Secrétariat international de la CNT

EZLN Sixieme Declaration de la Foret Lacandone III

Publié le jeudi 7 juillet 2005

ARMÉE ZAPATISTE DE LIBÉRATION NATIONALE.
MEXIQUE.

(SIXIÈME DÉCLARATION DE LA FORÊT LACANDONE)

V. CE QUE NOUS VOULONS FAIRE

Bien, alors maintenant nous allons vous dire ce que nous voudrions faire
dans le monde et au Mexique, parce que nous sommes incapables de nous
taire, sans plus, devant tout ce qui se passe sur cette planète, comme
s'il n'y avait que nous qui étions là où nous en sommes.

Alors dans le monde, nous voulons dire à vous tous qui résistez et luttez
à votre façon et dans votre pays que vous n'êtes pas seuls et que nous,
les zapatistes, même si nous sommes tout petits, nous vous soutenons et
nous allons chercher un moyen de vous aider dans vos luttes et de parler
avec vous pour apprendre, parce que s'il y a bien une chose que nous avons
apprise, c'est à apprendre.

Et nous voulons dire aux peuples latino-américains que nous sommes fiers
d'être des leurs, même si nous n'en sommes qu'une petite partie. Et que
nous nous rappelons parfaitement comment ce continent a brillé, il y a des
années de cela, et qu'une lumière s'appelait Che Guevara, comme auparavant
elle s'était appelé Bolivar, parce que parfois les peuples se saisissent
d'un nom pour dire qu'ils se saisissent d'un étendard.

Et nous voulons dire au peuple de Cuba, qui résiste depuis si longtemps
sur son chemin, qu'il n'est pas seul et que nous ne sommes pas d'accord
avec le blocus dont il est victime et que nous allons chercher un moyen de
lui envoyer quelque chose, même si ce n'est que du maïs, pour l'aider à
résister. Et nous voulons dire au peuple nord-américain que nous ne sommes
pas naïfs et que nous savons que leurs mauvais gouvernements sont une
chose, et que les Nord-Américains qui luttent dans leur pays et se
solidarisent avec les luttes d'autres pays sont une chose très différente.
Et nous voulons dire aux frères et aux sœurs mapuche du Chili que nous
connaissons leur lutte et que nous apprenons d'elle. Et à ceux et celles
du Venezuela que nous trouvons que c'est bien la manière dont ils
défendent leur souveraineté, autrement dit le droit de leur nation à
décider du chemin qu'elle veut emprunter. Et nous voulons dire aux frères
et aux sœurs indigènes d'Équateur et de Bolivie qu'ils sont en train de
donner une belle leçon d'histoire, à nous et à l'Amérique latine tout
entière, parce que pour une fois on parvient à stopper la mondialisation
néolibérale. Et nous voulons dire aux piqueteros et aux jeunes
d'Argentine, simplement, que nous les aimons. Et à ceux d'Uruguay qui
veulent un meilleur pays que nous les admirons. Et à ceux qui sont sans
terre au Brésil que nous les respectons. Et à tous les jeunes d'Amérique
latine que ce qu'ils font est très bien et qu'ils nous donnent beaucoup
d'espoir.

Et nous voulons dire aux frères et aux sœurs de l'Europe sociale,
autrement dit l'Europe digne et rebelle, qu'ils ne sont pas seuls. Que
nous nous réjouissons de leurs grands mouvements contre les guerres
néolibérales. Que nous observons attentivement leurs formes d'organisation
et leurs formes de lutte pour en apprendre éventuellement quelque chose.
Que nous cherchons un moyen de soutenir leurs luttes et que nous n'allons
pas leur envoyer des euros, pour qu'après ils soient dévalués à cause de
l'effondrement de l'Union européenne, mais que nous allons peut-être leur
envoyer de l'artisanat et du café, pour qu'ils les commercialisent et en
tirent quelque chose pour les aider dans leurs luttes. Et que peut-être
que nous leur enverrons du pozole, ça donne des forces pour résister, mais
qu'après tout il est possible que nous ne leur envoyions pas, parce que le
pozole c'est quelque chose bien de chez nous et qu'il ne manquerait plus
qu'ils attrapent mal au ventre et qu'après leurs luttes s'en ressentent et
qu'ils soient vaincus par les néolibéralistes.

