Le 27 septembre : grève dans les lycées pro.

La CNT éducation, au côté de nombreuses intersyndicales départementales, appelle l’ensemble des collègues à la grève jeudi 27 septembre.

Mais pour la CNT, il est évident qu’une seule journée de grève de 24h ne suffira pas à faire entendre les revendications de la profession. Le CSE (conseil supérieur de l’éducation) se réunit le 10 octobre pour entériner le nouveau cadrage horaire qui annonce des pertes énormes pour les élèves et des suppressions de postes du côté des enseignant-e-s. D’ailleurs les 2600 suppressions de postes annoncées par Blanquer vont toucher de plein fouet les LP pour la rentrée prochaine.

La décision du CSE le 10 octobre, si nous ne mettons pas la pression pour l’empêcher, permettra de lancer la refonte des programmes qui seront mis en place à la rentrée de 2019. Il y a donc urgence à se mobiliser et à construire un rapport de force solide et durable.

Seule la grève nous permet de nous faire entendre de manière sérieuse. Mais pour cela, la grève doit être massive et reconductible !

Quelques points doivent soulever notre colère :

Paris : un prof de philo sanctionné par le ministère

Pascal Verrier est professeur de philosophie au Lycée Montaigne à Paris. Militant syndical trop dérangeant, il vient d’être sanctionné par le ministère : « mise à la retraite d?office ». Il est accusé de « harcèlement ». Pourtant, la commission académique paritaire, après un débat contradictoire de 14 heures (!), n’avait pas jugé les faits « crédibles et établis ». Il est victime de rumeurs diffamatoires entretenues par un parent d’élève se vantant d’avoir quelques accointances avec des gens « hauts placés » au ministère. Conflit d’intérêt ? Un comité de soutien s’est constitué. Des recours en justice vont être engagés. Cela va nécessiter des frais importants. Pour le soutenir dans sa lutte, vous pouvez participer à la cagnotte en ligne qui lui permettra de financer la bataille judiciaire dans laquelle il est contraint de se lancer. : http://www.lepotcommun.fr/pot/9eul6rd6

Pouvoir dire non !

Communiqué des associations d’éducation nouvelle et des syndicats CEMEA, CGT, CNT, CRAP-cahiers pédagogiques, Émancipation, GFEN, ICEM-pédagogie Freinet, Ligue de l’enseignement,  SE-UNSA, SGEN-CFDT, SNUIPP-FSU,  SNPI-FSU, SUD éducation . Communiqué unitaire

La fin de l’année scolaire 2017-2018 a été marquée par une augmentation des contraintes exercées sur les équipes enseignantes d’écoles maternelles ou élémentaires pour qu’elles s’engagent dans des actions d’apprentissage de la lecture conduites par l’association Agir pour l’École. Tout en tenant un discours affirmant le respect de la liberté pédagogique, des autorités départementales ou académiques ont usé de moyens divers pour exercer des pressions qu’il s’agisse d’initier ces actions ou de contraindre à leur poursuite.

Nos associations et organisations syndicales protestent contre ces contraintes. Elles rappellent que les enseignants sont, dans le cadre des programmes nationaux, les professionnels concepteurs de leur enseignement et que les projets collectifs doivent s’inscrire dans le projet d’école proposé par l’équipe pédagogique et adopté par le conseil d’école .

Nos associations et organisations syndicales apporteront leur soutien aux enseignants et aux équipes qui refusent de mettre en œuvre ces actions ou veulent les interrompre. Elles demandent que cessent toutes les formes de pression exercées.

Paris, le 31 août 2018

Rentrée 2018. L’école selon Blanquer : contrôles, inégalités, sélections et injonctions

Communiqué de rentrée

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A l’école des médias, le ministre de l’Education nationale est le premier de la classe. Rentrée oblige, mercredi 29 août, il a organisé sa conférence de presse : « Ensemble pour l’Ecole de la confiance ». En saturant l’espace médiatique par ses annonces, en entretenant d’inutiles polémiques et sous couvert d’une approche scientifique grossièrement instrumentalisée, Jean-Michel Blanquer déploie une authentique offensive idéologique contre l’égalité à l’école, les conditions de travail et les pédagogies émancipatrices(1).

Les mesures pour cette rentrée 2018 se résument à « décoder, évaluer, sélectionner ». De la Maternelle – un chantier est annoncé pour « clarifier » les programmes et imposer des « repères annuels de progression » –  à l’Université, le ministre veut développer une véritable culture de l’évaluation.

Les classes de CP, les CP à 12 élèves en REP et REP+ subiront deux évaluations, une fin septembre, une autre en février-mars 2019. Un bilan d’entrée en CE1 sera organisé en lecture, écriture et numération à l’automne.

Entre le 1er et le 19 octobre, ce sera au tour des élèves de 6è. Une plate-forme en ligne vérifiera les compétences acquises en français et en maths.

Mi-septembre, les élèves de Seconde générale, professionnelle et technique se verront aussi proposer deux séquences de 50 minutes en français et une en maths via une autre plate-forme numérique.

Mesurer, contrôler, il s’agit bien de soumettre élèves et enseignants à une culture du résultat. La loi votée le 1er août par l’Assemblée Nationale portant sur la réforme de la formation professionnelle et l’apprentissage (2),  la loi ORE, Parcoursup (3), la réforme du bac, le projet de lycée « modulaire » (4) donnent une cohérence à la multiplication de ces injonctions.

Une école contre le peuple, pour les élites.

A la presse encore, le premier ministre a annoncé la suppression de 4500 postes dans la Fonction publique l’an prochain. Blanquer envisage une réforme de la formation initiale pour 2019, une économie possible de 25.000 postes dans l’Education nationale. Ajoutés aux 166.000 postes de « contrats aidés » qui seront encore supprimés, l’école publique est aussi « prioritaire » pour faire des économies.

La liberté pédagogique est remise en question par le ministre, relayé sur le terrain par l’association «Agir pour l’école », qui tente d’imposer des méthodes de lecture et la culture de l’évaluation.  Des associations et des syndicats se sont réunis cet été et ont écrit un communiqué unitaire (lire ci-dessous) pour soutenir toutes celles et ceux qui ne se plieront pas aux injonctions ministérielles.

Car, nos priorités ne sont pas celles de Blanquer. L’émancipation par le savoir ne se mesure pas par des compétences à  atteindre, des hiérarchies, des sélections.

Ses méthodes conservatrices autoritaires et inégalitaires doivent être combattues. En cette  rentrée ce sera, à nouveau, la tâche de toutes celles et ceux qui défendent un service public d’enseignement égalitaire et coopératif.

CNT-FTE, 31 août  2018

(1) A lire dans notre mensuel électronique Classes-En-Lutte n°189, juin 2018, notre motion de congrès : « L’école de Blanquer : contrôle, inégalités, sélection et soumission au programme » (rubrique Classes-En Lutte).

