Secrétariat international de la CNT

Le SKT sibérien (anarcho-syndicaliste) : entretien avec Vasiliy Starostin

Publié le dimanche 28 juin 2009

Entretien avec Vasiliy Starostin, militant cheminot de la Confédération du Travail de
Sibérie (SKT), organisation anarcho-syndicaliste, présente à nos côtés lors de la Conférence syndicale I 07 à Paris.
La SKT regroupe environ 5.000 adhérents. Elle a des sections à Omsk, Irkoutsk, Tomsk, Novossibirsk, Anjero-Soudjensk, Seversk, Chelekhovo et dans d'autres villes.
Fondée en 1995 par des militants de la Confédération anarchosyndicaliste (KAS) de Sibérie, la SKT combine la pratique syndicale avec de nombreuses autres orientations.

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Vassily, je sais que tu es un des vétérans du mouvement
anarcho-syndicaliste en Russie. Ce serait intéressant pour nos lecteurs
que tu nous dises c'est que l'anarcho-syndicalisme et ce que signifie la
mise en pratique de ces idées dans le travail syndical.

Pour répondre à la question, qu'est-ce que l'anarcho-syndicalisme, de façon
accessible, je dirais que c'est la théorie et la pratique la plus logique
du mouvement ouvrier. Si le syndicalisme (trade-unionisme) traditionnel
n'intervient que pour les questions de salaires et des conditions de
travail dignes pour les travailleurs/travailleuses, utilisant les accords
avec les différents partis politiques, l'anarcho-syndicalisme mène à une
fin logique : l'objectif du mouvement ouvrier et syndicaliste c'est quand
les syndicat ne seront plus nécessaires (même si c'est dans un futur
lointain).

Comment sera cette société ? Une société sans travail salarié,
une société sans capitalisme qu'il soit privé ou d' État. Ce sera une
société sans frontières, de même que sans État qui est une politique
verticale d'administration de haut en bas. L'État sera substitué par
l'autogestion du peuple. Si les théoriciens des partis politiques
proposent la réalisation de tout cela à travers les partis,
l'anarcho-syndicalisme propose de réaliser tout cela par les ouvriers
eux-mêmes, spontanément ou à travers les organisations ouvrières ou
syndicales. « La libération des travailleurs sera l'œuvre des travailleurs
eux-mêmes.» est la consigne de la première internationale. C'est le
slogan de la création, une logique cohérente, continuellement
perfectionnée par les travailleurs et travailleuses eux-mêmes.

J'observe que quand la logique des travailleurs commence à se baser sur
celle de l' État ou d'un parti politique, quel qu'il soit, le mouvement
ouvrier tend alors à devenir conservateur et dérive vers le syndicalisme
le pire qui soit, comme le FNPR (Fédération des Syndicats Indépendants de
Russie, le plus grand syndicat, très bureaucratisé).

Même si les
anarchistes à l'aube de la naissance des syndicats ont précisément
introduit la position de l'indépendance des syndicats vis-à-vis de l' État
et des partis politiques, aujourd'hui la vraie indépendance n'existe pas.

La grande majorité des syndicats vit selon des règles déterminées par la
loi. Quelques fois ils essayent de sortir de ces règles que ce soit par
des grèves légales ou illégales ou encore des pétitions, mais les premiers
syndicats ne faisaient pas cas du droit juridique en place et partaient de
la loi non écrite qui a été conçu par le mouvement, convaincu de sa
justification. Ce droit avait été formé collectivement et non par des
spécialistes en jurisprudence. La principale et unique politique des
syndicats doit être le seul développement de l'auto conscience.

En réalité
l'anarcho-syndicalisme propose aux syndicats de décider de leur propre stratégie
et de ne pas être la marionnette des partis politiques.

L'anarcho-syndicalisme refuse aussi la formation d'organisation semblable à
l' État, quand toutes les décisions sont prises par les spécialistes du
syndicat et non plus par les travailleurs eux-mêmes. Il y a une blague
connue en Russie qui dit que n'importe quelle organisation qui se crée en
Russie se transforme au final en KPSS (le Parti Communiste de l'Union
Soviétique).

J'accepte l'idée que dans certains cas, par exemple pendant une grève
(quand un syndicat est en état de guerre), on peut confier la direction de
la grève à des personnes qui ont de l'expérience. Mais dans tous les cas
c'est toujours mieux quand les gens prennent leurs responsabilités.