Et nous voulons dire aux frères et sœurs d'Afrique, d'Asie et d'Océanie
que nous savons qu'eux aussi luttent et que nous voulons en savoir plus
sur leurs idées et sur leurs pratiques.

Et nous voulons dire au monde que nous voulons le faire plus grand, si
grand que puissent y avoir leur place tous les mondes qui résistent parce
que les néolibéralistes veulent les détruire et qu'ils ne se laissent pas
faire mais luttent pour l'humanité.

Alors, au Mexique, nous voulons arriver à un accord avec des personnes et
des organisations de gauche, uniquement, parce que nous pensons que ce
n'est au sein de la gauche politique que l'on trouve la volonté de
résister à la mondialisation néolibérale et de construire un pays où tout
le monde jouisse de la justice, de la démocratie et de la liberté. Et non
comme maintenant où la justice n'existe que pour les riches, où la liberté
n'existe que pour leurs grands négoces et où la démocratie n'existe que
pour couvrir les murs de propagande électorale. Et aussi parce que nous
pensons que c'est uniquement de la gauche que peut surgir un plan de lutte
pour que notre patrie, c'est-à-dire le Mexique, ne meure pas.

Et alors, ce à quoi nous avons pensé, c'est de dresser avec ces personnes
et organisations de gauche un plan pour aller partout au Mexique où il y a
des gens humbles et simples comme nous.

Et nous n'allons pas aller leur dire ce qu'ils doivent faire, autrement
dit leur donner des ordres.

Nous n'allons pas non plus leur demander de voter pour tel ou tel
candidat, nous savons parfaitement qu'ils sont tous partisans du
néolibéralisme.

Nous n'allons pas non plus leur dire qu'ils fassent comme nous ou qu'ils
prennent les armes.

Non, ce que nous allons faire, c'est leur demander comment ils vivent,
comment est leur lutte, ce qu'ils pensent de notre pays et comment faire
ensemble pour ne pas être vaincus.

Ce que nous allons faire, c'est aller chercher la pensée des gens simples
et humbles comme nous et peut-être que nous y trouverons le même amour
pour nous ressentons pour notre pays.

Et peut-être que nous arriverons à un accord entre gens simples et humbles
et qu'ensemble nous nous organiserons dans tout le pays et que nous
mettrons d'accord nos luttes qui restent isolées, loin les unes des
autres, et que nous trouverons une sorte de programme qui réunisse tout ce
que tout le monde veut, et un plan pour savoir comment faire que ce
programme, appelé "programme national de lutte", atteigne ses objectifs.

Et alors, en accord avec la majorité des gens que nous allons écouter, eh
bien, nous pourrions faire une lutte de tout le monde : des indigènes, des
ouvriers, des paysans, des étudiants, des professeurs, des employés, des
femmes, des enfants, des anciens et des hommes et avec toutes les
personnes au cœur bon qui auront envie de lutter pour que ne soit pas
détruit et vendu notre pays, qu'on appelle "le Mexique" et qui va du Rio
Bravo au Rio Suchiate et qui est bordé, d'un côté, par l'océan Pacifique,
et de l'autre, par l'océan Atlantique.

VI. COMMENT NOUS ALLONS LE FAIRE

Alors voilà notre parole simple, qui s'adresse aux gens humbles et simples
du Mexique et du monde et que nous appelons en cette occasion :

Sixième Déclaration de la forêt Lacandone.

Et nous voici venus pour dire, avec notre parole simple, que...

L'EZLN renouvelle ses engagements concernant le maintien du cessez-le-feu
offensif et elle ne lancera aucune attaque contre les forces
gouvernementales et n'effectuera aucun mouvement de troupes offensif.

L'EZLN renouvelle ses engagements concernant la poursuite de ses activités
dans le cadre de la lutte politique, avec l'initiative pacifique actuelle.
Par conséquent, l'EZLN maintient sa volonté de n'entretenir aucune sorte
de relation secrète avec des organisations politico-militaires mexicaines
ou d'autres pays.