(2) A lire, le six pages : « Lycée professionnel : danger de mort » sur les sites de la CNT.

(3) Loi ORE, Parcoursup / les luttes du printemps 2018. Textes et analyses à lire sur le site de la CNT-FTE, rubrique sup-recherche.

(4) Réforme du lycée général : le lycée modulaire. Analyse à lire dans le Classes-En-Lutte de septembre à paraître.

Vendredi 25 et samedi 26 mai, la fédération CNT tenait son XIè congrès à Paris… Communiqués

Communiqué 1.

Répression, mutilation et prison : les armes du capitalisme ne nous feront pas taire

Des nervis cagoulés qui expulsent des étudiant.e.s d’un amphi avec la complicité d’un doyen à Montpellier, des CRS qui expulsent sans ménagement des étudiant.e.s pacifistes, en les insultant, les gazant et les frappant…

A Beaumont sur Oise, le 28 avril, des militaires de l’opération Sentinelle présents contre  l’après-midi « boxe et jeux gonflables » organisée par la famille et les proches d’Adama Traoré. Le 30 avril 2018, Ismaël Bokar Deh, un travailleur sans-papiers qui vendait des bibelots aux touristes pour survivre,  tué par la police de Versailles…

A Paris, le 22 mai, 128 gardes à vue à l’issue de la manifestation « fonction publique » suivie de l’occupation du lycée Arago : 88 majeurs, 40 mineurs, contre une Assemblée Générale dans un établissement scolaire…

Toujours le 22 mai, une main arrachée sur la ZAD de Notre-Dame-Des-Landes… 40000 grenades, des chars, des drônes et des hélicos contre des projets collectifs…

Le 25 mai, encore, deux syndicalistes en garde à vue après avoir été mis en joue et menottés pour une action symbolique et pacifique de 300 camarades CGT Énergie, Cheminots, devant le siège national de La République En Marche…

La criminalisation des résistances est bien la seule à être en marche. Une marche forcée pour casser toutes les initiatives collectives, toutes les oppositions, toutes les tentatives pour vivre autrement.

La fédération CNT des travailleuses et des travailleurs de l’éducation réunie  pour son 11 è congrès à Paris dénonce une nouvelle fois ces répressions. Elle exige l’amnistie de toutes les réprimées du mouvement social et elle sera aux côté des migrants et des sans-papiers le 2 juin contre le projet de loi Collomb « asile-immigration ».

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Communiqué 2.

Parcoursup : algorithmes aux services de la sélection et de la concurrence

 Depuis quelques années, les algorithmes sont à la mode. Faut dire que ce sont des outils pratiques pour « traiter », c’est-à-dire automatiser le classement, le croisement et l’interprétation de données nombreuses et diverses. Les gouvernements font développer et appliquent des algorithmes pour mettre en place leurs politiques publiques. Au point de soumettre ces politiques publiques aux logiques de ces algorithmes ?

Mais quelles sont ces logiques ? Deux programmes ont été employés dernièrement pour appliquer ces politiques : APB ( Application Post-Bac)  jusqu’à l’an dernier et Parcoursup’ cette année. Quelles différences entre les deux ?
APB était un algorithme qui ventilait les bachelières et les bacheliers dans le supérieur alors que Parcoursup’ est une plate-forme où les données des élèves sont accessibles par tout établissement du supérieur et chaque établissement met en place son propre algorithme. Sur APB, les vœux des élèves étaient ordonnés par ordre de préférence, sur Parcoursup’ non.
Quel est l’effet de l’absence de hiérarchisation des vœux sur Parcoursup’ ? L’algorithme d’APB était basé sur l’algorithme de Gale-Shapley. Sans rentrer dans le détail, c’est un algorithme qui permet de répartir les élèves dans les universités en respectant l’ordre des vœux.
Sur Parcoursup’ les établissements du supérieur doivent trier tous les dossiers de tous les élèves alors que l’algorithme d’APB permettait de minimiser le nombre de dossiers.
Pourquoi proposer un système qui est juste plus coûteux en nombre de dossiers à traiter ?
Quel est l’effet du passage d’un algorithme sur APB aux multiples algorithmes sur Parcoursup’ ? Normalement l’État doit diffuser ses algorithmes, même si cela n’a pas été complètement fait concernant APB. En revanche, les établissements du supérieur ne sont pas dans l’obligation de communiquer le détail de leurs algorithmes. On ne sait pas comment ils sont faits mais on a quelques remontées de ce qui se passe lors des commissions des universités : coefficient par établissement, coefficient en fonction du département ou de la ville, déclassement des boursiers… En effet, ces algorithmes étant secrets, les critères de classement les plus puants peuvent être utilisés.
Nos camarades du supérieur ne sont pas moins dignes que les collègues du secondaire. Cependant, on ne peut pas exclure le pire à partir du moment où la direction de l‘établissement garde l’algorithme secret.
Il semble donc que Parcoursup’ soit aussi sélectif qu’APB. En outre, Parcoursup’ met en concurrence les établissements du secondaire. Il offre la possibilité aux universités de hiérarchiser les lycées. Sur quels critères ? On n’en est pas sûr, mais certainement du plus « nul » au « meilleur ». Il en découlera une mise en concurrence des établissements du supérieur qui doivent choisir des stratégies de recrutement. De plus en plus « autonome », en vérité soumise à des impératifs de concurrence à l’échelle globale (type classement de Shanghaï), la libéralisation de l‘université en France va s’intensifier. Le savoir universitaire en théorie accessible à tous et toutes restera élitiste.

Les syndicats de la FTE réunis en congrès, exigent l’ouverture des universités (au moins 100 000 places) à tous les élèves et d‘en finir avec ces différents systèmes sélectifs.

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Communiqué 3        Contre les violences sexistes et patriarcales

Il faut en finir avec les violences sexistes et patriarcales

La CNT a été confrontée à des affaires de violence sexiste. La CNT – FTE, réunie lors de son 11e Congrès tenait à rappeler qu’elle ne pourrait accepter de ses camarades la moindre violence de ce type.

Il ne suffit pas de se revendiquer « anti-sexiste » pour faire disparaître les discriminations, agressions et comportements sexistes. Les engagements anti-patriarcaux ne se réduisent pas aux discours mais impliquent de se défaire de toutes les représentations et attitudes sexistes que nous avons pu intégrer malgré nous.

Si les violences physiques sont les plus visibles, les violences symboliques sont tout autant destructrices, qu’elles soient verbales ou qu’elles relèvent de stéréotypes toujours véhiculés dans notre société.

Il est crucial que suite à des cas de violence sexiste se mette en place une gestion collective car il est plus que souhaitable que ce genre de situation ne conduise pas à l’isolement des victimes et de toutes les personnes touchées qui doivent bénéficier d’une protection et d’un soutien.

