Construire une révolution sociale et libertaire

  Classes-en-lutte janvier 2019

Depuis le 17 novembre, des centaines de milliers de personnes protestent lors d’actions variées en enfilant des gilets jaunes. Si les revendications sont très diverses,  elles expriment  clairement une colère contre l’exploitation et le mépris. Sur des ronds points, dans certaines communes, des exigences démocratiques s’affirment comme à Caen, Paris, Commercy,…

Il est plus que temps que l’ensemble des travailleurs et travailleuses, en activité ou au chômage, salariés du public comme du privé ou indépendants, en formations ou à la retraite portent haut et fort des revendications pour une hausse des salaires et des minimas sociaux.

Contrairement aux dires des politiques et des journalistes, nous en avons les moyens. L’opulence insolente des plus riches et le gaspillage monumental des moyens (armement nucléaire comme conventionnel, publicité…) sont là pour nous le prouver tous les jours.

Pour remédier à cette situation inique (les pauvres toujours plus pauvres et les riches toujours plus riches) et sortir du capitalisme, nous devons imposer d‘autres solutions démocratiques, économiques, sociales et culturelles.

Un changement radical de système s’impose.

Nous ne pouvons compter sur aucun représentant pour assumer ce changement. Nous devons toutes et tous reprendre en main nos vies en autogérant la société.

 Exiger dans l’immédiat la hausse du SMIC (privé et public) ; l’augmentation des salaires (y compris socialisés) ; l’arrêt de l’entreprise de démantèlement de la protection sociale en cours et la sécurisation économique de l’ensemble des travailleurs et des travailleuses en premier lieu à travers l’assurance chômage et les minima sociaux ; la taxation du capital ; défendre et développer partout les services publics sont des revendications que nous partageons avec ce mouvement populaire.

La CNT-FTE, partout où c’est possible, appelle à participer aux assemblées générales décisionnaires.

Elle appelle à participer aux diverses actions décidées par ces mêmes assemblées générales.

Elle appelle à rejeter toutes formes de discrimination (racisme, sexisme, LGBTphobie, antisémitisme…)

Défendant la liberté de circulation et d’installation, la CNT-FTE rappelle que l’égalité des droits, donc la régularisation de tous les sans papiers ne sera un problème que pour les patrons qui les exploitent. La France a aussi les moyens d’être une terre d’accueil.

Les répressions policière et judiciaire doivent cesser. Nous demandons le désarmement des forces de police.

Samedi 12 janvier, l’acte IX a rassemblé plus de monde que la semaine passée dans les rues en régions et à Paris. Dans la capitale, le syndicat CNT éducation  avait appelé ses militant.e.s à se joindre à la manifestation.

 

Tous les 2è mardis du mois de 20h30 à 22h30

Découvrir ou (re)écouter  les dernières émissions…

Mardi 12 mars 2019 

  • Mardi 11 décembre.  https://www.mixcloud.com/CNTEducation93/emission-de-la-cnt-93-mardi-11-d%C3%A9cembre/
  • L’émission du 2 novembre 2018 Les ami.e. s D’Orwell contre les fichages à l’école.

C’est là :  http://souriez.info/A-l-ecole-du-Big-Data

  • L’émission du mardi 9 octobre 2018 consacrée à la rentrée sociale (première journée de grèves interpro ce jour) est là :
"https://www.mixcloud.com/widget/iframe/?hide_cover=1&mini=1&light=1&feed=%2FCNTEducation93%2Femission-de-la-cnt-education-93-09_10_2018%2F"

 

Au programme de l’émission du mardi 13 juin

Vies volées. Contre les violences policières : mobilisation pour Lamine Dieng

L’émission de radio de la CNT Éducation Région Parisienne aura lieu ce mardi 13 juin 2017 comme chaque deuxième mardi du mois de 20h30 à 22h30 sur Radio Libertaire 89.4

On peut écouter en ligne sur le site de Radio Libertaire en-dehors de la région parisienne.

A quelques jours du 17 juin, journée de mobilisation pour Lamine Dieng* à Paris, nous accueillerons Ramata Dieng, sœur de Lamine, des militant.e.s de la Coordination anti-rep et des syndicalistes investi.e.s dans la préparation de cette journée.