L'EZLN renouvelle ses engagements concernant la défense, le soutien et
l'obéissance aux communautés indigènes zapatistes qui la constituent ainsi
qu'à leur commandement suprême, et, sans interférer avec leurs méthodes
démocratiques internes et dans la mesure de ses possibilités, elle
contribuera au renforcement de leur autonomie, de leur bon gouvernement et
à l'amélioration de leurs conditions de vie. Autrement dit, ce que nous
allons faire au Mexique et dans le monde, nous le ferons sans armes, dans
le cadre d'un mouvement civil et pacifique, et sans négliger ni cesser de
soutenir nos communautés.

Par conséquent...
Dans le monde...

1. Nous établirons plus de relations respectueuses et de soutiens mutuels
avec des personnes et des organisations qui résistent et luttent contre le
néolibéralisme et pour l'humanité.

2. Dans la mesure de nos possibilités, nous fournirons des aides
matérielles, des aliments et de l'artisanat aux frères et sœurs qui
luttent dans le monde entier.

Pour commencer, nous allons demander au Conseil de bon gouvernement de La
Realidad de nous prêter le camion baptisé "Chompiras", d'une capacité
d'environ 8 tonnes, et nous allons le remplir de maïs et si possible de
deux bidons de 200 litres chacun rempli d'essence ou de pétrole, selon les
besoins, que nous allons livrer à l'ambassade de Cuba à Mexico, pour
qu'elle le fasse parvenir au peuple cubain en tant que soutien des
zapatistes à sa résistance au blocus nord-américain. Mais s'il y avait un
endroit plus près où livrer, ce ne serait pas plus mal, parce qu'il faut
toujours aller jusqu'à Mexico qui est bien loin et il n'est pas impossible
que "Chompiras" rende l'âme et alors on n'en mènerait pas large. Et de
toute façon, ce ne serait pas avant la récolte et si on ne nous attaque
pas, parce que tout est encore vert dans la milpa et que si nous
l'envoyons maintenant, ce sera de l'élote qui n'arriverait pas en bonnes
conditions, même sous forme de tamales. Ce serait mieux en novembre ou en
octobre, au choix.

Et nous allons aussi nous mettre d'accord avec des coopératives
d'artisanat de femmes pour pouvoir envoyer une bonne cargaison de
vêtements brodés aux Europes, qui ne seront peut-être plus une Union, et
puis peut-être aussi du café écologique des coopératives zapatistes, pour
qu'elles puissent le vendre et avoir un peu de sous pour leur lutte. Et
s'il ne se vend pas, elles pourront toujours se faire un petit café et
causer de la lutte antinéolibérale, et s'il fait froid, elles pourront se
couvrir avec les tissus brodés zapatistes, qui résistent parfaitement au
lavage à la main et à la pierre et qui ne déteignent pas, en plus.

Et nous allons aussi envoyer aux frères et sœurs indigènes de Bolivie et
d'Équateur un peu de maïs non transgénique. Il y a juste que nous ne
savons pas où le livrer pour qu'il arrive en de bonnes mains, mais nous
aimerions vraiment fournir cette petite aide.

3. Et nous disons à tous ceux et à toutes celles qui résistent dans le
monde entier qu'il faut organiser d'autres rencontres intercontinentales,
même si ce n'est qu'une seule de plus. En décembre ou en janvier prochain,
peut-être, il faudrait y penser. Nous ne voulons pas fixer de date, parce
qu'il s'agit de faire les choses en se mettant tous d'accord sur où,
comment et qui. Mais il ne faudrait pas que ce soit ce genre de rencontre
avec estrades où il n'y en a que quelques-uns qui parlent pendant que les
autres écoutent, mais une rencontre sans formalités, tout le monde sur le
même plan et tout le monde parle. Avec un peu d'ordre quand même, parce
que, sinon, c'est rien que du bruit et on ne comprend rien à ce qui est
dit, alors qu'avec un peu d'organisation tout le monde écoute et peut
prendre note des paroles de résistance des autres pour pouvoir les
rapporter à leurs compañeros et compañeras dans leur propre monde. Et nous
avons pensé que ça pourrait se faire dans un endroit où il y a une grande
prison, pour le cas où il y aurait de la répression et qu'on nous
emprisonne et, comme ça, nous ne serions pas entassés les uns sur les
autres. En prison, soit, mais bien organisés, et nous pourrions continuer
en prison la rencontre intercontinentale pour l'humanité et contre le
néolibéralisme. Alors, plus loin nous allons vous dire comment faire pour
nous mettre d'accord sur la manière de se mettre d'accord. Enfin, en tout
cas, c'est comme ça que nous pensons faire ce que nous voulons faire dans
le monde. Mais d'abord...