Cette réflexion ne doit pas servir qu’à nous donner bonne conscience. Elle n’est pertinente et utile que si elle aboutit à nourrir la lutte anti-patriarcale concrète à travers la mise en place d’actions dans nos syndicat, sur nos lieux de travail, dans nos quartiers. Ces actions doivent viser à protéger toutes et tous de toute forme d’agression et à faire évoluer nos comportements. Il est fondamental que nous trouvions tou-te-s le temps de discuter de ces problématiques afin de développer les outils nécessaires pour répondre à ces situations, en aval et en amont.

La Fédération des Travailleu-r-se-s de l’Éducation décide de poursuivre sa réflexion avec ses syndicats et d’amplifier son engagement contre toutes les formes de domination.

zad générale, grève partout !… Zads toujours…

 

 Le 20 mai, direction Le Gourbi…

 Le 20 mai à Montreuil (93)

3000 manifestant.e.s ont marché pour dénoncer un autre projet “tout en béton” dont Bouygues aurait la gestion sur des parcelles classées “patrimoine d’intérêt national”…

Dimanche 20 mai : zad vitam aeternam !

Rendez-vous à 12h à Bellevue sous le hangar de l’avenir : repas syndical…

Puis, fabrication d’épouvantails à gendarmes et plantations sur les champs de la zad pour qu’ils ne reviennent jamais…

  • Cultures : départ sur divers jardins et champs pour des travaux de printemps et semis entravés des semaines durant par le dispositif policier. Amenez des outils de jardin.

- Balades et ballades sur les chemins du bocage

- Assemblages et travail de charpente pour que la zad se reconstruise

A partir de 16h :

- Quolibets : En cas de restes égarés de membres du dispositif policier, grand concours d’insultes littéraires ! – Apéro prolongé

A partir de 18h :

- Repas prolongé – Début de la fête, danses, concerts

A la nuit tombée :

- Feu de camps – Projections, popcorn. jean-luc Godard a snobbé Cannes, il sera parmis nous.

Au petit matin :

- l’important c’est d’être là pour le petit dej’

Le gouvernement annonce une seconde vague d'expulsion sur la zad de
Notre-Dame-des-Landes. L'opération pourrait être lancée dès le 15 mai.
Nous n'avons aucune idée de son ampleur et de sa durée. Ce qui est
certain, c'est que nous ne pouvons avoir aucune confiance dans les
annonces officielles et que nous nous mobiliserons face à tout nouveau
tri et expulsion des habitats de la zad. Malgré ceux qui, du côté du
gouvernement ou parfois même malheureusement du mouvement, tentent
d'ancrer des divisions, catégories et de faire monter la tension, nous
maintiendrons une position de défense commune la plus large possible des lieux de vie, réalités et activités qui s'entremêlent sur la zad. 

C'est cette ligne que nous avons souhaité tenir autant dans le cadre des négociations qu'avec les diverses formes de résistance et mobilisations sur le terrain depuis plusieurs semaines. Nous convions en ce sens à être prêt.es à réagir de nouveau sur la zad et partout ailleurs dès le 15 mai.

Concrètement, nous appelons :

- A un rassemblement devant la préfecture à Nantes à 18h suite à une
journée d'expulsion

- A des rassemblements et occupations sur les places des villes et
devant les mairies et préfectures. Les comités de soutien peuvent
signaler leurs rendez-vous et actions au site zad.nadir afin qu'ils soient relayés.

- A une manifestation le samedi après une semaine d'expulsion à Nantes

- A une convergence sur la zad le dimanche après une semaine d'expulsion

Divers espaces d'accueil seront mis en place, sur la zad, voir infos sur zad.nadir.org

Nous appelons les soutiens qui nous rejoignent pour résister sur place à :
- faire attention à la possibilité d'une diversité de pratiques et de
présences sur le terrain.
- faire attention à nos voisins des bourgs alentours, aux travaux
paysans et à laisser la circulation libre sur les routes hors des
moments de résistance aux expulsions.

Vous pouvez suivre les infos sur zad.nadir.org ou en vous abonnant au
compte twitter ZAD_NDDL

Des habitant.es de la zad.

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Retrouvez ci-dessous le dernier communiqué du collectif de soutien d’Île de France : Notre-Dame-Des-Luttes

Et toutes les infos, communiqués ici :

https://zad.nadir.org/spip.php?article5651

Quelques photos prises sur la zad les 15, 16 avril, à Nantes et le 19 avril… à Paris…

  Paris, le 19 avril, en tête de cortège

  Infos Zad devant la préfecture de Nantes

 Infos Zad, Nantes, le 17 avril

  Sur une barricade le 16 avril

 En direction du Gourbi, le 15 avril…

 

 La radio de la zad : 107.7 FM

 Il n’y a pas que des cabanes à la zad

 Le bateau barricade

 Ils sont 25OO armés et violents

  L’espace totems au Chêne des Perrières

   Toujours les totems…

 … A l’ouest de la zad

 11.000 grenades et lacrymos…

Des dizaines de blessé.e.s…

Stop aux intimidations et à la répression antisyndicale en Algérie

La Fédération CNT des Travailleurs et Travailleuses de l’Éducation vient d’apprendre que notre camarade Achour Idir, secrétaire du CLA, a été agressé devant son domicile. Nous lui exprimons tout notre soutien et lui souhaitons un prompt rétablissement.

Cette agression nous préoccupe fortement, non seulement parce qu’elle touche l’un de nos camarades, mais aussi parce qu’elle laisse à penser qu’elle est l’œuvre d’un état aux abois prêt à tout pour museler ses opposants, et fait peser sur tous les membres du conseil des lycées d’Algérie (CLA), de nouveaux risques.

Nous saluons le courage de ces camarades qui malgré toutes les difficultés rencontrées font vivre un syndicalisme de lutte de classe dans un pays totalitaire.

CNT-FTE, le 18 mai 2018

 

Exigeons le renouvellement de tous nos contrats

Dans l’Éducation nationale 1 personnel sur 4 est contractuel (soit 300 000 CDD). AED, AVS en CUI CAE, AESH, professeur.e.s contractuel.le.s, nous sommes soumis.e.s à des conditions de travail précaires, à la merci de toutes les pressions hiérarchiques possibles, mal-formé.e.s et sous-payé.e.s. Les logiques budgétaires adoptées par l’Éducation nationale redéfinissent en permanence nos contrats, qu’ils soient de droit privé ou de droit public, CDD renouvelables ou services civiques, sans pour autant remettre en question leur nature précaire. Alors que plus de 20 000 personnes en CUI ont vu leur contrat supprimé l’été dernier par le gouvernement, une nouvelle vague de suppression devrait avoir lieu avec la fin de l’année pour celles et ceux qui avaient pu conserver leur poste.

