Le cabas noir

mercredi 4 juin 2008
par  webmaster

Le Cabas Noir : … l’image des anciennes coopératives ouvrières organisait samedi, son assemblée génèrale suivie d’une soirée festive de clôture.

Rencontre avec son président, Jean-Pierre Dubuquet, qui revendique plutôt le titre d’animateur

Comment est née cette association ?

Nous avons commencé en septembre 2007. Les syndicats de la Confédération Nationale du travail lancent régulièrement des initiatives comme le salon de l’autre livre ou l’idée de cette coopérative. Nous avions rencontré des petits paysans de Bordeaux qui s’étaient déjà… organisés. Cela nous a donné envie d’essayer. L’association existe aujourd’hui de manière autonome.

Quel en est le concept ?

Nous fonctionnons sur le modèle des coopératives ouvrières du XIXe siècle. Nous avons la volonté de montrer que les gens peuvent s’organiser d’une manière égalitaire en gardant une autonomie financière. Nous refusons toute idée de subvention. C’est un soutien aux gens qui font une authentique agriculture de paysans, les petits producteurs locaux. On veut éviter les grands trajets et les intermédiaires. Ainsi, l’environnement est préservé, le travail reçoit une juste rémunération et le consommateur trouve des produits de qualité à des prix tout à fait corrects. C’est aussi un lieu d’échange où les gens partagent les infos, les idées. Nous tenons à démontrer que l’on peut passer des idées à leur réalisation.

L’histoire stéphanoise est-elle un élément important ?

L’Histoire est importante. Savoir et faire savoir d’où on vient et ce que l’on doit à nos anciens. Les premières caisses de chômage ou lesmutuelles ont été constituées uniquement avec les cotisations des ouvriers. Saint-Étienne a un très fort passé ouvrier militant. Cela disparaît mais ça réapparaît.

Comment vous organisez- vous ?

Une permanence a lieu chaque jeudi de 16 heures à 20 heures, sauf veille du marché qui se tient le quatrième vendredi du mois. On trouve à la permanence les produits non périssables, et au marché, les produits frais. Les producteurs et les consommateurs sont tous adhérents à l’association. La cotisation est libre. Il y a des gens du quartier qui viennent, c’est aussi ce que nous recherchions.

Combien comptez-vous d’adhérents ?

Il y a plus de deux cents adhérents dont une dizaine de producteurs qui proposent fruits, légumes, vin, charcuterie, viande, sirops, herbes, fromage, miel...

Contact :

Le Cabas Noir 31 rue Basse-des-Rives

www.cnt-fr.org/cnt42


Témoignages

Deux producteurs du Cabas noir nous livrent leurs impressions sur le concept du Cabas Noir.

Bernard Crozier produit les fromages de ses chèvres, brebis et vaches. Il a repris l’exploitation paternelle depuis 31 ans : « L’association me permet de renouer avec le milieu militant. Il y existe une éthique : le respect de la nature, le respect des autres. J’essaie de garder des prix abordables.

Mes cinq enfants ont tous fait des études universitaires. Je ne manque de rien. J’adapte mon style de vie, je n’achète pas nécessairement du neuf. Le Cabas noir a apporté le plus qui me rend heureux. »

Jean-Louis Barrière est apiculteur depuis 1993 à Saint- Etienne et se définit comme un paysan citadin : « Après plusieus petits boulots et desvoyages, j’ai essayé de me réinsérer. A quarante ans, c’était difficile. Si on n’est pas pile dans le système, ça ne marche pas. Je me suis donc installé comme apiculteur. L’avantage, c’est que je me sens libre. Mais c’est un métier très aléatoire avec les intempéries, la mortalité des abeilles. On peut juste en survivre.

Ma femme a été obligée de travailler. Je ne peux pas offrir de loisirs à mes enfants. Nos trois enfants marchent bien, c’est notre grande fierté. Mais, je ne suis jamais à la maison. Ca, c’est dur ! Quoi faire d’autre ? Il faut rester philosophe ! » L’environnement est préservé et le travail reçoit une juste rémunération et le consommateur trouve des produits de qualité à des prix tout à fait corrects. C’est aussi un lieu d’échange où les gens partagent les infos, les idées. Nous tenons à démontrer que l’on peut passer des idées à leur réalisation.