Il s’agira pour nous de revenir sur les causes de la mort de Lamine, le 17 juin 2007, qui n’est pas accidentelle mais s’inscrit dans une longue liste de violences policières qui ont fait de nombreuses victimes, tels Joseph Randolph (2007), Mohamed Boukrourou (2009), Hakim Djellassi (2009), Ali Ziri (2009), Louis Klinger (2010), Abdelhak Gorafia (2014), Amadou Koumé (2015), Adama Traoré (2016)…

A ce jour, le meurtre de Lamine, comme de nombreux autres, n’est toujours pas reconnu. C’est pourquoi la famille avec le collectif Vies Volées appelle à se rassembler nombreux.ses toute la journée du 17 juin, à la veille du verdict de la cour de cassation qui interviendra le 21 juin.

Ces violences policières ne doivent pas rester impunies et il y a tout à craindre qu’elles redoublent si les dispositions exorbitantes de la police liées à l’état d’urgence -indéfiniment prolongé- s’inscrivent durablement dans une loi de droit commun, comme le prévoit Macron.

Sous prétexte de lutte anti-terroriste, nous avons vu les libertés fondamentales (interdictions de séjours, assignations, fouilles et nasses) remises en question lors des manifestations contre la Coop 21, dans les ZAD ou contre la loi Travail. Elles ont été le théâtre de violences redoublées de la part de la police, faisant de nombreux.ses blessé.e.s et mutilé.e.s et parfois même des morts, comme Rémi Fraisse en 2014.

Nos échanges s’inscriront dans les convergences des luttes entre les familles de victime et les militant.e.s anti-fascistes et anti-capitalistes de ces derniers mois. Convergences qui doivent encore se renforcer pour en finir avec l’État policier.

Téléphone du studio radio,

pendant les pauses musicales au : 01 43 71 89 40.

Le lien vers Démosphère :  https://paris.demosphere.eu/rv/55080

*Le 17 juin 2007, Lamine avait 25 ans, était en bonne santé et heureux de vivre. Il a perdu la vie dans des conditions atroces, aux mains de quatre policiers. Quatre professionnels garants de la sécurité publique, appelés pour tapage nocturne. Seul, non armé, ne menaçant aucune vie, Lamine Dieng, a été plaqué face contre terre, chevilles sanglées et menottes aux mains, un bras passé par dessus l’épaule et l’autre replié dans le dos, son calvaire a duré une demi-heure au cours desquelles il a été plié et écrasé par près de 300 kg, correspondant au poids total des policiers agenouillés sur son dos. Après avoir traîné Lamine, entravé, sur le bitume avant de le jeter sur le plancher du fourgon de police, un agent s’agenouille sur sa tête pendant que deux autres compriment son thorax, agenouillés sur ses épaules, un quatrième agent s’agenouille sur les jambes de Lamine, repliées jusqu’au bassin. Le décès de Lamine est constaté trente minutes après l’intervention. Le 18 juin, la police des polices (IGS) conclut que Lamine Dieng est « mort naturellement d’un arrêt cardiaque, qui pourrait être dû à une overdose de cocaïne et de cannabis ». Le 22 juin, la famille dépose une plainte avec constitution de partie civile, qui ouvrira une information judiciaire le 10 juillet 2007 et durera jusqu’à aujourd’hui. En 2008, l’asphyxie est définitivement reconnue comme cause du décès de Lamine.

2009 Demande d’actes complémentaires par la partie civile, nouvelle audition des 8 policiers présents sur la scène.

2010 Les policiers sont placés sous le statut de témoins assistés, leur donnant accès au dossier pour préparer leur défense.

2011 Refus du juge d’organiser une reconstitution sur la scène de crime, au motif qu’elle ne permettra pas de « restituer l’état d’excitation » de Lamine.

2012 Confrontation des parties et pseudo-reconstitution… dans le cabinet du juge.

2013 Refus d’entendre les témoins du meurtre, au motif qu’ils n’apporteront aucun nouvel élément au dossier.

2014 Le juge d’instruction Patrick Gachon émet une ordonnance de NON-LIEU pour les 8 policiers mis en cause, après une instruction de 7 ans.