L’Éducation nationale entretient ce système d’emplois subalternes, proposant des contrats à peine plus élevés que le RSA. Par le recours à des contrats précaires, elle fragilise nos droits. En réduisant les postes, elle nous met en concurrence, nous isole et nous contraint à accepter ses conditions. De plus, elle délègue le renouvellement de nos contrats à d’autres volontés que les nôtres : celles des gestionnaires du budget, notamment ceux de nos établissements. Ainsi, nous sommes soumis.e.s à l’arbitraire et aux représailles de nos chefs d’établissement, jusqu’à être puni.e.s par le licenciement pour avoir exigé de voir nos droits respectés. Nous voulons que notre recrutement puisse relever du Rectorat, non plus des chefs d’établissement, afin que nos contrats soit renouvelés sans arbitraire. À plus long terme, nous voulons la titularisation de tout-es celles et ceux qui le souhaitent, sans conditions de concours, de diplôme, de nationalité, de formation ou de stage.

Les conditions de précarité contre lesquelles nous luttons ne sont pas limitées à l’Éducation nationale. Aux postes précaires du premier et du second degré il faut ajouter les milliers de précaires de l’ESR (Enseignement supérieur et la recherche) : situations de travail gratuit, vacations payées des mois plus tard, dépassement des heures de service sans rémunération complémentaire. Ce recours systématique et massif à des contrats précaires et à des formes d’emploi associatif qui tournent vite à l’exploitation agit partout à l’intérieur de la fonction publique, la pliant à des logiques de plus en plus libérales. C’est pourquoi notre mobilisation ne doit pas restée isolée. Nous sommes solidaires et nous nous joignons au mouvement qui s’oppose à l’adoption du projet de loi Vidal-Blanquer (sélection à l’entrée à l’Université, réforme du bac et du lycée) contre lequel étudiant.e.s et personnels se mobilisent depuis plusieurs mois.

Sans compter l’ensemble des travailleur.euse.s municipaux qui interviennent dans les établissements, qu’ils/elles soient animateur.trice.s, agents d’entretiens, de cantine, etc, et dont un grand nombre se trouve embauché sur des conditions de contrat et de paie similaires aux nôtres, ou pour des vacations encore plus précaires, remises en questions chaque jours, et faisant d’elleux, en pratique, des travailleur.euse.s journalières.

Plus généralement, nous soutenons les divers secteurs actuellement en grève contre la détérioration des conditions de travail (cheminot-e-s, postier-e-s, éboueur-e-s, …) Nous nous inscrivons dans ce même refus d’un État capitaliste qui pilonne les acquis sociaux tous azimut, réformes sur réformes, accroit les inégalités sociales et la précarisation du travail.

Car l’incertitude professionnelle tue, rassemblons-nous pour exiger le renouvellement de nos contrats ! Réclamer nos renouvellements c’est réclamer nos droits !

Ne restons pas isolé.e.s, organisons-nous !
Rassemblement mercredi 30 mai 2018 devant chaque rectorat

Pour exiger :

  • le renouvellement de tous nos contrats ;
  • refuser la politique du non renouvellement sanction ;
  • l’embauche et affectation par le rectorat plutôt que par les chef.fes d’établissement ;
  • le droit à la conversion des tous les CUI CAE en contrat de droit public ;
  • la titularisation de tou.te.s les précaires de l’éducation, sans conditions de diplôme, de concours ou de nationalité.

Mail : precaires.education@riseup.net Facebook : Assemblée des précaires de l’éducation – IDF Twitter : @Precaires_Educ

A Paris : 15h, 12 Boulevard d’Indochine, 75019 Paris

 

Pour un mouvement des précaires de l’éducation…

L’assemblée des précaires de l’éducation d’IDF a lancé un appel à une journée de grève nationale le 5 avril pour dénoncer la précarité d’un grand nombre de personnels de l’éducation nationale. La CNT FTE soutient et appelle à diffuser au maximum l’appel ci-dessous, afin d’élargir et de construire ensemble cette journée.

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Grève des précaires de l’Éducation le 5 avril 2018 : où en sommes nous ?

#PrecairesEducNatEnGreve05042018

#PrecairesDeLeducationEnGreve

Depuis la rentrée 2016 nous, précaires de l’éducation nationale en Île-de-France, nous nous réunissons en assemblée ouverte afin de nous organiser collectivement.  Nous sommes AESH, AED, AP ou prof contractuel-les. Bien qu’ayant des statuts différents, nos revendications sont communes et relèvent d’une seule et même condition de précarité : classes sur-chargées, sous-effectifs, salaires minuscules, renouvellements incertains, missions aléatoires et informelles etc.

Dans ce cadre nous avons décidé d’appeler à une journée de grève nationale des précaires de l’éducation nationale le 5 avril 2018, parce que nous pensons que c’est seulement par la lutte nous pourrons satisfaire nos revendications. Nous demandons des meilleurs salaires, des effectifs à la hauteur des besoins, la reconnaissance pleine et entière de nos fonctions pédagogiques, une maîtrise de nos emplois du temps et la garantie du renouvellement de nos contrats ; à plus long terme, la titularisation de tout-es celles et ceux qui le souhaitent, sans conditions de concours, de diplôme, de nationalité, de formation ou de stage.

Nous avons lancé cet appel à la grève très en avance afin d’avoir le temps de nous organiser et de contacter d’autres collectifs qui s’organisent ailleurs sur le territoire. Nous avions d’ailleurs rédigé un “Appel aux collectifs de précaires de l’Éducation” que vous trouverez ci-dessous.

En région parisienne une nouvelle assemblée préparatoire de la grève est prévue le 15 mars. Le programme de la journée du 5 avril a été défini, avec une assemblée générale au matin, à 10h30 à la Bourse du Travail de Paris et la manifestation au départ de Place de la Sorbonne à 14h.

Une caisse de grève en ligne a été créée à l’adresse https://www.lepotcommun.fr/pot/950xw1c5. Elle sera alimentée par l’organisation d’un repas de soutien le 4 mars, à la Cantine des Pyrénées (Paris 20).  Le principe est simple: chacun-e peut contribuer en solidarité, puis l’argent sera redistribué aux grévistes.

Notre appel a été entendu par des collectifs locaux de précaires de l’éducation nationale qui se le sont réapprioprié et  s’organisent dans leurs régions. À Grenoble une réunion de préparation de la grève est prévue le 10 mars 2018 à 13h30 au 12 rue des trembles. Nous avons également eu échos de mobilisation qui s’organiserait dans les Hautes-Alpes, les Pyrénnées-Orientales, dans le Nord-Pas-de-Calais, en Meurthe-et-Moselle… Nous avons créé un post spécifique pour recenser tous les rendez-vous du 5 avril sur notre page facebook, pensez à l’alimenter.

Nous avions également rédigé un “Appel aux organisations syndicales de l’Éducation”. Au niveau national, l’appel à la grève du 5 avril est désormais relayé et soutenu par deux fédérations syndicales : la Fédération SUD Éducation (http://www.sudeducation.org/Greve-des-precaires-de-l-education.html) et la CNT-FTE (http://www.cnt-f.org/fte/2018/02/06/pour-un-mouvement-des-precaires-de-leducation/).