Au Mexique...

1. Nous allons continuer à lutter pour les peuples indiens du Mexique, et
plus seulement pour eux ni rien qu'avec eux, mais aussi pour tous les
exploités et les dépossédés du Mexique, avec eux tous et dans l'ensemble
du pays. Et quand nous parlons de tous les exploités du Mexique, nous
parlons aussi des frères et sœurs qui ont dû partir aux Etats-Unis
chercher du travail pour pouvoir survivre.

2. Nous allons aller écouter et parler directement, sans intermédiaires ni
médiations, avec les gens simples et humbles du peuple mexicain et, en
fonction de ce que nous entendrons et apprendrons, nous élaborerons, avec
ces gens qui sont, comme nous, humbles et simples, un programme national
de lutte. Mais un programme qui soit clairement de gauche, autrement dit
anticapitaliste et antinéolibéral, autrement dit pour la justice, la
démocratie et la liberté pour le peuple mexicain.

3. Nous allons essayer de construire ou de reconstruire une autre façon de
faire de la politique, une façon qui renoue avec l'esprit de servir les
autres, sans intérêts matériels et avec sacrifice, en consacrant son temps
et avec honnêteté, en respectant la parole donnée et avec pour seule paye
la satisfaction du devoir accompli. Autrement dit, comme le faisaient
auparavant les militants de gauche que rien n'arrêtait, ni les coups, ni
la prison, ni la mort, et encore moins des dollars.

4. Nous allons aussi essayer de faire démarrer une lutte pour exiger une
nouvelle Constitution, autrement dit des nouvelles lois qui prennent en
compte les exigences du peuple mexicain, à savoir : logement, terre,
travail, alimentation, santé, éducation, information, culture,
indépendance, démocratie, justice, liberté et paix. Une nouvelle
Constitution qui reconnaisse les droits et libertés du peuple et qui
défende le faible contre le puissant.

DANS CE BUT...

L'EZLN enverra une délégation de sa direction pour accomplir cette tâche
sur l'ensemble du territoire mexicain et pour une durée indéterminée.
Cette délégation zapatiste se rendra aux endroits où elle sera
expressément invitée, en compagnie des organisations et des personnes de
gauche qui auront souscrit à cette Sixième Déclaration de la forêt
Lacandone.

Nous informons à l'avance que l'EZLN mènera une politique d'alliances avec
des organisations et des mouvements non électoralistes qui se définissent,
en théorie et en pratique, comme des mouvements et organisations de
gauche, aux conditions suivantes :

Non à des accords conclus en haut pour imposer en bas, mais oui à conclure
des accords pour aller ensemble écouter et organiser l'indignation ; non à
créer des mouvements qui soient ensuite négociés dans le dos de ceux qui y
participent, mais oui à toujours tenir compte de l'opinion des
participants ; non à la recherche de récompenses, de promotion,
d'avantages, de postes publics, du pouvoir ou de qui aspire au pouvoir,
mais oui à outrepasser les calendriers des élections ; non à essayer de
résoudre d'en haut les problèmes de notre pays, mais oui à la construction
PAR LE BAS ET POUR EN BAS d'une alternative à la destruction néolibérale,
une alternative de gauche pour le Mexique.

Oui au respect réciproque de l'autonomie et de l'indépendance
d'organisations, à leurs formes de lutte, à leur façon de s'organiser, à
leurs méthodes internes de prises de décision, à leurs représentations
légitimes, à leurs aspirations et à leurs exigences ; et oui à un
engagement clair et net de défense conjointe et coordonnée de notre
souveraineté nationale, par conséquent avec une opposition sans
concessions aux tentatives de privatisation de l'énergie électrique, du
pétrole, de l'eau et des ressources naturelles.