2015 La chambre de l’instruction de la cour d’appel de Paris confirme le non-lieu.

2016 Attente du Pourvoi en Cassation 24 mai

2017 Audience devant la Cour de cassation.

21 juin 2017 Rendu de l’arrêt de la Cour de cassation.


Au programme de l’émission du mardi 9 mai

L’émission de radio de la CNT Éducation Région Parisienne aura lieu ce mardi 9 mai 2017 comme chaque deuxième mardi du mois de 20h30 à 22h30 sur Radio Libertaire 89.4 on peut écouter en ligne sur le site de Radio Libertaire en-dehors de la RP.

Ce mardi, nous accueillerons des lycéens et un professeur du lycée expérimental de St Nazaire https://lycee-experimental.org/ menacé de fermeture depuis que Bruno Retailleau, président de la Région Pays de la Loire et proche de Fillon a déclaré qu’il coupait les subventions ! Depuis plusieurs mois, adultes et élèves se mobilisent pour que l’aventure, qui a débuté il y a trente-cinq ans, continue. Ce lycée accueille, dans l’esprit de la pédagogie Freinet, des élèves venu.e.s de toute la France, soucieu.se.x d’apprendre différemment, loin des dogmes autoritaires. Pas de proviseur, de CPE, de projet pédagogique imposé par le haut : tout se décide collectivement pour construire des têtes bien faites et ouvertes sur le monde. Pas vraiment la tasse de thé de la droite filloniste !

Bien évidemment, nous ferons aussi un tour de l’actualité des luttes au lendemain de la première manifestation du quinquennat qui se sera tenue le 8 mai à République à Paris !

Toutes ces discussions seront entrecoupées de musiques de luttes, chroniques littéraires, rendez-vous des luttes hexagonales et internationales.


Au programme de l’émission du mardi 14 mars :

L’émission de radio de la CNT Éducation Région Parisienne aura lieu ce mardi 14 mars 2017 comme chaque deuxième mardi du mois de 20h30 à 22h30 sur Radio Libertaire 89.4 on peut écouter en ligne sur le site de Radio Libertaire en-dehors de la RP.

Au programme ce mardi, nous accueillerons un militant de la FAU allemande (Union Libre des Travailleurs/euses), syndicat anarcho-syndicaliste issu des luttes de 1968 et en bute aux difficultés depuis qu’en 2010, un jugement du Tribunal de Berlin l’a interdit… Nous ferons le point sur le système scolaire en Rhénanie-du-Nord-Westphalie où le manque d’enseignant.es. est patent, ou encore sur l’offensive de l’Armée et de ses services de recrutement qui organisent des événements « séduction » dans les écoles… Ce sera aussi l’occasion d’échanger sur le mouvement syndicaliste révolutionnaire dans cette région et de dresser un bref tableau de la situation sociale en Allemagne.

Puis nous accueillerons des syndicalistes et des enseignant.e.s qui nous parleront du stage intersyndical national co-organisé par la CGT, la CNT, SUD et le Collectif Anti-Hiérarchie (CAH) et qui aura lieu les 30 et 31 mai à la Bourse du Travail de Paris. Ce stage sera consacré aux évaluations des personnels des écoles et des lycées, mais aussi des élèves. Il s’agit pour nous d’interroger ce qui se joue dans les dispositifs d’évaluation. Dispositifs qui, pour être très récents, n’en sont pas moins terrifiants si l’on en croit deux chercheuses de l’université de Californie : Sally Dickerson et Margaret Kemeny nous disent que « Le stress le plus puissant, et le plus chronique, c’est l’inquiétude face au jugement d’autrui » (1).

Nous relierons nos réflexions à nos pratiques en espérant fédérer un mouvement de refus, tant des nouvelles modalités d’évaluation des personnels enseignants à la rentrée 2017 que du LSUN, véritable casier informatique des élèves. Ce stage est ouvert à tous les personnels, enseignants et non enseignants.

Vous pourrez nous appeler en direct pendant les pauses musicales

au : 01 43 71 89 40.