Les conditions de précarité que nous dénonçons et contre lesquelles nous nous battons ne concernent pas seulement les métiers précaires de l’éducation nationale et les contractuel-les. Au contraire, elles font partie d’une plus vaste offensive menée contre le service public. Dans l’éducation nationale cela prend la forme du projet Macron/Blanquer/Vidal, contre lequel étudiant.e.s et enseignant.e.s se mobilisent depuis désormais un mois. C’est pour cela que la date du 5 avril veut s’inscrire dans un contexte de mobilisation grandissante. Elle sera précédée par d’autres journées de grève que nous soutenons et auxquelles nous appelons sur le plan local et national, comme celle du 22 mars, journée de grève dans la fonction publique.

L’événement Facebook de la Grève des précaires de l’éducation : https://www.facebook.com/events/2068711710023792/permalink/2095384867356476/

La page Facebook : Assemblée des précaires de l’éducation – IDF

Le compte twitter : @Precaires_Educ

Mail : precaires.education[at]riseup.net

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Tou.tes en grève le 5 avril 2018 !

#PrecairesEducNatEnGreve05042018

#PrecairesDeLeducationEnGreve

Appel aux précaires de l’Éducation nationale à s’organiser et à se mettre en grève le 5 avril 2018.

Professeur.es contractuel.les, AVS/AESH, CUI, AED, AP, personnel d’entretien et de cantine, mais aussi élèves, enseignant.es titulaires et parents d’élèves, nous sommes tou.te.s concerné.e.s par la montée de la précarité dans la fonction publique : classes sur-chargées, sous-effectifs, salaires minuscules, renouvellements incertains, missions aléatoires et informelles etc.

Considéré.e.s comme des variables d’ajustement, alors même que nous sommes nécessaires au bon fonctionnement des établissements, nous enchaînons les contrats précaires souvent payés en-dessous du seuil de pauvreté.

Sans statut digne de ce nom, nous sommes souvent en but au mépris de nos hiérarchies.

Par ailleurs, par l’usage des contrats précaires, l’Éducation nationale fragilise nos droits, réduit les postes et nous met ainsi en concurrence, nous isole et nous contraint à accepter ses conditions. L’Éducation nationale est le premier employeur de précaires de France : elle entretient un système d’emplois subalternes fondé sur la précarité, en proposant une flopée de contrats à peine plus élevée que le RSA et en laissant leur renouvellement entre d’autres volontés que les nôtres : celles des gestionnaires du budget, notamment ceux et celles de nos établissements (nous voulons entre autres que notre recrutement puisse relever du Rectorat, non plus des chef.fe.s d’établissement). Ces contrats effectuent aussi la casse de la fonction publique, la mise au pas par la précarité de nouvel-

les générations de surveillant.e.s, AVS/AESH, assistant.e.s pédagogiques et enseignant.e.s, tou.te.s non titulaires. Cette situation ne fait que s’aggraver avec l’arrivée des services civiques dans les collèges et lycées.

En supprimant cet été plus de 20 000 contrats CUI dans l’éducation nationale, le gouvernement a bien démontré le mépris avec lequel, ici comme ailleurs, il nous considère.

Nous nous mobilisons pour de meilleurs salaires, des effectifs à la hauteur des besoins, la reconnaissance pleine et entière de nos fonctions pédagogiques, la maîtrise de nos emplois du temps et la garantie du renouvellement de nos contrats.

À plus long terme, nous voulons la titularisation de tou.te.s celles et ceux qui le souhaitent, sans conditions de concours, de diplôme, de nationalité, de formation ou de stage.

Nous appelons tou.te.s les précaires de l’éducation à se mettre en grève le jeudi 5 avril 2018, à mobiliser leurs collègues en prenant le temps d’en discuter collectivement dans leurs écoles et leurs établissements.

Si vous voulez participer à la construction de cette journée de grève :

– diffusez cet appel autour de vous et sur les réseaux sociaux #PrecairesEducNatEnGreve05042018 et #PrecairesDeLeducationEnGreve

– vous organisez ou voulez organisez la grève dans votre ville / région, vous pouvez nous contacter à : precaires.education@riseup.net

Le jour même :

Faire grève, ça permet de libérer du temps et de se rencontrer. Alors ne reste pas chez toi :

– Assemblée…

– Manifestation…

Faire grève j’ai le droit ?

Eh oui ! Tou.te.s les personnes travaillant avec un contrat de travail ont le droit de faire grève. Dans la fonction publique il suffit qu’un syndicat ai déposé un préavis de grève couvrant tous les personnels, ce qui est fait ! Ensuite pas d’obligation de prévenir, il n’y a pas de service minimum ni de délai de prévenance (seulement pour les enseignant.e.s chargé.e.s de classe du 1er degré)

Mais faire grève ça coûte cher !

C’est pour ça que nous appelons à la mise en place de caisses de grève : chacun.e peut contribuer en solidarité puis l’argent est redistribuée aux grévistes égalitairement.

Ne restons pas isolé.e.s, Organisons-nous,

Ce sont nos luttes qui construisent nos droits

événement facebook : Grève des précaires de l’éducation nationale

https://www.facebook.com/events/2068711710023792/

twitter : @Precaires_educ

Tribune d’un collectif de détenus incarcérés à la maison d’arrêt des hommes de Fleury Mérogis

La grève des matons a des conséquences dramatiques pour les prisonniers. Publication ici d’un appel de prisonniers détenus à Fleury Mérogis qui organisent une lutte contre l’administration pénitentiaire et ses matons. La seule solution pour les prisons ce n’est pas de les bloquer mais de les ouvrir !

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Nous, prisonniers, condamnés ou prévenus, enfermés à la maison d’arrêt de Fleury Mérogis, lançons un appel contre la conquête sécuritaire qui se joue en ce moment à travers les mobilisations des surveillants de prison dans toute la France. Cet appel vise également à construire une force collective entre les détenus en lutte et à l’extérieur. Depuis plusieurs jours, des surveillants de prisons bloquent les entrées des maisons d’arrêt, centrales et centres de détention du territoire français.

