Secrétariat international de la CNT

Afrique du Sud : Répression contre la lutte des mal logés

Publié le lundi 7 décembre 2009

Les 13 de Kennedy (Kennedy Road, terres occupées par des mal logés) étaient
de retour devant la court vendredi pour leur sixième tentative de demande
de bail.

Après 2 mois en détention toutes les charges contre 1 des 13
étaient tombées, 6 ont eut un bail et les 5 restants ont été renvoyés en
prison pour permettre à la police de trouver une quelconque preuve contre
eux. Le prochain jugement aura lieu le 11 décembre.

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Ce sera la 7 ème opportunité donnée à la police pour trouver une preuve de
leur culpabilité.

Comme d'habitude, Jackson Gumede et Yakoob Baig étaient au procès et ont
ouvertement conseillé les magistrats.

Gumede est le président du Comité
Executif de la branche de Ward 25 de l'ANC et l'homme qui a confisqué le
contrôle du campement de Kennedy Road le 27 septembre 2009.

Baig est le
conseiller ANC pour Ward 25 et celui qui a dit que « l'harmonie avait été
restaurée après l'attaque contre Abahali baseMjondolo (AbM). Il était
aussi sur place quand les maisons des membres du Comité pour le
développement de Kennedy Road ainsi que les membres de AbM connus étaient
systématiquement démolies.

Depuis que l'ANC a confisqué le contrôle du
campement les intimidations extrêmes continuent, incluant des menaces de
mort et des menaces de plus de démolitions de maisons.

De fait une
nouvelle maison a été démolie hier dimanche 30 novembre.

`C'est un crime de menacer de mort des gens parce qu'ils ne soutiennent
pas votre parti politique. De même c'est un crime de démolir la maison de
quelqu'un qui est supposé ne pas soutenir votre parti politique. Mais il
n'y a pas d'enquête sur ces crimes. Personne n'est arrêtée. Il est clair
que ces crimes sont commis avec l'aide de la police et de l'ANC locale.
Baig et Gumede sont complices de cette politique criminelle d'intimidation
à Ken. Road. Déjà ils sont capables de conseiller les magistrats. Il est
clair que la police et la justice travaillent pour l'ANC et non pour le
peuple.

La magistrate a dit qu'il y aurait une enquête pour savoir s'il y avait
eut un meeting de AbM avant l'attaque. Elle a fait sonner ça comme si
participer à un meeting était une preuve claire de culpabilité. Mais bien
sur qu'il y avait un meeting de l'AbM ! Ce fut la ligue des jeunes de
L'AbM du camp qui fut attaquée ! Est ce que tous ceux d'entre nous qui ont
participé au meeting peuvent ils maintenant être les cibles d'une
arrestation Tenir un meeting n'est pas un crime. C'est les attaquer qui en
est un ! Nous avons soutenu la Ligue de jeunesse du camp ce 26 septembre,
pour parler de nos besoins et de notre combat. Rien d'autre.

Quand le camp
a été attaqué nous n'avons pas su pourquoi nous l'étions. Nous n'avons pas
su qui nous attaquait.

L'attaque fut une surprise totale et un choc. Tout
ce que nous avons su c'est que nos assaillants disaient qu'ils allaient
expulser le AmanPondo hors du camp et tuer tous les dirigeants de AbM.
La police n'est pas venue quand on l'a appellée. Quand ils sont arrivés
nous étions si choqués que ce furent nos propres camarades qui ont été
arrêtés pas les assaillants. Alors les politiciens de l'ANC sont arrivés.

Ils ont encouragé l'attaque. Ils n'ont rien fait pour empêcher les
démolitions des maisons de nos membres. Willies Mchunu a dit que Kennedy
Road avait été libérée.

Il est devenu très clair de voir qui étaient nos
attaquants.
Quand nous sommes allés au tribunal pour défendre nos camarades l'ANC
était là avec ses drapeaux et des t-shirts pour demander à ce qu'aucun
bail ne soit accordé à nos camarades. Tout était clair.

A ce premier jugement public de bail nous sommes allés au procès portant
notre uniforme de AbM complet. Nous avons été stoppés à la porte. Les
gardes de sécurité ont dit qu'ils acceptaient seulement 10 personnes
portant des chemises rouges. Alors nous avons tenu un meeting et délègue
10 camarades.

Quand ils sont entrés ils ont vu que le tribunal était
rempli de membres de l'ANC portant leurs tshirts. Quand le conseiller
Yacoob Baig est rentré dans le tribunal il est allé directement vers le
procureur. Le procureur est allé parler a des policiers qui ont dit a nos
10 camarades qu'il n'y avait plus de place pour eux et ils ont du partir.
C'est alors que nous avons compris que l'ANC ne nous attaquait pas
seulement avec des ivrognes armés de couteaux, ils nous attaquaient aussi
avec le tribunal.