Impossible d’effacer l’ardoise…

Le temps passe. Une nouvelle année commence. L’actualité, elle, n’a pas pris une ride. Il n’y pas eu vraiment de trêve des confiseurs. Des profs étaient devant les commissariats ou dans les tribunaux pour dénoncer la répression, soutenir les militant.e.s  en garde à vue et déférré.e.s …

Impossible  d‘effacer l’ardoise : moyens insuffisants dans le primaire, réformes des lycées généraux et professionnels, Parcoursup… Injonctions, menaces, le ministre de l’Education est toujours en poste, aussi droit dans ses bottes que son président…

La CNT éducation vous souhaite une belle année de luttes.

Pour se remettre dans le bain et en attendant notre premier bulletin de l’année, Retrouvez ci-dessous notre dernière publication :

Un Classes-En-Lutte hebdo est téléchargeable ici :  celui du lundi 17 décembre 2018.  Une occasion de diffuser nos analyses et commentaires.

Pour s’abonner à Classes En Lutte : écrire à  classesenlutte-owner@cnt-f.org

Le numéro 5 à lire avec ou sans gilet…

Lire, c’est résister. Pas de trêve des confiseurs !

 La Mauvaise Herbe repousse ! La revue de la cnt éducation,

Communiqué
Face à l’avalanche d’injonctions hiérarchiques, nous nous sommes penchées sur les évaluations à tous les étages, sur la sélection renforcée. Contre les dispositifs divers, nous relatons la réalité du terrain, la réalité des luttes de la classe à la rue. Nous relatons les différents luttes d’ici et de là-bas qui se vivent au quotidien. Mais là, pas de sélection, pas d’évaluation, le plaisir de faire ensemble, de lutter sans hiérarchie. De réfléchir sans injonction des unes et des uns envers les autres, mais de l’écoute des unes et des uns envers les autres dans une école de la « confiance » (?).
Mais pas une confiance imposée. Une confiance qui se construit avec des outils coopératifs, qui se construit en partageant les savoirs, les cultures, qui se construit en luttant ensemble.

Le numéro est à 3€. L’abonnement pour 4 numéros est à 10 €.
Pour acheter le dernier numéro ou s’abonner adressez-vous au syndicat CNT local ou au Secrétariat fédéral : fede-educ@cnt-f.org

Au sommaire :
– Dossier : Évaluation, sélection ;
– Refus de l’entretien de carrière : mode d’emploi ;
– Les joies de l’inspection ;
– Les profs ne sont pas des DRH ;
– Le piège à Jean-Mi. ;
– Sélectionner des révolté·es, possible ?
– Couvrez cet algorithme ;
– Strasbourg contre la sélection et son monde ;
– Lycée professionnel : danger de mort ;
– CP 100% de réussite… managériale ?
– L’Amap de la destruction de l’école ;
– Évaluer autrement ;
– Affelnet : le Parcoursup du collège ;
– Vers une classe coopérative ?
– Notre-Dame-des-Luttes ;
– Attaques contre la liberté pédagogique ;
– Chronique de l’éducagogue à la retraite ;
– L’extrême droite vers la baston sociale ;
 International : 
Grandes grèves dans l’éducation aux États-Unis.
En Allemagne, se syndiquer, c’est pas aisé.
– Notes de lecture et théâtre :
En avant la zizique : Cecil Taylor, le sorcier libertaire du jazz.
Réseaux et liberté : le corps en questions.
Cinéastes de la révolte : Haïlé Gerima, l’insurgé du cinéma afro-américain.
– Le sifflet enroué
– Palmes académiques

 

     Le Numéro 4

On peut se procurer Les Mauvaises Herbes aux permanences de la CNT : les lundis et mercredis à partir de 18h au 33 rue des Vignoles 75020 Paris, métro Buzenval …

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Retrouvez les 3 premiers numéros en lectures libres sur le site de la confédération CNT : http://www.cnt-f.org/-la-mauvaise-herbe-.html

La Mauvaise Herbe est disponible auprès des syndicats de la CNT.

En vente dans les très bonnes librairies au prix de 3 euros le numéro.

On peut aussi s’abonner : 4 n° = 10 euros !

Chèque à l’ordre de la CNT-FTE.