Ici, à Fleury Mérogis, l’établissement est régulièrement paralysé depuis le début de semaine par plusieurs dizaines de surveillants, empêchant les parloirs avec nos familles, parfois venues de loin, empêchant les extractions dans le cadre des procédures judiciaires (bloquant les aménagements de peine), l’entrée des avocats, les cantines, les cuisine, le nettoyage et toutes les activités dédiées à la prétendue « réinsertion » Leurs revendications sont simples, ils réclament plus de moyens et plus de sécurité pour le personnel pénitencier, ce qui se traduit concrètement par un armement généralisé des surveillants, l’imposition de menottes aux détenus lors de leurs déplacements hors des cellules, et des restrictions conséquentes de nos libertés et de nos droits, pour le peu qu’il en reste.
Leur mouvement fait suite à diverses manifestations supposées de violence depuis quelques temps, qui, si elles existent, ne sont que des actes isolés, bien souvent en réponse à une violence bien plus importante de l’institution carcérale et de l’État en général. Depuis une semaine, nous assistons à une surmédiatisation d’événements sporadiques et minimes sur toutes les chaînes de télévision, sur fonds d’antiterrorisme.
Une insulte devient une agression, une bousculade un passage à tabac et un retard en cellule une mutinerie. Et nous voyons ainsi défiler ces mensonges sur BFM depuis le week-end dernier. Les surveillants et leur syndicat, interviewés par les médias, ont présenté la prison comme un « sanctuaire de criminels » où les détenus avaient « pris le pouvoir » dans des zones totalement abandonnées par les pouvoirs publics. Mais cette stratégie de désinformation ne s’arrête pas là et se couple à des actions bien réelles à l’encontre des détenus.
Ce jeudi 18 janvier au matin, alors que tous les parloirs avaient été annulés, que les activités n’avaient pas lieu et que nous étions séquestrés en cellule, sans information et sans même avoir été nourris, l’administration a finalement décidé, en réponse aux mobilisations de leur personnel, de lancer une nouvelle entreprise de terreur comme on n’en voit qu’en prison à l’encontre des détenus, et alors que rien ne s’était encore passé.
Vers 11h, plusieurs dizaines de surveillants et d’Eris, armés, cagoulés et prêts à intervenir étaient déployés dans toute la prison. Alors que les départs en promenade se faisaient sous pression, ponctués de coups de matraque et de bouclier, de fouille à nu arbitraires et d’insultes diverses, nous avons décidé de nous organiser contre ces violences gratuites, exercées pour satisfaire des surveillants en mal de reconnaissance. Sur le bâtiment D2, nous étions plus d’une centaine à refuser de réintégrer nos cellules à l’appel de fin de promenade, qui avait été réduite à 45 minutes au lieu des deux heures quotidiennes. Sur le bâtiment D1, c’est cette fois l’administration qui nous enfermait plus de 4h en promenade, pour prévenir un risque de blocage et en profiter pour fouiller une bonne partie des cellules. Dans les autres bâtiments, nous tentions plusieurs blocages, la plupart mis en échec par l’intervention violente des Eris.
À travers ces blocages, nous voulons exprimer notre droit à manifester, qui nous a été arraché lors de notre incarcération et nous voulons lancer un message vers l’extérieur, contre ce qui se joue en ce moment devant les prisons françaises : l’invisibilisation des violences quotidiennes à l’encontre des détenus – insultes régulières, coups, pressions administratives, les suicides réguliers, les piqûres forcées, les cellules en flammes comme à Fresnes il y a quelques jours, et même les viols, comme à la MAF ou à Meaux il y a quelques mois. Mais également, la stratégie des surveillants qui rappelle celle des policiers qui manifestaient illégalement, masqués et armés, en direction des lieux de pouvoir à l’automne 2016 au cri de « la racaille en prison ! », pour réclamer et finalement obtenir un nouveau permis de tuer.

À travers ces actes de résistance collective, nous nous mobilisons contre cette répression grandissante et contre l’entreprise sécuritaire de l’État pénal. Mais pour ce faire, nous avons besoin de construire une force collective, et que nos luttes soient entendues et relayées à l’extérieur. La violence, la vraie, elle est du côté de la prison, de la justice et de la police, qui frappent, séquestrent et légitiment ces exactions. La violence, c’est l’État.
Nous ne sommes pas des bêtes, nous sommes des êtres humains, et nous refusons d’être enfermés et renvoyés à des faits qui feraient de nous des parias, sans droits et sans dignité. Nous en appelons aujourd’hui à toutes celles et tous ceux qui, à l’extérieur, luttent contre les violences d’État. Nos mobilisations sont vaines si nous ne sommes pas soutenus et si les acteurs des luttes actuelles ne se font pas écho de nos combats. En effet, nous payons le prix fort de ces blocages, la vengeance de l’administration est terrible, plusieurs personnes ont d’ores et déjà été envoyées au mitard, le quartier disciplinaire, et nous savons tous que nos conditions de détention seront rendues encore plus difficiles, du seul fait d’avoir refusé ces injustices. Par ailleurs, nous avons besoin que des mobilisations fortes appuient nos mouvements, car l’administration sait qu’elle a les moyens de nous faire taire, en chargeant nos dossiers en vue de nos procès à venir ou en refusant nos aménagements de peine.
Ce texte ne s’adresse ni aux institutions, ni aux défenseurs des soit-disant droits de l’homme et des politiques traditionnelles car à nos yeux, il n’existe pas de prisons « plus justes ». C’est un appel à toutes celles et tous ceux qui, au printemps 2016, se sont soulevés contre la loi travail ; car nous aussi, nous sommes les premières victimes d’une précarisation massive qui nous a contraint à choisir entre la misère et la prison. C’est un appel à celles et ceux qui luttent contre le racisme, car nous aussi sommes les premières cibles d’un racisme d’État qui enferme toujours les mêmes personnes, des jeunes non blancs, parqués dans les prisons françaises. C’est un appel à celles et ceux qui luttent contre les violences policières, car nous sommes ceux qui subissent depuis toujours les violences des forces de police et nous sommes ceux qui se lèvent toujours lorsqu’un de nos frères tombe sous les coups ou sous les balles des forces de l’ordre.
Mobilisons-nous, à l’intérieur comme à l’extérieur des prisons. Construisons une vraie force contre la répression en bloquant et en perturbant les institutions répressives et les politiques sécuritaires. Brisons le silence de la prison, et brisons les chaînes qu’elle nous impose.
Liberté pour toutes et tous.

Un collectif de détenus incarcérés à la maison d’arrêt des hommes de Fleury Mérogis.

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Cette tribune a été publiée là :

https://fr.scribd.com/document/369962064/Tribune-d-un-collectif-de-detenus-incarceres-a-la-maison-d-arret-des-hommes-de-Fleury-Merogis

Turquie : soutien aux enseignant.e.s en grève de la faim. Rassemblement à Paris, place de la République, samedi 1er juillet à 17h.

Entendez leurs voix, Soutenez leur résistance !
En Turquie, 2 enseignants sont en grève de la faim depuis le 9 mars !

Plus de 100 jours…

Nuriye Gülmen et Semih Özakça sont en grève de la faim depuis plus de 100 jours. Ces deux enseignants avaient été licenciés en octobre 2016 à la suite d’un décret publié sous l’état d’urgence. Ils font partie de ces 130 000 fonctionnaires qui ont été démis de leurs fonctions.

A la suite de l’appel à la résistance de Nuriye Gülmen le 8 novembre 2016, Semih Özakça et d’autres professeurs ont rejoint Nuriye Gülmen devant le monument des droits de l’Homme situé dans la rue de Yüksel à Ankara.

