Secrétariat international de la CNT

"Gaza : Condamner les « deux côtés » : pire que les assassins !" par Michel Warschawski

Publié le mardi 13 janvier 2009

Barak, Olmert, Livni et Ashkenazi auront un jour à répondre de crimes de
guerre devant une cour de justice, comme d'autres criminels de guerre. En
conséquence, notre devoir est d'informer sur leurs actes et déclarations
de façon à nous assurer qu'ils payeront pour les massacres qu'ils ont
ordonnés et commis.

local/cache-vignettes/L300xH217/Gaza-3bfc0.jpg?1423742810

Il y a cependant une seconde catégorie de criminels qui pourraient
échapper aux tribunaux. Ils ne se salissent pas les mains avec le sang des
civils, mais fournissent les justifications intellectuelles et pseudo
morales des assassins. Ils constituent l'unité de propagande du
gouvernement et de l'armée des tueurs.

Les écrivains israéliens Amos Oz, et A. B. Yehoshua sont les exemples type
de tels misérables intellectuels, et ce n'est pas la première fois ! A
chaque guerre ils se portent volontaires pour l'effort de guerre
israéliens, sans même avoir été officiellement désignés. Leur première
fonction est d'apporter les justifications à l'offensive israélienne,
puis, dans un second temps ils pleurent leur virginité perdue et accusent
l'autre camp de nous avoir obligés à être brutaux.

La justification fournie par Oz dans Corriera de la Serra, et Yehoshua
dans La Stampa est évidemment la nécessité de réagir aux rockets sur Sderot,
comme si tout commençait avec ces rockets. « J'ai du expliquer aux Italiens
écrit Yehoshua dans Haaretz 30 décembre 2008 , pourquoi l'action israélienne
était nécessaire....»

Yehoshua et Oz ont tous les deux oublié 18 mois de brutal siège israélien
imposé à un millions et demi d'êtres humains , les privant de nécessités les
plus élémentaires. Ils ont oublié le boycott israélien et international
du gouvernement palestinien démocratiquement élu. Ils ont oublié la
séparation forcée de Gaza et de la Cisjordanie, séparation faite pour isoler
et punir la population de Gaza de son choix démocratique incorrect.

Après avoir choisi de ré écrire la chronologie des événements, Oz et
Yehoshua utilisent l'argument de la symétrie : La violence est utilisée des
deux côtés et il y a des victimes innocentes à Gaza comme en Israël. En
effet, chaque civil tué est une victime innocente. La chronologie et le
nombre ne sont cependant pas sans rapport : 3 civils israéliens ont été tués
dans le sud d'Israël, mais seulement après que l'aviation israélienne a
commis son massacre planifié dans le centre de la ville de Gaza, en tuant
plus de 300 .

Cette position des intellectuels les plus en vue d'Israël sert de
justification morale au soutien que le parti de la gauche sioniste Meretz
apporte à l'agression criminelle du ministre de la défense Barak. Meretz
aussi exprimera en temps voulu son opposition aux meurtres, c'est à dire
lorsque la communauté internationale exprimera sa préoccupation pour les
fautes et semble même heureuse de la contribution israélienne à sa sainte
croisade contre la menace globale islamique.

Afin de montrer sa préoccupation, l'Europe envoie une assistance
humanitaire (symbolique) à la population de Gaza. En entendant le ministre
français des Affaires Étrangères, Bernard Kouchner soutenir l'action
israélienne, en même temps qu'il annonce la décision d'envoyer des produits
humanitaires à Gaza, je n'ai pu m'empêcher de me souvenir des informations
sur les délégations de de la Croix Rouge Internationale qui venaient visiter
les camps d'extermination nazi avec des chocolats et des biscuits.

Je sais que ce n'est pas la même chose, mais personne ne peut contrôler ses
associations mentales. Bernard Kouchner a cependant une circonstance
atténuante : les régimes arabes, en particulier celui d'Hosni Mubarak,
soutiennent aussi l'agression israélienne. Et ils vont aussi envoyer du
chocolat et des biscuits aux enfants de Gaza, sauf bien sûr
à ceux qui gisent morts à l'hôpital de Shifa .


Michel Warschawski (le 30/12 à Jérusalem).

avril 2021 :

Rien pour ce mois

mars 2021 | mai 2021

S'abonner à notre lettre d'information :