C'est
pour cela que l'anarcho-syndicalisme essaye de développer dans les
organisations publiques une pratique, quand les gens prennent la
responsabilité de leurs décisions et actions.


Quels sont les principes idéologiques de la SKT ?

La responsabilité apparaît quand les gens eux-mêmes s'organisent pour
prendre leurs décisions. Ça s'appelle l'auto organisation sociale. Ces
personnes, tout en gardant leur autonomie, s'unissent dans le cadre d' une organisation
pour coordonner leurs actions. C'est ça l'autogestion.

On
utilise la solidarité et l'appui mutuel pour se soutenir entre nous. De cette façon,
l'auto-organisation, l'autogestion et la solidarité sont les bases
principales de notre activité.

Il y a quelques années nous avons adopté une déclaration de principes pour
la SKT. C'est possible que ce soit la seule fois dans l'histoire moderne
des syndicats russes qu'un syndicat prépare son propre programme
politique.

De plus, la SKT envisage la politique pas du tout comme un parti politique.
La participation au pouvoir, tout comme l'aspiration à accumuler du pouvoir ne représente pas du tout la politique en soi. Je dirai, en répétant Jacques Rancière, que c'est de la police et pas de la politique. Jacques Rancière, philosophe français actuel, auteur du livre Aux bords du politique [2004], en étudiant l'apparition de la notion de politique, déclare que la politique ne naît que dans des groupes auto organisés, ne possédant pas de pouvoir. Il appelle la politique an-archie, c'est-à-dire la situation d'opposition à une règle. C'est précisément dans ces cas que la politique intervient. Et la participation dans des organes de pouvoir (juridiques, exécutifs, judiciaires) est, selon Aristote et Rancière, non pas de la politique, mais de la police.


Quels sont les principaux champs d'actions de ton organisation ? Tu peux
nous parler des conflits sociaux les plus importants auxquels ont
participé les militants de la Confédération du Travail de Sibérie ?

La conception législative contemporaine a beaucoup réduit le champ
d'action de la majorité des syndicats.

Nous pensons qu'un ouvrier, une ouvrière, n'est pas seulement un ouvrier.
C'est une personne avec famille, des parents retraités, qui sont
orphelins, locataires ou propriétaires de leurs logements avec les
problèmes correspondants (par exemple, écologique), etc. On essaye de
travailler dans toutes les directions possibles afin de couvrir tous les champs sociaux.

Nos militants participent à beaucoup de conflits. La Confédération du
Travail de Sibérie a bloqué une route pour camions qui transportaient le
sable de la lisière de la rivière Irtych à Omsk. Dans les années 90,
quand ils ne payaient pas les salaires on attaquait la ligne ferroviaire
transsibérienne. Il faut bien noter que les actions les plus radicales se
faisaient spontanément. On ne peut pas planifier des choses comme ça.
Comme on dit, quand les gens sont énervés, toutes les peurs et préjugés
disparaissent.

Quand les autorités municipales d'Omsk ont décidé de diminuer brusquement
la quantité de microbus publics, environ 2000 chauffeurs ont bloqué
spontanément la partie centrale de la ville. Les fonctionnaires locaux qui
se déplacent avec leurs propres véhicules et qui proposent aux habitants
des autobus pleins comme au temps de l'URSS, agissent de façon
réactionnaire. La police de la route, incitée par les autorités, a
commencé à mettre des amendes aux chauffeurs de microbus sans raisons.
Parfois la police trouvait des problèmes sur des véhicules qui 2 heures
auparavant étaient passés au contrôle technique fait par cette même
police. Plus tard, ces véhicules étaient évacués au dépôt. En réponse à
ces actions, le syndicat “Yamschik” (“Cocher” fait parti du SKT) a
commencé à utiliser le blocage des autobus arrêtés pour que la fourrière
ne puissent pas les enlever. Après, le juriste du syndicat arrivait,
prenait des photos et pendant le procès plaidait le manque de fondement
des actions de la police de la circulation.

Lequel de ces conflits te paraît comme étant celui qui est le plus
victorieux ? Quel résultat dans un conflit de travail peut-être considéré
comme étant une victoire dans les conditions de la Russie contemporaine ?

C'est une question difficile. C'est très peu probable qu'on puisse obtenir
une satisfaction complète. Dans la Russie contemporaine beaucoup de monde
meurt en travaillant. D'après les statistiques notre pays est à la
première place selon cet indice. Il serait nécessaire que tous les
syndicats russes organisent trimestriellement une “grève à l'italienne”.