Torturés et placés de nombreuses fois en garde à vue, Nuriye et Semih ont entamé une grève de la faim le 9 mars dernier ; ils demandent :

1- La fin de l’état d’urgence ;

2- Que tous les fonctionnaires révolutionnaires, démocrates puissent retrouver leur travail ;

3- La fin des licenciements arbitraires ;

4-la réintégration des droits sociaux des 13 mille chercheurs et chercheuses d’ÖYP ;

5-La science ne peut être travaillée sans une sécurité d’emploi : le droit d’enseigner librement ;

A la suite d’une perquisition orchestrée par le gouvernement Nuriye Gülmen et Semih Özakça ont été emprisonné. Ils sont aujourd’hui dans une face critique de la grève de la faim, ils risquent de mourir à tout moment. La mère et la femme de Semih Özakça ont entamé une grève de la faim à la suite de l’arrestation de Nuriye Gülmen et Semih Özakça. 


Il est urgent aujourd’hui de les soutenir, c’est pour cette raison que nous appelons toutes les organisations, associations, syndicats à se rassembler ce samedi 1er juillet à 17h00 sur la place de la République.

Comité de soutien de 
Nuriye Gülmen et Semih Özakça


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Pour être signataire de l'appel vous pouvez nous contacter par e-mail, ou sur facebook :

https://www.facebook.com/events/315677278883672/?active_tab=about


Pour plus d'information :http://direniyoruz.net/category/internatonal/

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Bien que le durcissement autoritaire du régime date de plusieurs années maintenant, depuis l'été 2016, Recep Tayyip Erdogan et son gouvernement utilise le prétexte de la tentative de coup d’État menée par une partie de l'armée turque pour justifier d'une politique répressive visant une grande partie de l'opposition.
Parmi les personnes visées, des centaines de milliers d'enseignant.e.s licencié.e.s par décret mais aussi arrêté.e.s et mis.es en garde à vue, frappé.e.s, harcelé.e.s. Bien entendu, ces sanctions ont notamment permis de se débarrasser de syndicalistes, de chercheur.es.s indépendant.e.s, democrates opposé.e.s à la politique réactionnaire d'Erdogan. Parmi elles et eux, Nuriye Gülmen et Semih Özakça sont en grève de la faim depuis le 11 mars 2017 pour contester leur licenciement.
L'utilisation de l'état d'urgence, en Turquie comme en France, pour réduire des libertés déjà bien fragiles, est une des méthodes d'un autoritarisme de plus en plus affirmé visant à faire taire toute opposition aux politiques capitalistes et réactionnaires.

La Fédération des Travailleur.se.s de l’Éducation de la Confédération Nationale du Travail leur apporte tout leur soutien et exige leur réintégration immédiate ainsi que la levée de l'état d'urgence.

Nous apportons également notre soutien à toutes celles et tous ceux qui luttent au quotidien pour l'instauration d'une société démocratique et juste dans cette région.

CNT-FTE, 11 avril 2017

Mardi 9 mai : le lycée de St Nazaire et les luttes sur Radio Libertaire

L’émission de radio de la CNT Éducation Région Parisienne aura lieu ce mardi 9 mai 2017 comme chaque deuxième mardi du mois de 20h30 à 22h30 sur Radio Libertaire 89.4
On peut écouter en ligne sur le site de Radio Libertaire en-dehors de la RP.

 

Ce mardi, nous accueillerons des lycéens et un membre de l’équipe du lycée expérimental de St Nazaire https://lycee-experimental.org/ menacé de fermeture depuis que Bruno Retailleau, président de la Région Pays de la Loire et proche de Fillon a déclaré qu’il coupait les subventions ! Depuis plusieurs mois, adultes et élèves se mobilisent pour que l’aventure, qui a débuté il y a trente-cinq ans, continue. Ce lycée accueille, dans l’esprit de la pédagogie institutionnelle, des élèves venu.e.s de toute la France, soucieu.se.x d’apprendre différemment, loin des dogmes autoritaires. Pas de proviseur, de CPE, de projet pédagogique imposé par le haut : tout se décide collectivement pour construire des têtes bien faites et ouvertes sur le monde. Pas vraiment la tasse de thé de la droite filloniste ni de la gauche hollandaise, puisqu’il n’y a eu aucun engagement côté ministère non plus !

Bien évidemment, nous ferons aussi un tour de l’actualité des luttes au lendemain de la première manifestation du quinquennat qui se sera tenue le 8 mai à République à Paris !

Toutes ces discussions seront entrecoupées de musiques de luttes, chroniques littéraires, rendez-vous des luttes hexagonales et internationales.

Vous pourrez nous appeler en direct pendant

les pauses musicales au 01 43 71 89 40.

Non à la casse de l’éducation prioritaire

En 2015, le statut des Zones d’Éducation prioritaire a été supprimé au profit des politiques de la ville. Cette suppression a déjà entraîné une importante instabilité des équipes, par une hausse des départs, une diminution des titulaires, et des postes non pourvus. Si toute l’éducation est à notre sens prioritaire, force est de constater que l’idée de consacrer des moyens supplémentaires pour des établissements implantés dans des territoires “ghettoïsés” est nécessaire, pour assurer un semblant d’égalité des droits d’accès à l’éducation sur l’ensemble du territoire.

Nous opposons l’idée que l’école ne peut se prétendre meilleure que la société. Les écarts de richesses et d’accès à la culture se creusent ces dernières années en France, il est donc normal de constater un accroissement des difficultés scolaires de nos élèves dans des territoires touchés de plein fouet par cette dégradation de la situation sociale. Accuser les dispositifs d’aides aux territoires en difficultés d’être à l’origine de l’accroissement des inégalités, c’est penser l’École en vase clos sans l’inclure dans le contexte économique national. Au motif de l’égalité, le ministère a supprimé une mesure qui apportait, elle, de l’équité. Rendre l’éducation équitable en vue de réduire les inégalités sociales est pourtant une des missions du service public.

C’est pour ces raisons que depuis Septembre, de nombreux établissements anciennement ZEP, partout en France, manifestent et se mobilisent pour stopper la dégradation générale des conditions de travail qu’ils subissent depuis 2015 et la suppression du statut ZEP.

Pour que les moyens encore existants restent en place, qu’une carte complète des zones prioritaires soit fixée et qu’un statut unique soit établi pour les établissements, la mobilisation doit se maintenir et s’amplifier. Les personnels rassemblés en A.G le 08/12/16, ont voté la reconduite du mouvement de grève.

Toutes et tous en grève le 10 janvier 2017 pour exiger un véritable statut et des conditions de travail correctes (classes limitées à 30 élèves en lycée, maintien des aides spécifiques) dans le réseau de l’éducation prioritaire de la maternelle au lycée.

