Secrétariat international de la CNT

Notre force fait bouger le monde : lancement de la Campagne pour une Vie Digne

Publié le vendredi 29 mai 2020

Éditorial de Repórter Popular

CAMPAGNE DE LUTTE POUR UNE VIE DIGNE.

AGENDA D'URGENCE POPULAIRE CONTRE LE CORONAVIRUS

NOTRE FORCE FAIT BOUGER LE MONDE, COMBATTONS POUR UNE VIE DIGNE !

Notre combat ne s'est jamais arrêté. Partout dans le monde, ce sont nos bras qui construisent et font fonctionner les machines, qui expédient et livrent les marchandises, qui conçoivent, fabriquent, emballent, distribuent et vendent les produits. Notre vie, en tant que peuple, a toujours dépendu de notre activité, du fait d'êtres solides et forts, même dans les pires conditions.
Des conditions qui se sont aggravées ces dernières années. Le gouvernement, avec les plus riches du Brésil, a assoupli le Code du travail (nos garanties), rendu notre travail (notre dignité) plus précaire, mis des millions de personnes dans la rue (pour notre gagne-pain) et, enfin, pour ceux qui restent, ils doivent travailler presque gratuitement.
Les investissements dans les services publics ont diminué, en aggravant la qualité. Et souvent, en nous obligeant à courir après une mauvaise mutuelle pour résoudre des problèmes qui étaient auparavant résolus dans le centre de santé de proximité, ou à faire la queue dans une file à la crèche pendant des mois et à laisser l'enfant de plus en plus loin de chez soi. Après des années de travail et à compter les jours jusqu'à la retraite, il semble qu'on en soit arrivé à une situation où ça ne sert plus à rien de compter maintenant. Si nous percevons une aide gouvernementale très faible, nous ne pouvons pas en avoir une autre qui est nouvellement promulguée. Le peu qui fait défaut, c'est beaucoup pour ceux qui n'ont rien. De plus en plus, nous sommes acculés par ceux qui ne semblent pas s'en soucier.

Aujourd'hui, avec la pandémie, la situation est encore plus dangereuse et injuste. Ils édictent comme des activités essentielles celles qui maintiennent la vie des plus riches confortable et si nous ne sommes pas d'accord, nous sommes renvoyé-e-s. Ils ne nous donnent pas d'importance, ils nous tuent en nous laissant sans protection au travail, il n'y a pas d'option pour ceux qui dépendent de bas salaires. Le déplacement fait partie du travail, l'agglomération fait partie du travail.
Ils tuent nos enfants, entrent dans nos villages avec des tracteurs et dans nos maisons sans autorisation et continuent de le faire pendant la pandémie. Il semble que ce travail ne soit pas interrompu, au contraire, ils tuent plus de Noires et de Noirs, de pauvres et de femmes.
Chaque jour, nous voyons des peuples autochtones exiger qu'ils arrêtent de les tuer aussi, de détruire la nature. Les indigènes disent que la nature se venge. Sous la pluie, dans le froid et la chaleur, nous le ressentons tous. Nous perdons nos marchandises, les poissons ont presque disparu, les plantations souffrent et la nuit nous pensons : "Comment pourrons-nous survivre un jour de plus ?". Nous ne pouvons aller nulle part pour résoudre nos problèmes. Il n'y a pas de file d'attente pour résoudre ce drame.
La destruction de nos ressources naturelles, de nos eaux et de nos terres est à l'ordre du jour des grands seigneurs du capital. De plus, nos peuples autochtones et nos communautés traditionnelles crient de douleur et s'exclament pour leurs droits au nom des ancêtres pêcheurs traditionnels, cueilleurs, et collecteurs de coquillages qui s'occupent de nos forêts, rivières, lagunes, mers et des terres productives pour le peuple.
C'est pourquoi, en tant que travailleur-se-s, étudiant-e-s, chômeur-se-s, militant-e-s et combattant-e-s populaires, jeunes de la périphérie et des campagnes, personnes qui vivent de leur travail et n'acceptent pas les conditions horribles qui leur sont imposées, nous sommes organisé-e-s dans une large campagne pour lutter pour une vie digne, contre la vie chère et violente qui nous est imposée et contre l'horreur de la pandémie.
Ni accepter passivement la situation, ni laisser la peur nous paralyser : nous sommes partout dans le pays, nous nous organisons au mieux pour mener des actions de solidarité, dans les villes et les favelas. Et nous nous mettons au service de ceux qui en ont besoin, sans jamais nous arrêter de dire que cette crise a des coupables. Sans renoncer à nous battre pour une vie digne.

