Plateforme reventicative

lundi 2 mai 2016
par  webmaster

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VERS UNE RÉVOLUTION AGRAIRE

L’échec du modèle agricole dominant, basé sur l’exploitation de l’Homme et l’épuisement des ressources naturelles, est désormais patent. L’industrie et les États tentent pourtant toujours de nous convaincre de son caractère inéluctable pour assurer l’alimentation mondiale.
Non seulement ce modèle ne sauvera pas l’Humanité mais bien au contraire il la condamne.
Il est donc aujourd’hui nécessaire et urgent de développer, à une large échelle, un autre modèle.
De nombreuses associations et groupes travaillent à cet autre futur et cela est encourageant.
La CNT y prend sa part en se plaçant dans la lutte générale contre le capi­talisme et la domination des individus et des peuples.
Son héritage anarcho-syndicaliste, place la FTTE, partie prenante de cette confédération, en situation de concevoir une production agricole tournée vers la satisfaction des besoins réels de la population, dans un ca­dre non marchand et non concurrentiel. C’est pour une agriculture solidaire et autogestionnaire que nous voulons oeuvrer.
Pour nous, le maître mot pour cette réalisation est la prise en main di­recte par les producteurs et les consommateurs des moyens de pro­duction et de distribution.
Tout en s’opposant concrètement à l’agro-industrie, nous voulons déve­lopper, dès aujourd’hui, les outils nécessaires à cette alternative au capita­lisme.
Dans cette brochure, nous avons tenté, collectivement au sein de nos syndicats, de préciser au mieux, pour nos militants et sympathisants, les axes de notre action présente et future.
Rien d’exhaustif bien sûr dans cette première approche. L’avenir est ou­vert et le pragmatisme nécessaire à une lutte révolutionnaire efficace fait partie de notre positionnement.
Ces analyses et propositions sont aussi pour nous un appel à un large débat, dans nos rangs bien sûr, mais également au-delà, afin de construire un monde libre, juste et solidaire.

Assurer l’alimentation et la santé publique :

Objectif :

La collectivité, par ses choix éthiques et ses structures sociales de pro­duction et de distribution, doit assurer quantitativement, qualitativement et de façon égalitaire l’alimentation de la population.
La production doit se faire dans le respect du vivant et la distribution doit tendre à raccourcir ses circuits, afin d’assurer un réel contrôle (proximité) par les consommateurs.
Nos refus :
Sont à proscrire toutes les méthodes agronomiques mises en avant par le modèle industriel, à savoir : pesticides, OGM, hormones, désaisonnement dégradation des sols (engrais chimiques et irrigation irraisonnée), rétrécis­sement des bases génétiques.
Concernant la distribution : transport des marchandises sur de longues distances, anonymat des produits, empilement de normes et de labels, dénaturarion et dégradation des produits (maquillage, arômes, additifs...) gaspillage doivent être stoppés.
Le concept de traçabilité, développé à la suite des crises sanitaires pro­voquées par l’agro-industrie, est une illusion pour les consommateurs (trop éloignés de la production) et contribue à la disparition des petits producteurs.

Nos souhaits :

Les méthodes agronomiques utilisées doivent respecter l’équilibre des chaînes alimentaires et les cycles biologiques.
Circuits courts (coopératives, marchés de proximité et toutes formes collecti­ves), respect des saisons doivent être une priorité dans la distribution. La distribution doit rapprocher au maximum producteurs et consomma­teurs, seule voie pour que les produits de qualité soient accessibles à tous les consommateurs, tout en assurant aux producteurs une ré­munération correcte sans contraintes excessives.

Moyens : (court et long terme)

  • Développement et enseignement des techniques agronomiques respectueuses du vivant.
  • Emploi d’outils à faible technologie intégrée (facile à maîtriser).
  • Partage des savoirs.
  • Recherche par chaque collectivité locale de l’autonomie alimen­taire maximale à tous les échelons géographiques.
  • Boycott individuel et collectif des aliments dénaturés.
  • Création de circuits courts de distribution.

Libérer le monde rural de la domination de l’industrie :


Objectif :

La société dans son ensemble et en particulier la production agricole est soumise à l’industrie et à la finance. Il y a nécessité d’autonomiser l’agri­culture pour la sortir de ce carcan.

Nos refus :

Cette mainmise s’exerce sur différents secteurs de la production comme, notamment, les brevets sur le vivant et les techniques, la production de normes économiques, sanitaires, génétiques...
La captation par les firmes privées ou d’Etat de la diversité génétique et par voie de conséquence son appauvrissement sont à combattre.
Les producteurs sont mis sous tutelles, au point d’être parfois de simples exécutants (intégration). L’enseignement a un rôle déterminant dans cette normalisation car il est lui-même soumis à l’industrie.
Cette réalité vaut bien sûr également pour les paysanneries du tiers monde.