A adresser à : CNT-FTE STP67, c/o Lucha y fiesta, BP 30017,

67027 Strasbourg cedex 1

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Une nouvelle revue pour quoi faire ?

En avril 20125, réunis en congrès extraordinaire à Paris, les syndicats CNT de l’éducation ont voté à une très large majorité l’autonomie de la revue N’Autre École. Depuis treize années, N’Autre École était la revue de la fédération. À ce titre, les membres du comité de rédaction étaient mandaté-e-s en congrès. Le comité de rédaction de N’Autre École était composé de mandaté-e-s de la CNT mais aussi, depuis 2004, de camarades d’autres horizons. Ils et elles ont voulu s’émanciper de la CNT. C’est fait.

Pour autant, nous avons voulu poursuivre l’aventure. Nos exigences sont les mêmes : un espace dédié à nos idées et à nos pratiques. Contre la parole experte et pour le partage du pouvoir de l’écrit.

Plus que jamais, nous voulons une revue qui affirme ces choix. Qu’elle soit un outil de propagande pour les pratiques émancipatrices et égalitaires. Un outil pour penser collectivement nos réalités partagées.

Le dire et le faire dans un même élan. En essayant de rester au plus près de nos utopies, y compris dans leurs aspects les moins visibles pour les lectrices et les lecteurs. Les mandats tournent à la CNT. Il n’y a pas de permanent-e-s, de détaché-e-s, de spécialistes, d’expert-e-s en quoi que ce soit. Ce n’est pas toujours facile à faire vivre, à assumer collectivement et ce d’une manière autogestionnaire. Mais ce sont nos choix politiques : toutes capables, tous susceptibles d’assurer une tâche. Nous voulons prendre le temps nécessaire pour que chacun-e puisse trouver sa place.

Cette revue sera un complément à nos tracts, bulletins locaux, site, Classes en lutte (notre mensuel électronique). Si elle est un lieu d’expression privilégié pour les adhérent-e-s et les syndicats de la fédération des travailleuses et travailleurs de l’éducation, nous souhaitons aussi ouvrir ses pages aux écrits des syndicats d’autres branches professionnelles, ainsi qu’à des contributions extérieures à la CNT.

Nous ne souhaitons pas nous aliéner aux contraintes éditoriales : rythme de parution, pagination. Un, deux, trois numéros par an. Évidemment, nous tiendrons compte de ces éléments pour nos abonné-e-s.

Dans un paysage syndical totalement englouti dans la concurrence et la co-gestion, dans l’expertise et le métier de délégué-e-s, nous avons à cœur de faire vivre un autre syndicalisme, sans expert-e ni leader. Sans spécialiste ni porte-parole. Pour un partage le plus large des richesses de la pensée, de l’écrit et des pratiques.

Contre un système éducatif basé sur l’autoritarisme, la hiérarchisation des savoirs et des rapports sociaux, la soumission des individus, changeons l’école, changeons le monde ! Partageons le pouvoir pour ne pas le prendre ni le laisser à d’autres !

Ce premier numéro tout beau, tout neuf que vous tenez entre les mains aborde différents sujets qui nous tiennent à cœur. Dans leur diversité, ils relèvent tous de notre combat pour une éducation plus juste, plus libre et plus respectueuse des enfants, comme des travailleuses et des travailleurs. Que ce soit à l’intérieur ou à l’extérieur du système éducatif, les voies de cette lutte sont multiples. La mauvaise graine de la contestation de l’ordre injuste et dominateur s’insinue partout. Nous nous en faisons l’écho ici

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La Mauvaise herbe n°1 : le sommaire

  • Une nouvelle revue pour quoi faire ?
  • REP+, en grève contre la grande arnaque
  • Politique libérale et éducation réactionnaire : la réforme des rythmes scolaires, un cas d’école
  • L’école au rapport
  • Le collège de mes rêves, premier épisode
  • Affiche détachable réforme des collèges
  • Petit hommage à Alexandre Grothendieck
  • École Bric-à-brac : appel à soutien !
  • Aperçu des rencontres de pédagogie féministe en non-mixité
  • Le sifflet enroué : Sport, jeu ou activité physique ?
  • En avant la zizique : achronique punke
  • Chronique de l’éducagogue : lecture paresseuse de Zio Aldo
  • Notes de lecture / Films
  • Les titres auxquels vous avez échappé
  • Palmes académiques

Le numéro 2 est paru au premier semestre 2016.

