VITICULTURE Vive la crise

jeudi 3 février 2011
par  webmaster

Dans un précédent article paru dans le Vent Se Lève (n°6), nous dénoncions le cynisme des représentants syndicaux et des dirigeants des groupes vinicoles coopératifs ou privés (ayant souvent double casquette d’ailleurs). Nous accusions cette élite viticole de s’être depuis longtemps orientée vers l’industrialisation et le business et de se servir des crises répétitives que vit la viticulture méridionale pour faire encore plus de place à cette viticulture là. Certains à la lecture de ces accusations auront pu se dire que nous exagérions et que la défense du bien de tous, passe parfois par un "certain réalisme économique".

La nouvelle saignée de 28000 ha que subit en ce moment le vignoble du Midi et présentée comme nécessaire il y a quelques mois, pour la défense de ce fameux et pratique bien commun ne semble pas avoir fait que des victimes. Les premiers émois de la base calmés, les masques tombent.

Pour preuve les déclarations faites, le 14 septembre dernier et rapportées par le journal régional Midi Libre, par les dirigeants du Groupement de producteur l’Occitane (regroupant des caves coopératives et devenu 2e cave en volume de l’Hérault). Recevant les représentants de l’Etat et du département (sous préfet, conseillers généraux et député) ces dirigeants se sont ouvertement réjouis de la bonne santé économique de leur groupe et envisage l’avenir sans trop d’angoisse. On pourrait dire même qu’ils se sentent pousser des ailes : " Ceux qui vont produire après les arrachages vont produire plus... Après il faudra nous autoriser à augmenter les rendements à partir du moment où on aura les marchés en face. On a la structure industrielle pour, adaptée, pointue. " " Il faudra mettre les vignes dans de bonnes terres fertiles. Il pourrait y avoir des structures qui rachètent le vignoble et le revendent ensuite "... et le député (PS), opportuniste comme il se doit, de renchérir sur ces fameuses structures : " comme il y aura des milliers d’Hectares arrachés, il faudra peut-être les rassembler, conserver des îlots d’identité, prévoir des reconversions, peut-être pour du bio­carburant ".

Les petits viticulteurs qui viennent de succomber au dernier plan social ont du apprécier à leurs justes mesures ces déclarations ... pragmatiques.

Malheureusement l’état de décomposition des structures syndicales et coopératives est tel que les pauvres bougres ne peuvent guère espérer mieux que de mendier un RMI. Notons tout de même que le 17 novembre à Maraussan, les futurs déçus de la gauche anti-libérale réunis pour plancher sur l’avenir de la viticulture ont pris une initiative. Après l’éternel constat désastreux, les altermondialistes, en la personne de la - Confédération Paysanne locale (Hérault), ont lancé l’idée de créer des " Comités Marcelin Albert* " afin de tenter de réagir. Pourquoi pas, mais est-il encore possible de remobiliser une base vigneronne dégoûtée par O des décennies de tripatouillages syndicaux ?

Pourtant un gigantesque coup de torchon serait nécessaire, et la référence au leader de 1907 n’est certainement pas la bonne, car vu l’état de putréfaction de tout le milieu viticole, c’est au moins d’un Zapata ou d’un Bakounine qu’il faudrait se revendiquer.

Nanar STTE 34