Au vu de ce scénario, nos demandes et actions dans cette campagne comprennent différents axes :

1) SANTÉ PUBLIQUE ET UNIVERSELLE

Réquisition des moyens privés pour étendre le système de la Sécurité Sociale publique et gratuite. Des tests de masse et gratuits pour les travailleur-se-s, augmentation du nombre d'agents de santé communautaires, en étendant par delà la pandémie les plupart des soins primaires et en valorisant ces travailleurs. Dans nos rangs, valoriser et participer aux actions de solidarité organisées en réseaux d'entraide pour contenir le scénario de contagion actuel du COVID-19, campagnes de distribution de tests , de masques de protection faciale et autres équipements de protection individuelle pour la population et les professionnels de santé en première ligne dans la lutte contre la pandémie. Pour aider à la production de masques et à la distribution aux personnes, les ateliers de couture et les couturières ont fait un excellent travail dans leur production et souvent gratuitement.

2) DISPENSE DE TRAVAIL RÉMUNÉRÉE ET REVENU SOCIAL PERMANENT

Garantie de dispense de travail dans les activités non essentielles, sans licenciement ni réduction de salaire. Revenu de base permanent d'au moins 1 salaire minimum et demi pour tou-te-s les travailleur-se-s, principalement les personnes de l'économie informelle, les chômeur-se-s, les femmes et les travailleur-se-s dans des conditions précaires de rue, telles que la livraison et les services. Ce chiffre est encore bien en deçà du chiffre indiqué par le DIEESE , qui est supérieur à 4.000 R$ par mois pour subvenir dignement aux besoins d'une famille de 4 personnes.

3) SUSPENSION DES FACTURES, DETTES ET DES PEINES

Suspension des loyers, des dettes, des prêts et des amendes. Exemption de paiement pour les services essentiels qui affectent la vie des plus pauvres. Libération des peines des prisonniers en régime semi-ouvert et de ceux qui n'ont pas encore eu de procès. La grande majorité des prisonniers et des prisonnières sont pauvres et noir-e-s, souffrant de l'incarcération de masse qui tue quotidiennement, humilie les membres de leurs familles et aggrave le génocide de notre peuple.

4) DROIT AU LOGEMENT DIGNE

Solidarité avec les personnes de la rue et les sans-abri ! Suspension immédiate des expulsions ou des ordonnances judiciaires de reprise de propriété. Faire remplir leur fonction sociale aux bâtiments vides dans un but de logement digne et de soutien pour tou-te-s. Subvention pour que les hôtels proches des hôpitaux accueillent les professionnel-le-s de santé dans le but de protéger leurs familles. Si vivre est un droit, occuper est un devoir !

5) APPROVISIONNEMENT POPULAIRE

Rendre disponibles les repas scolaires pour la consommation à la maison. Priorité aux services communautaires d'approvisionnement, de traitement de l'eau et d'égouts, ainsi qu'à l'approvisionnement en électricité, c'est-à-dire un service ininterrompu vers les sites sans possibilités de stockage. Possibilité d'utiliser les cuisines scolaires pour la production de boîtes à lunch à distribuer à ceux qui n'ont pas accès aux conditions de préparation à la maison.

6) INVESTISSEMENT PUBLIC ET RÉPARTITION DES RICHESSES

Augmentation des investissements publics pour les besoins de santé, les revenus, l'approvisionnement et un plan d'économie populaire pour répondre aux urgences sanitaires. Imposition des grandes fortunes, des bénéfices et des dividendes des grands hommes d'affaires et fin de l'ajustement fiscal en leur faveur.

7) CONTRE LE GÉNOCIDE DU PEUPLE NOIR, PAUVRE ET DE LA PÉRIPHÉRIE

Contre les dictatures et le pouvoir de gouverner par la mort du peuple. Pour la fin de la criminalisation et de l'incarcération systématique de la population noire et périphérique, justifiée par l'illusion de la guerre contre la drogue. La crise est permanente pour le peuple noir et les pauvres, affectés par l'absence de droits, de reconnaissance et d'opportunités. Surveillés par la naturalisation raciste de l'hygiénisation sociale.
8) DROITS DES PEUPLES AUTOCHTONES ET DES POPULATIONS TRADITIONNELLES
Il est nécessaire de renforcer les réseaux de solidarité et de soutien mutuel avec les populations autochtones, les quilombolas et les populations de la forêt et des eaux, car avec leurs territoires spoliés, l'autonomie alimentaire, les pratiques de soins et d'attention à la santé sont compromis. Pour la démarcation immédiate des terres indigènes et la titration des territoires quilombolas ! Pour la fin du génocide dans les territoires traditionnels ! Contre l'instrumentalisation de la FUNAI par le missionnaire néo-pentecôtiste, qui cherche à catéchiser les populations autochtones non contactées, amenant le Covid-19 et d'autres épidémies, comme le virus du colonialisme !