A lire ci-dessous l’édito puis le sommaire

 

Semons la rébellion

Nos libertés sont réprimées : liberté d’expression, de circulation, de manifester, de se réunir. Nous avons décidé d’y consacrer notre dossier.

État policier

Les attentats furent l’occasion pour les gouvernements de renforcer l’arsenal autoritaire : ceux de janvier 2015, le prétexte à la loi sur le renseignement, ceux de novembre, à l’instauration de l’état d’urgence. Les fascistes, les nationalistes, les religieux, s’entendent à merveille avec les politiciens pour enfermer nos vies dans un carcan réactionnaire, obscurantiste et rétrograde. Nous ne voyons pas la fin de leurs dérives sécuritaires.

Ces politiques fabriquent du malheur, de la misère et de l’injustice. Précaires, étrangers fuyant la guerre, l’oppression ou la faim, en sont les premières victimes.

Ici et maintenant un autre futur se dessine

En soutien à la ZAD de Notre-Dame-Des-Landes et à toutes les luttes de territoires, nous avons choisi d’illustrer l’ensemble de ce numéro avec des photos prises lors de la manifestation du 27 février.

Autre raison d’espérer, le mouvement social contre la loi « Travaille ! »  qui, à l’heure où nous écrivons, redonne déjà de belles couleurs au mouvement ouvrier.

Semons la rébellion !

À l’image du film Merci Patron !, finissons-en avec tous les Bernard Arnault de la Terre. Ne nous couchons plus jamais !

La Mauvaise herbe n°2 : le sommaire

  • Édito
  • Victoire pour une AVS
  • Un collectif pour ouvrir les frontières
  • Le numérique à l’école
  • Dossier : La liberté d’expression à l’école
  • Enseigner la liberté d’expression ? Oui, mais comment ?
  • Enseigner à Béziers
  • L’État était Charlie… donc pas moi
  • Pluralisme démocratique ou confusion ?
  • Patriotisme à l’école
  • Contre nous de la pyramide…
  • De quoi cette « laïcité » est-elle le nom ?
  • Liberté d’expression, jusqu’où ?
  • Zad partout !
  • Une librairie itinérante et autogérée
  • Philosophie et cinéma, un amour compliqué
  • Enseigner leur histoire aux enfants d’immigrés
  • Le collège de mes rêves, épisode 2
  • « C’est quoi ton genre ? » Un cahier de coloriage pour les enfants
  • À l’origine du cahier. Entretien avec Coco
  • Meurtre sexiste et média : un cas d’école
  • Israël-Palestine : le conflit dans les manuels scolaires
  • Le sifflet enroué : La pratique du « sport » à l’école
  • La domination sportive
  • En avant la zizique : Joe Hill, indomptable militant anarcho-syndicaliste
  • Notes de lecture
  • Films
  • Palmes académiques

 

« La révolte sociale persiste face à la politique antisociale et autoritaire du gouvernement »*…

      … Pas de trêve des confiseurs
L'Union locale de la CNT de Saint-Étienne tient à dénoncer la violence de la police et
l'acharnement de la justice contre les manifestant.es et les lycén.nes, et a exprimer sa
solidarité envers toutes les victimes de la répression et de l’État et de la justice
sociale. Le communiqué de l'UL-CNT 42

En régions, à Paris, la semaine passée, lycéennes et lycéens ont bloqué leur bahut pour combattre les réformes Blanquer et Parcoursup. Plusieurs facs ont été bloquées et des partiels annulés pour dénoncer l’augmentation des frais d’inscription pour les étrangers. Vendredi 14 décembre, plusieurs milliers de manifestant.e.s ont défilé à Paris (15000), Grenoble (2000), Lyon (3000)… L’interfédérale* de l’éducation réunie à l’issue des manifs appelait à « se joindre aux actions » prévues par les syndicats lycéens du 17 au 22 décembre.