De telles actions peuvent obliger les patrons russes à faire attention à
la vie et à la santé de leurs travailleurs. Il est aussi important de
demander l'interdiction du contrat au forfait pour tous les travaux
insalubres et dangereux. Seul un système digne et un salaire à l'heure
peut le permettre parce que sinon les travailleurs pour gagner plus ne
feront pas attention à leur sécurité. Tout cela est fréquent pour le
moment et de là viennent les morts.

Quelle appréciation as-tu du mouvement ouvrier et de la situation des
syndicats dans la Russie contemporaine ?

Les libéraux disent que le meilleur gouvernement du futur est celui-ci,
parce que le peuple ne se rend pas compte de ses actions. L'état des
syndicats en Russie est proche de ce rêve, au moins par les cadeaux de
Noël et les places en sanatorium. Les travailleurs ne voient rien de plus
des syndicats.

En fait le travail du FNPR, le syndicat le plus important, consiste juste
à négocier la convention collective. Cela s'appelle la cogestion sociale
entre les bureaucraties syndicales et les représentants du patronat sans
lien avec les actions actives des “bêtes de sommes”. L'expression
“cogestion sociale” sous-entend l'union des intérêts mais les intérêts des
salariés et les intérêts des propriétaires des moyens de production (le
capital) ne sont pas les mêmes ! Un travailleur comprend intuitivement ce
qu'est l'injustice. C'est la force du salariat qui rapporte de l'argent et
rien d'autre. Le capital russe qui fait des bénéfices pour moins que
150-200% (de l'investissement) considère que son commerce est inefficace
et veut donc baisser les coûts en prenant sur les bas salaires. Dans de
telles situations un syndicat doit assumer des fonctions éducatives pour
qu'un travailleur ne comprenne pas seulement intuitivement qu'on le vole
mais qu'il comprenne aussi le fonctionnement du vol. Pour le moment,
l'éducation d'un travailleur russe est au niveau de l'aphorisme populaire
qui dit “C'est le chef, nous on est de la merde”.

On parlait des problèmes de l'éducation ouvrière dans notre confédération.
La création du syndicat d'Omsk a commencé dans un club ouvrier. C'était
une institution publique où les travailleurs débattaient (à leur niveau)
et au final ils sont arrivés à la conclusion qu'il fallait créer un
syndicat. Un syndicat sans bureaucratie syndicale (14 ans après la
création de la SKT nous n'avons aucun fonctionnaire syndical rémunéré),
indépendant des partis politiques et du pouvoir. La création de clubs
ouvriers sans partis est une chose nécessaire. Il est nécessaire de chercher à se rapprocher des gens spécialement des ouvriers.

Entre octobre et novembre 2008 il y a eu une série d'agressions
contre les militants du mouvement social dans différentes villes de
Russie. Par exemple, la dirigeante de l'organisation “Action Collective”
(IKD est une organisation publique indépendante dont le but est l'analyse
des mouvements sociaux actuels de protestation), Carine Clément et le
leader du syndicat de l'usine Ford Aleksey Etmanov ont été agressés deux fois
par des inconnus.

Quelle appréciation peut-on faire des ces faits ? Est-ce
qu'il y a eu des évènements similaires en Sibérie ?

Ici aussi il y a eu des agressions, des coups. Dans les années 90, Vladimir
Efimov de Seversk a été passé à tabac. Aujourd'hui, Vladimir n'est plus parmi nous,
il est mort il y a 2 ans. L'activité syndicaliste demande beaucoup
d'efforts et le cœur de Vladimir ne l'a pas supporté. Ce qui s'est passé
avec Carine et Aleksey c'est de l'intimidation et c'est pour cela que la
Confédération du Travail de Sibérie a signé à coté d'autres organisations
publiques une déclaration dans ce sens.

Ce n'est pas la première fois que, pour le dire ainsi, des structures
“intéressées” font pression sur les militants syndicaux et sur les
mouvements sociaux légaux.

A quelle fréquence les militants, militantes de
la SKT ont subi des pressions de la part des autorités et du patronat ?