9) ARRÊT IMMÉDIAT DE L’INDUSTRIE MINIÈRE AU BRÉSIL

L'exploitation minière a été considérée comme une activité essentielle par le gouvernement fédéral. La continuité de l'extraction minière selon ce modèle n'a d'importance que pour ceux qui profitent de l'exploitation des travailleurs du secteur, dont la vie était déjà en danger, dans des conditions d'extrême insalubrité avant la pandémie. Cette décision s'inscrit dans le cadre du projet génocidaire néolibéral, pour garantir les gains stratosphériques de capital industriel et financier liés à l'extraction minière. Ce qui est essentiel c'est la vie des personnes !
10) RÉFORME AGRAIRE POPULAIRE ET LUTTE DE LA PAYSANNERIE
La réforme agraire tout de suite ! Droit à la terre et nourriture de qualité pour tou-te-s ! Avec la pandémie, il est devenu encore plus évident que ceux qui garantissent l'approvisionnement des villes sont les petits producteurs ruraux, les travailleur-se-s de la terre. Pour le renforcement des mouvements sociaux à la campagne, une ligne de front de la lutte pour la terre. Pour la fin des meurtres à la campagne, à la demande des grands propriétaires terriens et de l'industrie agroalimentaire. La lutte et la résistance paysanne garantissent la souveraineté alimentaire de tou-te-s les habitant-e-s du territoire brésilien. Pour le renforcement des liens et des réseaux d'entraide et de solidarité entre campagne et ville dans la lutte pour une vie digne.

11) POUR LA FIN DES VIOLENCES FAITES AUX FEMMES

L'isolement social rapproche les femmes de leurs agresseurs et elles arrivent difficilement à raconter ces situations. En plus de vivre dans le silence de la violence, elles sont surchargées de travail par les tâches à domicile et de la famille, ce qui affecte davantage leur état psychologique. Ce sont les femmes les plus pauvres qui occupent la première ligne des soins de santé et qui s'exposent comme employées domestiques. Que ce soit en quittant leur foyer tous les jours ou dans l'isolement social, en particulier les femmes noires et de la périphérie, ce sont elles qui souffrent de la douleur et de la peur de la mort au plus près.

12) CONTRE LE DÉMANTÈLEMENT DE L’ÉDUCATION PUBLIQUE
En lutte contre toute coupe qui apparaît dans le budget ou dans la structure de l'enseignement public. Contre les attaques contre les travailleur-se-s de l'éducation ! Pour la suspension du calendrier scolaire, de celui des instituts et universités conformément à la continuité de l'isolement social. Contre la politique néolibérale de mise en œuvre de l'enseignement à distance ou des activités à distance dans le secteur de l'enseignement public, car la réalité du peuple brésilien ne permet pas d'accéder aux ressources nécessaires, notamment pendant la pandémie. Pour l'accès et le maintien des enfants et des jeunes dans une éducation de base de qualité. Pour la défense des étudiants du peuple. Pour la fin de l'examen d'entrée à l'université !

Participent à cette campagne :
– Athénée libertaire A Batalha da Várzea (Porto Alegre/RS)
– Dandaras – Colectif de Femmes Noires (Santa Maria/RS)
– Institut Éducatif Communautaire Elena Quinteros (Santa Maria/RS)
– Movimento de Organização de Base (MG)
– Movimento de Organização de Base (RJ)
– Movimento de Organização de Base (PR)
– Movimento de Organização de Base (PA)
– Movimento Passe Livre (Joinville/SC)
– Mulheres Resistem (AL)
– Mutirão – Groupe de Travailleur-se-s de la Terre (RS)
– Occupation Vila Resistência (Santa Maria/RS)
– Pintelute (SC)
– Radio Communautaire A Voz Do Morro (Porto Alegre/RS)
– Resistência Popular (AL)
– Repórter Popular
– Resistência Popular Estudantil (Florianópolis/SC)
– Resistência Popular Estudantil (Marília/SP)
– Resistência Popular Estudantil (RJ)
– Resistência Popular Estudantil (PR)
– Resistência Popular Sindical (PR)
– Resistência Popular (RS)
– Vila Boa Esperança (Porto Alegre/RS)

26 mai 2020

Si votre collectif, mouvement ou association veut se joindre à la campagne, entrez en contact avec Repórter Popular par WhatsApp (+55 51 989606682), Facebook (https://www.facebook.com/reporterpop/) ou Instagram (http://www.instagram.com/@reporterpopular).

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