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Il n’y a pas de légitimité à humilier, frapper ou mutiler

Jeudi 6 décembre, 152 jeunes de Mantes-la-Jolie (Yvelines) ont été interpellé.e.s aux abords du lycée Saint-Exupéry. Ils et elles sont restées deux heures à genoux les mains sur la tête ; certains face à un mur, mains menottées dans le dos…Une vidéo terrible produite par un policier, laisse entendre des propos sidérants : « On tourne pas la tête. On regarde droit devant ! »… «  Voilà une classe qui se tient sage. On va faire voir à leurs profs. » S’en suivront 36 heures de gardes à vue qui n’ont conduit à aucune poursuite, le but étant donc uniquement d’humilier.

Des jeunes devant leur établissement sont aussi la cible de tirs de LBD, arme mutilante. Mardi 4 décembre une lycéenne de 16 ans a été touchée à la tête par un tir à Grenoble (Isère) : sa mâchoire détruite a nécessité 4h d’opération. Mercredi 5 décembre deux lycéens ont été gravement blessés l’un à Saint-Jean-de-Braye (Loiret), l’autre à Garges-lès-Gonesse (Val-d’Oise). Vendredi 7, se sont encore cinq lycéens qui ont été blessés dans l’Essonne et le Val-de-Marne.

Il y a l’attitude condamnable des forces de police, « on ne tape pas sur des gamins » comme le dénonce Philippe Martinez, le secrétaire général de la CGT, mais aussi les directions d’établissements, qui trop souvent, font intervenir les policiers lors des blocages.

Nous dénonçons vigoureusement ces violences policières et demandons l’interdiction des armes utilisées.

Nous soutenons la plainte déposée par le syndicat lycéen UNL dénonçant les « actes de barbarie sur mineurs par personne dépositaire de l’autorité publique et en réunion » et  « diffusion illégale d’images de personnes identifiables mises en cause dans une procédure pénale » concernant les jeunes de Mantes-la-Jolie.

Ce qui est vrai pour l’ensemble du mouvement social est vrai pour le mouvement lycéen.

On ne répond pas aux préoccupations sociales et éducatives de la jeunesse en terrorisant et en humiliant les élèves qui s’engagent. Le mépris et la brutalité sont les formes privilégiées par ce gouvernement en guise de dialogue social. Ripostons par la grève, avec les lycéen.ne.s, les étudiant.e.s, et l’ensemble du mouvement social (des travailleur.se.s ?), dans la rue.

CNT-FTE

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Les syndicats de l’éducation appellent à la grève vendredi 14 décembre. Le communiqué : tract Interfédéral

Fonctionnaires, profs,  lycéens, étudiantes,  salarié.e.s du privé…, Ils et elles étaient plusieurs milliers à manifester vendredi 14  pour dénoncer les réformes Blanquer et réclamer des hausses de salaires.

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Mardi 11, plusieurs centaines de lycées bloqués. Manifs à Paris, Rennes, Lyon…

Dans les facs, c’est aussi contre l’augmentation des frais d’inscriptions que ça bouge. En région parisienne, Paris-Luttes. Infos notait pour ce lundi 10 :

« Plusieurs facs ont été bloquées ou fermées administrativement ce lundi : Tolbiac, Censier, Nanterre ainsi que le site historique de la Sorbonne. À Nanterre une immense assemblée générale a rassemblé près de 3000 personnes ! Le blocage a été reconduit à une écrasante majorité et le report des partiels voté, comme cela a déjà été décidé à Censier. 
Le mouvement continue donc à s’étendre dans les facs, y compris dans des universités habituellement peu mobilisées comme Paris-Sud où une AG est organisée ce vendredi ! »

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Forte mobilisation vendredi 7 à Lyon, près de 3000 manifestant.e.s et 500 lycén.n.e.s et profs en AG… Manif régionale à Paris à Stalingrad… Plusieurs lycées bloqués dans de nombreuses villes. Facs fermées comme à Tolbiac…

La CNT sollicite les autres fédérations syndicales de l’éducation pour dénoncer les violences policières. Un communiqué est en cours de rédaction : « Mobilisation lycéenne… il n’y a aucune légitimité à humilier, frapper et punir ».

