Secrétariat international de la CNT

Protégeons la liberté de la presse au Maroc

Publié le samedi 6 août 2005

Protégeons la liberté de la presse au Maroc
Soutenons Brahim Filali

Nous, organisations politiques, syndicales, associatives, de défense des droits de l'homme, nous inquiétons fortement de la situation du journal Ici et Maintenant, et de son directeur Brahim Fillali.
Ici et Maintenant est le seul journal indépendant de la région de Ouarzazate (Maroc). C'est un journal engagé dans la défense des droits humains. Sa liberté de ton dérange : outre la dénonciation de la corruption qui gangrène les autorités locales, dans les pages d'Ici et maintenant Brahim Fillali a clairement soutenu les mineurs d'Imini, en grève contre leur direction, dont le caractère mafieux a depuis été démontré. La direction de la mine avait, en avril, engagé des hommes de main pour briser la grève des mineurs. La manœuvre ayant échoué, il est probable que la mafia ou les autorités locales mises en cause cherchent à se venger.
Première intimidation : le 3 juin Brahim Filali s'est vu enjoindre oralement par la gendarmerie de Msemrir, de se rendre à Ouarzazate à la brigade judiciaire, où il devait répondre d'une accusation selon laquelle il détiendrait des " dossiers touchant aux institutions " ainsi qu'à " l'intégrité territoriale du Maroc ". Cette accusation faisait suite à l'envoi d'une lettre au ministère par un agent communal, visiblement échaudé par l'existence d'une presse libre et non inféodée au pouvoir local. Brahim a refusé de répondre à cette convocation orale et sans motif sérieux.
Deuxième intimidation, beaucoup plus grave, le 23 juin : les locaux de Ici et Maintenant ont été incendiés, et à ce jour la gendarmerie de Msemrir refuse toujours d'enregistrer la plainte de son directeur. Le responsable de la gendarmerie de Msemrir a affirmé à Brahim Filali qu'il lui fallait désigner au moins une personne suspecte pour qu'elle soit arrêtée, et qu'ainsi débute l'enquête. Brahim Fillali lui a répondu que cette démarche était absurde et étrangère à toute procédure classique d'enquête.
Nous nous inquiétons fortement de cette attitude de la gendarmerie locale, qui semble donner le feu vert aux règlements de compte mafieux.
Nous sommes persuadés que, de même que Ici et Maintenant a soutenu les travailleurs d'Imini, les travailleurs d'Imini n'abandonneront pas Brahim Filali à son sort.
Nous interpellons les autorités marocaines pour qu'elles fassent cesser ces très graves attaques contre la liberté de la presse, qui est un élément fondamental du respect des droits humains.
Nous entendons rester vigilant quant à l'intégrité physique du directeur d'Ici et maintenant, car la liberté de la presse est indissociable de la sécurité physique des journalistes, et il est de la responsabilité des autorités marocaine de la garantir.

Premiers signataires :

FRANCE
Organisations politiques :
Alternative libertaire, Les Alternatifs, Coordination des groupes anarchistes (CGA), Fédération anarchiste (FA), Ligue communiste révolutionnaire (LCR), réseau No Pasaran, Parti communiste français (PCF), les Verts.

Organisations syndicales :
CNT, SUD-PTT, SUD-Rail, SUD-Etudiant, SUD-Aérien, SUD-Santé-Sociaux, Syndicat national des journalistes (SNJ), Syndicat national des journalistes-CGT (SNJ-CGT).

ESPAGNE
Confederacion General del Trabajo

MAROC
Attac Casablanca

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