A chaque fois que nous sommes allés devant la court ils
ont interdit l ‘entré a ceux qui portaient des chemises rouges mais
autorisé a entrer librement les porteurs de t-shirts ANC.
Nous avons décidé stratégiquement de ne plus venir avec des chemises
rouges, mais le tribunal est resté injuste. Même pendant que la court
rendait ses jugements les membres de l ‘ANC criaient, chantaient des
slogans et même parfois juraient .

Quand les 13 de Kennedy Road sont
arrivés, sortis de leurs cellules, ceux de l'ANC se sont levés pour les
insulter, les intimider et essayer de les attaquer. Le camarade Sam de
Arnett Drive et Mama Ngongoma de Siyanda furent attaqués physiquement . La
police n'a rien fait. Si vous parlez ou que votre téléphone sonne vous
devez partir ? Ce sont les lois qui doivent être respectées à l'audience.
Mais l'ANC peut faire ce qu'elle veut et rien n'est fait contre elle.
Les supporters de l'ANC nous ont attendu dehors et insultés et menacé de
nous attaquer. Le révérend Roland Vernon est intervenu pour nous défendre
malgré les insultes et menaces. Les supporteurs de l'ANC ont clairement
dit qu'ils avaient pour instructions de tuer S'bu Zikode et qu'ils le
feraient.

Pour nous une court doit être neutre mais celle ci est 100% ANC.

Pour nous tout le monde a le droit d ‘être jugé sous 48h s'il a été
arrêté, mais les 13 de KEN Road on passé 2 mois en prison sans charges
précises. Même la magistrate a dit qu'elle ne les connaitrait que le
vendredi 26 novembre.
De fait la magistrate ne saura qui sont les 13 de KenRoad que vendredi.
Quand les 13 ont été arrêtés l'ANC a dit qu'ils étaient tous membres du
Comité de Sécurité (ils l'appellent le forum). A la dernière audience même
la magistrate a dit que nos camarades n'en faisaient pas partie. En fait
il n'y en a que deux qui sont de Safety and Security. Tous les autres sont
membres de Abahli.

Yacoob Baig et Willies Mchunu ont envoyé des lettres au tribunal demandant
le refus des baux. S'bu Zikode a écrit une lettre en réponse ou il disait
que nous connaissions les 13et leur rôle dans la communauté, qu'ils
n'étaient pas dangereux et demandions la garantie d'un bail. Le procureur
a dit que la lettre de Zikode ne devrait pas être prise en compte car il
n'est plus un leader. La présidente de la court a repris l'argument disant
que Zikode n'est plus le Président des Pauvres car il n'habite plus à
Kennedy Road. Elle n'a pas dit pourquoi il a été obligé de partir ni
pourquoi sa maison a été démolie, ni pourquoi il ne peut toujours pas
apparaître en public a Durban. Nous voulons que ce soit clair que nous
sommes pauvres et que Zikode est notre président.

Nous comme « habitants des cabanes » organisés exigeons la libération des
5 camarades encore en prison. Ils sont allés devant le tribunal six fois
et la justice n'a pas réussi à trouver de charges contre eux. Ce n'est pas
légal de détenir des gens quand il n'y a pas de charges.

Les 13 de Kennedy n'ont pas été bien traités en prison. Même leurs
visiteurs ont été mal traités. Leurs gardiens nous ont fait attendre des
heures et des heures pour les voir juste deux minutes. On n'avait même pas
le temps de dire « Sawubona ».

On devait juste laisser la nourriture dans
la cellule et partir. Nous sommes inquiets de la façon dont les 5 qui
restent sont traités. Nous sommes inquiets pour leurs familles.
Nous voulons une vrai enquête, neutre, qui ne cherche que la vérité.

Nous
refusons toute enquête, qui soit une enquête de l'ANC, qui n'a comme but
que de renvoyer les pauvres organisés dans les coins sombres de notre
pays, les renvoyer au silence, a la faiblesse, aux camps de transît, aux
zones rurales, a l'obscurité au gaspillage de nos vies a faire la queue
pour l'eau, aux incendies, au développement organisé sous le contrôle d'un
fusil et non par la négociation.

Après que encore un autre de nos camarades ait eu sa maison démolie en
plein jour hier, nous sommes allés à la police et demandé a porter
plainte. C'est le cas n°380/11/2009. Nous invitons les medias à enquêter
sur ce cas. Nous avons tous besoin de nous instruire sur les réalités
politiques de notre pays.
Tout ce que nous voulons c'est la justice.

Pour voir une vidéo :
.http://www.youtube.com/watch?v=-8gQv19cD4Y

Pour plus d'infos (pour ceux qui veulent appeler en Afrique du Sud)
Mama Mkhize 076 579 6198 (isiZulu)
Mazwi Nzimande 074 222 8601 (English/isiZulu)
Mama Nxumalo 076 333 9386 (isiZulu)

Abahlali baseMjondolo, avec Le Mouvement des sans terre (Gauteng), le
réseau rural (Kwazulu-Natal), la campagne anti expulsion de Ouest Cap fait
partie de L'alliance des Pauvres, un réseau national et démocratique basé
sur le mouvement des pauvres.

Traduction : Georges (SI de la CNT)

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