Cette pression existe et existera, nous ne collectionnons pas les timbres
des courriers. Si tu penses à ce que pourrait faire une organisation
illégale comparée à une organisation légale, nous on ne se pose plus la
question. La Confédération du Travail de Sibérie est une organisation
totalement légale. Parfois des syndicats de base de la SKT ont été
illégaux pendant leur création, c'est-à-dire que le patron ne connaissait
pas son existence. Mais quand un syndicat commence à agir, il agit en
plein jour. Les insoumis et les meneurs sont repérés par les chefs et ce
sont eux qui reçoivent les premiers coups, c'est pour cela que nous
utilisons les organisations de base avec des moyens parfois illégaux.

Seul
le, la secrétaire et ses suppléants sont connus mais la législation les
protège du licenciement. Ce sont des travailleurs encore plus disciplinés
pour qu'il n'y ait aucune raison de les virer.

On m'a raconté qu'une fois un sous-chef du service des chemins de fer
d'Omsk, où je travaille, a dit à mon chef pendant une réunion : “Quand
est-ce que vous allez dissoudre ce syndicat ? Virez-les ! Si vous ne
pouvez pas les virer, allez les voir, buvez de la vodka avec eux et après
vous les virer pour la cuite.” Mon chef lui a répondu : “Starostin n'a pas
confiance en moi, il ne boira pas de la vodka avec moi.”

Le
syndicalisme a-t-il un futur en Russie ? Le syndicalisme peut-il apporter
une réponse aux problèmes du mouvement ouvrier russe ?

Le syndicalisme, c'est le futur et pas seulement en Russie. Le
syndicalisme a été la première idée du mouvement ouvrier quand les
syndicats ont commencé à être des organisations de masse. Ça été une étape
dans la pensée et l'action indépendante. Les premiers syndicats rêvaient
de détruire le capitalisme par le biais de la grève générale et de fonder
des fédérations d'entreprises qui appartiendraient aux travailleurs.
“Grâce à lui (le syndicalisme) pendant un siècle la vie des travailleurs
s'est améliorée de façon radicale. Le temps de travail est passé de 16h
par jour à 40h par semaine (Albert Camus, l'Homme révolté)”.

Les partis
politiques ont décidé de rationaliser idées et actions des travailleurs et
ont détourné le mouvement du socialisme dans la direction des idéologies
pseudo-scientifiques. Le socialisme ce ne sont pas les écrits de Marx,
Lénine et Staline. C'est l'œuvre vivante des travailleurs et travailleuses
qui se manifeste au sein du syndicalisme. Comme on s'en est rendu compte
après, le retour des syndicats vers les idéologies pseudo-scientifiques
marque le retour en arrière du socialisme. Le retour en arrière pour le
syndicalisme et la pratique ouvrière socialiste.


Le SKT est un syndicat mais son action ne se limite pas à la lutte pour
les droits et intérêts de salariés. On sait que les militants de la
Confédération du Travail de Sibérie aident les ex-enfants des orphelinats
et ont créé des initiatives comme le Comité de défense pour les droits des
anciens enfants d'orphelinats et “l'Union des rejetés”.

Quand on aidait les habitants des résidences communales on a rencontré les
ex-enfants des orphelinats. Ils n'avaient aucune idée de leurs droits et
dans les orphelinats on ne leur donne pas ce genre d'information. Quelques
uns d'entre eux étaient sans logement mais ils arrivaient à survivre par
l'entraide. La majorité vivait dans des résidences communales et ceux qui
n'avaient pas de logement étaient hébergés par ceux qui avaient un coin à
eux.

Ça nous a beaucoup plu que ces jeunes s'entraident plus que l' État ne le
fait pour eux. On a décidé de les aider mais on leur a dit qu'ils devaient
lutter pour eux-mêmes. C'est comme ça qu'a été fondé “l'Union des
rejetés”. Quand les autorités et les journalistes nous interrogeaient sur
ce nom, on leur répondait qu'au début ils avaient été rejetés par leurs
parents et ensuite par l'État.

Le problème principal des jeunes était le logement. Nous nous étions mis
au courant de la législation et on s'est rendu compte qu'à leur sortie de
l'orphelinat les autorités régionales étaient obligées de leur fournir un
logement qui ne soit pas en dessous de la norme légale (33 mètres carrés
pour une personne). C'est un appartement et non un lit dans une résidence
communale. On s'est aussi rendu compte que cette loi n'était pas appliquée
dans la région d'Omsk depuis au moins 10 ans. Les premiers piquets de
“Rejetés” ont eu lieu à coté de la mairie et de l'assemblée législative.
Ces premiers piquets ont été organisés par mon épouse Elena qui est
également membre du SKT. A l'époque elle travaillait comme spécialiste de
l'autogestion publique dans une mairie et ils ont voulu la virer pour tout
ça. On peut dire qu'une telle situation nous a été profitable ; on a
menacé d'organiser une action juridique en présence de la presse et les
fonctionnaires ne se sont pas décidés à la virer.