Rendez-vous :

à 12h à la bourse de travail pour une A.G des personnels

14h : départ du cortège rassemblement rue la légion d’honneur (Proche musée d’Orsay )

Pour suivre les actions et la mobilisation, le collectif “Touche pas ma Zep, regroupe les personnels, parents et élèves en lutte. :

http://www.tpamz.levillage.org/

La CNT éduc et social 95

La CNT 95 édite un bulletin. Il est ici : La mauvaise graine

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Argumentaire / Solidarité financière / liste des soutiens

Depuis la rentrée de septembre, des personnels de lycées sont en lutte pour sauver l’éducation prioritaire en lycée et tenter de réduire, à leur échelle, les inégalités sociales, notamment celles reproduites et amplifiées par le système scolaire. Face à la surdité du ministère, ils ont décidé, de la banlieue parisienne à Marseille en passant par l’Oise ou le Nord, de se mettre en grève reconductible à partir de la rentrée du 3 janvier 2017 (après déjà 5 journées de grève commune depuis septembre 2016) avec des taux de grève importants (jusqu’à 80 ou 90 % voire des lycées fermés).

Aidez-les à tenir en donnant à leur caisse de grève commune pour obtenir que le ministère tienne (enfin !) ses engagements. Il en va de l’avenir des élèves dans nos quartiers populaires. Nous vous invitons aussi à partager ce lien le plus largement possible.

Notre mouvement prend de l’ampleur, vous trouverez en PJ nos tribunes collectives parues dans le Monde (en réponse à la parution au rapport Cnesco) ou dans le Bondy Blog ainsi que le dernier article du Monde sur notre mobilisation (reportages sur des télés et radios nationales, le dernier en date sur France inter est passé ce lundi 9 janvier).

Lien vers la caisse de grève commune :

https://www.tilt.com/tilts/caisse-de-greve-touche-pas-ma-zep

En effet, deux ans après la promesse de Vincent Peillon de publier une carte des lycées en éducation prioritaire pour la rentrée 2015, celle-ci n’a toujours pas été réalisée. La conclusion est simple : les lycées ne font plus partie de l’éducation prioritaire. Les élèves de milieux populaires n’auraient donc plus besoin d’être soutenus lorsqu’ils quittent le collège pour arriver au lycée et obtenir leur premier diplôme !

La première conséquence sera la dégradation des conditions d’enseignement et de réussite des élèves de ces lycées accueillant une majorité d’élèves issus de milieux populaires : hausse des effectifs par classe, baisse de l’offre d’options et des cours en demi-groupe, etc. Cela signifiera aussi une dégradation des conditions de travail des personnels.

Pour une éducation réellement prioritaire allant de la maternelle au BAC

Le collectif “Touche pas ma ZEP !», constitué en cette rentrée 2016 et qui regroupe aujourd’hui 97 lycées mobilisés dans 14 académies, se mobilise pour l’obtention :

– d’une carte élargie de l’éducation prioritaire en lycée comprenant tous les lycées relevant de l’éducation prioritaire (ex-ZEP, zone sensible ou prévention violence, Plan Espoir Banlieues, Politique de la ville…) ou qui devraient en relever,

– d’un label commun de l’éducation prioritaire allant de la maternelle jusqu’au BAC et garantissant des moyens pérennes pour permettre la réussite de nos élèves (effectifs de classe limités, demi-groupes, personnels supplémentaires en vie scolaire…) et des compensations spécifiques pour l’ensemble des personnels (indemnités, droit à la mutation…) à même de stabiliser les équipes éducatives.

Assez de com’ ! Le ministère doit passer des paroles aux actes

Après avoir déclaré le 30 septembre que “nos inquiétudes étaient infondées”, le discours du ministère a changé face à la  montée et à l’extension nationale de la mobilisation. Mme Najat Vallaud Belkacem a même affirmé que nous avions “raison” pendant le débat parlementaire sur le budget début novembre.

Sous la pression du mouvement, la ministre a enchaîné les annonces depuis septembre :

  • Au lieu de la stabilité demandée, pour les mutations et les indemnités des personnels, prolongation d’une “clause de sauvegarde” qui ne fait que repousser de 2017 à 2019 la sortie programmée des lycées de l’éducation prioritaire (avec une dégressivité de l’indemnité spécifique pour tous les personnels dès la rentrée 2018 et qui disparaît dès la rentrée 2020)

  • Et au lieu de la garantie des moyens pérennes demandée, l’annonce de 450 emplois pour des lycées “défavorisés” – pour la seule rentrée 2017 – mais pour lesquels la ministre se refuse toujours à publier la liste précise des établissements concernés. De plus, il ne s’agit pas de créations de postes, ils sont en fait ponctionnés sur les nouveaux postes attribués dans chaque académie… Prendre aux autres établissements les moyens spécifiques nécessaires à la réussite de nos élèves n’a jamais été le sens de notre combat !

Et pour ce qui est de nos véritables demandes, elle s’engage à publier la carte de l’éducation prioritaire en lycée… mais lors du prochain quinquennat ! Le ministère est fébrile : on ne lâche rien pour obtenir une carte élargie de l’éducation prioritaire en lycée maintenant. Le cabinet de Vincent Peillon avait affirmé par courrier avoir entamé le travail dès 2014 : 2 ans pour rendre sa copie, d’après nous c’est suffisant pour le ministère de l’Education Nationale !

Au niveau syndical, l’appel “Touche pas ma ZEP !” est déjà soutenu par : UNSEN CGT éduc’action, UD CGT 91 et 92, SNEP-FSU 81, 82 et Versailles, SNES-FSU 85 et 92, SNUEP-FSU 75 et Versailles, FSU 60, fédération SUD éducation, CNT-SO, Action et Démocratie/CFE-CGC, SGL (Syndicat Général des Lycéens), UNL (Union Nationale Lycéene) mais aussi par les associations FCPE Asnières-sur-Seine, Bagneux, Gennevilliers, Villeneuve-la-Garenne (92), Goussainville (95) et du lycée Paul Eluard de St-Denis (93)…

Plus de 200 universitaires et chercheu.se.s en sciences humaines et sociales (voir la liste complète ici) ont signé une pétition en ligne pour soutenir notre mobilisation dont Stéphane Beaud, Bernard Lahire, Laurent Mucchielli, Marwan Mohammed, Nacira Guenif, Philippe Corcuff, Eric Fassin, Camille Peugny (tou.te.s sociologues), Jean-Pierre Terrail (sociologue de l’éducation) Samuel Joshua (sciences de l’éducation), Christophe Ramaux (économiste), Laurence de Cock (historienne)…

Extrême(s)- droite(s) contre l’Éducation

La progression du FN, la banalisation des discours « décomplexés » et sécuritaires rappellent les dangers qui pèsent sur la société et sur l’école.

En mai 2016, un premier stage intersyndical régional entendait décrypter les vrais visages des extrêmes droites contre l’éducation.

Ce lien vous permettra de lire et diffuser…  L’argumentaire intersyndical