Nos souhaits :

A la privatisation du vivant (OGM, catalogue officie ! des variétés) et celle du savoir accumulé au cours des millénaires, nous entendons opposer la socialisation et la mutualisation de ces savoirs et leur libre circula­tion. Favoriser la biodiversité et le développement de variétés et popula­tions végétales et animales localement adaptées.
A l’obligation de moyens imposés par les normes industrielles, nous prô­nons l’obligation de résultat (qualitatif, sanitaire, environnemental...), dans le cadre de la responsabilisation individuelle et collective au cas par cas.
L’enseignement doit être libéré des influences de l’industrie, des orga­nisations confessionnelles et/ou politiques.
Son indépendance d’organisation et de gestion doit être recherchée par une autonomie financière. Une localisation de cette formation agricole doit l’y aider.
L’autonomie alimentaire maximale et la solidarité internationale doivent être recherchées à tous les niveaux géographiques.

Moyens : (court et long terme)

  • Liberté d’installation sans seuil minimum d’installation.
  • Adoption de normes d’hygiène adaptées à la production fermière et artisanale, et libres choix techniques des producteurs dans le cadre de leur responsabilité individuelle et collective.
  • Mise en place de réseaux d’échange et de diffusion des savoirs et techniques.
  • Création de structures pour faciliter Ses échanges de ressources génétiques végétales et animales.
  • Prise en main des décisions par les habitants en créant des assemblées populaires communales.
  • Mise en place de structures locales assurant une formation diversifiée et adaptée aux conditions locales et aux besoins collec­tifs.
  • Mise en place de structures de solidarité internatio­nale.
  • Arrêt des aides à l’exportation.

Dynamiser les zones et populations agricoles, fores­tières et rurales :

Objectif :

Il est nécessaire et urgent d’augmenter massivement le nombre de produc­teurs ruraux (agriculteurs et artisans) afin de desserrer l’étau de l’industrialisa­tion de la production agricole, de stopper la concentration urbaine et de revi­taliser les zones rurales. Seul un nombre important de producteurs peut per­mettre d’assurer, dans des conditions réalistes et correctes la production ali­mentaire de qualité nécessaire à la population.

Nos refus :

Concernant la production agricole, il est nécessaire de lutter contre l’agran­dissement qui se fait au détriment de l’installation de nouveaux ruraux.
D’un point de vue plus général, les résidences secondaires et les gîtes ru­raux contribuent eux aussi grandement à la difficulté que rencontrent les nou­veaux arrivants pour se loger. Ils provoquent une raréfaction des logements ou locaux professionnels et une augmentation des loyers.
Les infrastructures diverses et un type d’urbanisation qui détruisent cha­que année des milliers d’hectares de terres agricoles utiles à l’alimentation.
Nos souhaits :
Il faut favoriser par tous les moyens l’installation individuelle et collective en milieu rural sur des bases de vie et de production locales. L’habitat perma­nent et de proximité doit être favorisé à tous tes niveaux. L’installation doit être soutenue localement. L’urbanisation doit être maîtrisée localement par des schémas favorisant la protection des terres agricoles.

Moyens : (court et long terme)

  • Abandon du statut administratif lié à la surface (suppression notamment de la surface minimum d’installation).
  • Encourager l’auto construction en l’encadrant par des orientations locales démocratiquement débattues.
  • Créer des structures d’entraide et des Groupements Fonciers Agri­coles (GFA) pour accompagner l’installation.
  • Préempter puis communaliser les terres et bâtiments vacants dans les communes.
  • Créer des instances locales autogestionnaires pour l’attribution et l’utilisation de ces terres et bâtiments communaux, en fonction de la de­mande et des orientations définies démocratiquement par la collectivi­té communale (priorité à la production alimentaire).
  • Limiter la propriété à l’usage, c’est à dire à ce qui peut être cultivé sans recours au salariat.
  • Favoriser et aider les formes associatives ou collectives de pro­duction, de distribution et d’approvisionnement.
  • Réorienter les outils coopératifs existants vers une action soli­daire et collective relocalisée. En créer de nouveaux.
  • Prendre en main la formation par les producteurs eux- mêmes et sa réorganisation le plus localement possible afin de l’adapter aux besoins réels et aux orientations décidées collectivement à tous les niveaux.
  • Réinvestir les outils mutuels pour la protection sociale (maladie, accident, vieillesse, climat...)
  • Maintenir et développer les services publics locaux.
  • Rechercher d’autres modèles architecturaux et d’autres modes de transports (collectifs et individuels) moins destructeurs en terres agricoles.


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