Les premiers procès c'était pour qu'ils octroient des logements aux
ex-enfants des orphelinats, les accusés étaient le gouvernement de la
région d'Omsk et la mairie d'Omsk. Le représentant du gouvernement a
demandé le rejet de la plainte mais finalement la décision de justice nous
a été favorable.

L'année passée des appartements ont été livrés pour 9
“orphelins” et cette année 31 personnes vont obtenir leur propre logement.
On a essayé de ne pas être présent lors de ces procès, que les jeunes se
défendent eux-mêmes. On les aidait à monter leurs dossiers et environ 60
procès ont été gagnés. Ils ont parfois écrit eux-mêmes leurs dossiers et
ceux qui gagnaient, aidaient les autres. Les premiers procès ont été
difficiles mais maintenant tout semble automatique. Les représentants de
la mairie n'assistent même plus aux procès, ils veulent étudier le procès
sans y participer.

Ces derniers temps, ton syndicat a aussi un projet intéressant qui est
“l'Union de la jeunesse autonome”. Tu peux nous parler de cette
organisation ?

Ces deux dernières années on a eu de la chance avec la jeunesse. C'est
possible que ça ait changé quelque chose dans notre esprit tout comme dans
le leur.

Au début il y avait les enfants des orphelinats et maintenant on
voit apparaître une jeunesse qui n'est pas apathique et s'intéresse à ce
qui se passe dans le pays. Il sont antifascistes, punks, étudiants,
jouent dans des groupes de rock, font partie de la classe ouvrière et sont fiers de leurs origines.

Jusque là il n'y avait au SKT
que des personnes dites d'âge mûr et cette situation nous préoccupait. Il
y a longtemps on a pensé à la création d'une fédération de jeunesse au
sein du SKT. Quelques fois des jeunes venaient, on les invitait aux
séminaires syndicaux mais après il ne se passait rien. Si les gens ne sont
pas prêts, ils n'apporteront rien à ton désir.
Maintenant, à mon avis, c'est une autre situation. La jeunesse qui arrive
a de l'expérience et sait ce qu'elle veut. Il a été décidé que
l'organisation de jeunesse de la SKT s'appellerait “l'Union de la Jeunesse
Autonome” (SAM).

Depuis plusieurs années, la SKT fait partie des organisateurs du Forum social sibérien. Cela a-t-il donné des succès ? Quelles perspectives apparaissent ?

Le Forum social sibérien doit continuer, tel qu'il est. Les participants doivent appliquer sérieusement les statuts, par exemple, en n'acceptant pas des nazis, et tout ira bien
Il est dommage que parmi les organisateurs, par exemple à Irkoutsk, beaucoup ne comprennent pas qui est qui et ne sachent pas que pour les nazis (espérons que cela ne concerne qu'un individu dans le cas d'Irkoutsk), l'adhésion est interdite au Forum social.


Le SKT existe depuis 13 ans. A ton avis quelles sont vos réussites
les plus importantes ? Quelles sont les perspectives proches pour la
Confédération du Travail de Sibérie ?

Il y a longtemps on a décidé de sentir dans notre propre peau ce qu'est le
mouvement ouvrier, les syndicats et les initiatives publiques. Pendant
tout ce temps il y avait de nombreux conflits, différents, dans lesquels
on essayait d'aider les uns ou les autres. Certains partaient, d'autres
arrivaient. Aujourd'hui on a moins d'adhérents qu'à la fin des années 90
mais en ce moment les gens qui adhèrent sont ceux qui dans la ville créent
les nouvelles associations.

Comme les ex-enfants de l'orphelinat. Je suis
convaincu que dans le futur ce sera comme ça. On ne va pas passer tout
notre temps dans les conflits du travail comme le font les syndicats
réformistes. La Confédération du Travail de Sibérie est et sera un
réseau de différentes initiatives et pas seulement dans le monde du
travail. On essayera de démontrer par notre existence que c'est possible.

Questions de Dmitriy Rublev
Publié en russe sur le site du journal Rabkor.ru

Traduction Ludo (SI de la CNT)

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