Autrement dit, nous invitons comme qui dirait les organisations politiques
et sociales de gauche qui ne sont pas officiellement déclarées et les
personnes qui se revendiquent de gauche sans appartenir aux partis
politiques officiels à nous réunir, au moment, à l'endroit et de la
manière que nous leur proposerons en son temps, afin d'organiser une
campagne nationale, en parcourant tous les lieux même les plus reculés de
notre patrie, pour écouter et organiser la parole de notre peuple. Alors,
c'est comme une campagne, mais bien différente parce qu'elle n'est pas
électorale.

Frères et sœurs,

Voici notre parole. Nous disons :

Dans le monde, nous allons nous jumeler plus qu'auparavant avec les luttes
de résistance contre le néolibéralisme et pour l'humanité.

Et nous allons soutenir, même si ce n'est qu'un petit peu, ces luttes.

Et nous allons échanger dans un respect mutuel expériences, histoires,
idées et rêves.

Au Mexique, nous allons parcourir l'ensemble du pays, au milieu des
décombres qu'a semés la guerre néolibérale et parmi les résistances,
retranchées, qui y fleurissent.

Nous allons chercher, et trouver, des gens qui aiment ces terres et ces
cieux au moins autant que nous.

Nous allons chercher, de La Realidad à Tijuana, des gens qui veulent
organiser et lutter et construire qui sait le dernier espoir que cette
nation, qui existe au moins depuis le jour où un aigle s'est posé sur un
nopal pour y dévorer un serpent, ne meure pas.

Nous invitons les indigènes, les ouvriers, les paysans, les professeurs,
les étudiants, les ménagères, les habitants des colonias, les petits
propriétaires, les petits commerçants, les micro-chefs d'entreprise, les
retraités, les handicapés, les prêtres et les bonnes sœurs, les
chercheurs, les artistes, les intellectuels, les jeunes, les femmes, les
vieillards, les homosexuels, les lesbiennes et les enfants, garçons et
filles, à participer directement, de manière individuelle ou collective, à
la construction d'une autre façon de faire de la politique et d'un
programme de lutte national et de gauche, et à lutter pour une nouvelle
Constitution.

Voilà quelle est notre parole pour dire ce que nous allons faire et
comment nous allons le faire. Elle est à votre disposition, si cela vous
intéresse.

Et nous voulons dire aux hommes et aux femmes à la pensée bonne dans leur
cœur qui seraient d'accord avec cette parole que nous donnons de ne pas
avoir peur ou, s'ils ont peur, de se dominer et de dire publiquement s'ils
sont d'accord avec cette idée que nous lançons. Comme ça, on verra enfin
une fois pour toutes avec qui, où, quand et comment va être franchi ce
nouveau pas dans la lutte.

Pendant que vous y réfléchissez, sachez que, en ce sixième mois de l'an
2005, nous, les hommes, les femmes, les enfants et les anciens de l'Armée
zapatiste de libération nationale nous avons déjà pris notre décision et
que nous souscrivons à cette Sixième Déclaration de la forêt Lacandone, et
qu'elle a été contresignée par ceux qui savaient signer et que ceux qui ne
savaient pas ont mis leurs empreintes, bien qu'il y ait moins de personnes
maintenant qui ne savent pas, parce qu'une éducation a pu être donnée ici,
dans ce territoire en rébellion pour l'humanité et contre le
néolibéralisme, autrement dit sous les cieux et sur les terres zapatistes.

Voilà quelle a été notre parole simple s'adressant aux cœurs nobles des
gens simples et humbles qui résistent et se rebellent contre l'injustice
dans le monde entier.

DÉMOCRATIE !
LIBERTÉ !
JUSTICE !

Des montagnes du Sud-Est mexicain.

Comité clandestin révolutionnaire indigène
Commandement général de l'Armée zapatiste de libération nationale.
Mexique, en ce sixième mois, autrement dit en juin, de l'an 2005.

— Traduit par Angel Caido, compañero que nous remercions chaleureusement, diffisé par le Comité de solidarité avec les peuples du Chiapas en lutte (CSPCL, Paris) - 33, rue des Vignoles - 75020 Paris - France réunion (ouverte) le mercredi à partir de 20 h 30 http://cspcl.ouvaton.org cspcl altern.org liste d'information : http://listes.samizdat.net/sympa/info/cspcl_l

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