, à
qui il sera, ultérieurement, reproché quatre principaux chefs d'inculpation :

- L'entrave à la liberté de travail

- Le vol simple

- Le tapage

- La dégradation du bien d'autrui

Lors d'un procès chaotique et inéquitable en première instance (notamment
l'audience
du 14 décembre 2009 au cours de laquelle les étudiants, voire même
certains avocats,
avaient été violentés par les forces de police…), les étudiant(e)s
s'étaient vus
infliger —le 21 décembre 2009— des peines extrêmement lourdes allant de un
an à
trois ans d'emprisonnement (avec mandats de dépôts pour 11 d'entre eux).

Après plusieurs mois d'attente d'une fixation de date d'audience, la Cour
d'appel de
Tunis avait « daigné » retenir le samedi 10 avril 2010 pour examiner le
double appel
interjeté et par les « prévenus » et par le ministère public. C'est donc
les 20
étudiants, y compris ceux qui avaient bénéficié d'un non-lieu en première
instance,
qui ont dû comparaître devant leurs seconds juges.

Il s'agissait d'une audience de renvoi au cours de laquelle les avocats de la
défense avaient sollicité le report et la remise en liberté conditionnelle
des
étudiants placés en détention « préventive ». La cour a rejeté (ce n'était
que fort
prévisible !) cette seconde demande, et renvoyé l'affaire pour être
plaidée le
samedi 17 avril 2010.

Force est de constater que, comme à chaque procès politique ou d'opinion,
la cour
d'appel s'était quasiment transformée en une « caserne », tant la présence
policière
était forte et ostensible.

Le recours à la brutalité policière (devenu malheureusement coutumier…) pour
disperser le rassemblement pacifique improvisé par les étudiants interdits
d'accès à
la cour, avec son cortège habituel de blessés (deux étudiants avaient été
transportés à l'hôpital), révèle une fois de plus l'intransigeance
maladive et
l'intolérance autoritaire des autorités qui, tout en déclarant officiellement
l'année 2010 « ANNÉE DE LA JEUNESSE », n'hésitent pas à réprimer, de la
manière la
plus cruelle, une partie de cette même jeunesse qui ose crier sa détresse et
revendiquer ses droits les plus légitimes.

La violence illégitime à la fois policière et symbolique dont se trouvent
être
victimes les étudiants de l'UGET, trahit une sorte de « schizophrénie »
patente du
régime tunisien qui place, d'un coté, la jeunesse « bien rangée » sur un
piédestal,
et, d'un autre côté, la jeunesse contestataire, « non-conformiste », (et
non-conforme à la « bienpensance » RCDiste) en dessous terre dans les
geôles !

Le CRLDHT exprime aux étudiants de l'UGET son entier soutien à leurs
revendications
légitimes concernant :

Le droit au logement pour les étudiant(e)s notamment défavorisé(e)s

Le droit à l'étude dans des conditions dignes

Le droit syndical et la liberté de réunion et d'expression

Il condamne la répression, à la fois policière et politico-judiciaire,
dont ils sont
victimes ;

Il dénonce, une fois de plus, l'instrumentalisation de la justice « 
servile » (par
le pouvoir) dans le règlement des conflits politiques, syndicaux et sociaux ;

Exige des autorités la libération immédiate des étudiants emprisonnés et leur
indemnisation pour les graves préjudices physiques et moraux subis à
raison de la
détention arbitraire et du traitement inhumain et dégradant dont ils sont
victimes ;

Exige des autorités le relogement des étudiantes jetées dans la rue pour « 
défaut de
chambres » dans les foyers universitaires, et l'indemnisation intégrale du
préjudice
qu'elles ont subi.

Invite toutes les organisations (nationales et internationales) de défense
des
droits de l'homme à exprimer leurs soutiens aux étudiants tunisiens (de
l'UGET)
victimes de la répression autoritariste du régime en place ;

Paris le 15 avril 2010.

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