Secrétariat international de la CNT

Spoliation des travailleurs de SICOM avec le soutien du pouvoir politique marocain

Publié le dimanche 27 mai 2018

Au nom de la rentabilité financière à outrance, le patron de l’entreprise SICOM (Société Industrielle de Confection à Meknès) cherche par tous les moyens à se ’’débarrasser’’ des 650 ouvriers - en grande majorité des femmes - dont certains y travaillent depuis la création de l’entreprise en 1976.

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L'entreprise SICOM a été fondée en 1976 dans la ville de Meknès au Maroc. Elle comptait alors 1600 ouvriers. Cette entreprise s'est spécialisée dans un premier temps dans le domaine du textile, ensuite dans la confection et le prêt-à-porter. On compte aujourd’hui parmi ses partenaires Décathlon France.

Or, depuis le mois de novembre 2017, les 650 ouvriers encore en activité vivent une situation tragique : salaires non payés, couverture sociale et assurance maladie supprimées, décès d'un ouvrier parce qu’il n’a pas pu acheter son traitement, amputation d'une jambe pour un autre par manque de soin.

En effet, depuis le mois d'octobre, les travailleurs ne reçoivent plus leur salaire et ne sont plus affiliés à la caisse de couverture maladie et retraite. Face à une opération financière spéculative et relevant d'un roman de la mafia, en connivence avec les pouvoirs judiciaires et politiques locaux, ces salariés payent les frais de cette logique capitaliste et sans limite.

En 2013, SICOM a procédé à la vente du terrain sur lequel est bâtie l'entreprise, au frère du PDG de celle ci. Ce dernier a ensuite loué ces terrains à SICOM.
Par ailleurs, la société mère a établi des filiales et changé de nom tous les deux ans. Les travailleurs ont été transférés de l'établissement d'origine vers une de ses filiales avec des contrats à durée déterminée. En même temps, et progressivement, les principales machines et les véhicules ont eux aussi été transférés aux filiales de la société mère. C'est le début du chômage technique et par conséquent de la baisse des revenus des travailleurs.

Ces opérations se sont déroulées dans l'opacité totale jusqu'en 2016, date à laquelle SICOM devient CISOMEK. Ce montage engendre une situation de pertes financières conséquentes qui annonce la faillite de l'entreprise et une facilité pour licencier les travailleurs sans indemnisation ni droit - le montage cité plus haut leur permet ceci.
Début novembre 2017, l'entreprise a fermé ses portes et les propriétaires n'ont plus laissé de traces. Les travailleurs se sont retrouvés ainsi sans travail, sans ressource et donc sans moyen de survivre. Depuis cette date, de nombreux rassemblements, marches et manifestations sont organisés dans la ville de Meknès par les ouvriers. Dans le même temps, les rencontres et réunions, sans illusion aucune, auprès des élus locaux et le wali n'ont abouti à aucun résultat concret.

Face à cette situation, des militants sont en train de créer un comité de soutien dans l'objectif de sensibiliser et faire adhérer le maximum de personnes ; d'accompagner juridiquement les luttes des ouvriers et de dénoncer et montrer la complicité du pouvoir politique et financier.

Groupe Afrique du SI de la CNT

Article publié dans Le Combat Syndicaliste n°435 (Mai 2018)

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