La CNT répond au message du ministre et dénonce les violences policières à l’encontre des lycéennes et lycéens

La lettre au ministre : avec toute notre défiance

La CNT-FTE s’insurge contre le message envoyé ce jour par M Blanquer, ministre de l’éducation nationale aux professeurs. Celui-ci joue sur la peur pour tenter d’éteindre le mouvement légitime des lycéens …Communiqué

Classses-En-Lutte, décembre 2018 : Réformes Blanquer : 1OO% de colères

Lycées, lycées pro., facs : pourquoi ça bloque !

            Sète, le 4 décembre                            Les premiers blocages lycéens ont débuté vendredi 30 novembre pour toucher plus d’une centaine d’établissements lundi 3 décembre. A l’appel de l’UNL, lycéennes et lycéens dénoncent les réformes du lycée général, professionnelle (lire la rubrique dédiée) et le Service  militaire nouvelle version.

Mardi, l’UNL dénombrait 300 lycées bloqués.

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Contre la répression…

Lundi 3 décembre, 2 collègues portant la parole des enseignant.e.s en
colère du 93 qui, en mars 2018, avaient occupé la cour du lycée de jeunes
filles de la légion d’honneur à Saint Denis, pendant 1h, passent en procès pour « intrusion en réunion dans un établissement avec pour but de troubler l’ordre public ».
Sud et la cnt appellent à la grève ce jour-là et à un rassemblement devant
le tribunal de grande instance de Bobigny :
https://paris-luttes.info/3-dec-greve-en-soutien-aux-profs-11121
https://paris.demosphere.net/rv/65689

Ils ont également mis en ligne une cagnotte pour les aider à couvrir
leurs frais d’avocats :
https://morning.com/c/TWyYW/Frais-davocat-des-camarades

Une amende de 6OO euros avec sursis est requise. Délibéré le 7 janvier 2019

Journée internationale des MigrantEs à Paris : La plus grosse manifestation depuis au moins 10 ans !

Le 18 décembre avait lieu une manifestation pour la journée internationale des migrants. Avec des mots d’ordres clairs comme la fermeture des centres de rétention et la liberté de circulation elle a regroupé plus de 10 000 personnes. Un succès.

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Sur Paris c’est effectivement la plus grosse manifestation de sans-papiers et en solidarité avec les migrantEs depuis au moins 10 ans. Au même moment des manifestations ont lieu dans près de 60 villes sur tout le territoire. Ces manifestations ont été précédées samedi par deux marches vers les frontières à Menton (frontière avec l’Italie) et au Perthus (frontière avec la Catalogne).

À Paris nous sommes 10 000 dont des milliers de sans-papiers organisés dans des collectifs, des syndicats ou hors collectifs (cf la photo jointe, prise boulevard St Martin en milieu de cortège) . Et l’ambiance est de feu.

Quand la tête du cortège arrive à Strasbourg St Denis, au fond, le ballon de la FSU s’engage sur le boulevard St Martin à la sortie de la place de la République.

La banderole de tête illustre ce qui a permis cette réussite avec des sans-papiers de tous les collectifs et aussi des syndicats, de la CGT, de la CNT, de Solidaires, de la FSU, avec Ramata Dieng du collectif Vies Volées pour la Marche des Solidarités, Assa Traoré du comité Adama, Omar Slaouti du collectif Rosa Parks et des représentants des associations de l’immigration et des quartiers.

Et à Gare de l’est cette banderole s’embrase aux cris de «Liberté» à la lumière rouge des fumigènes.

A l’arrivée à Gare du Nord, Anzoumane Sissoko (CSP75) conclut la manifestation au nom de tous les collectifs de sans-papiers et de tous les signataires : «c’est l’unité qui a permis ce succès et il faut continuer». Et il appelle à une réunion le 9 janvier à la Bourse du travail pour, sur la base de ce 18 décembre, le lancement d’une campagne d’actions et de manifestations pour la régularisation de tous les sans-papiers et la liberté de circulation.

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A Lyon, la manif a bloqué la circulation ; le pont de la Guillotière a été  fermé.  A Montpellier, une impressionnante banderole de 100 mètres a été déroulée par les militant.e.s. Elle récapitule l’ensemble des naufrages et leurs victimes disparues en mer « en essayant de rentrer dans la forteresse Europe » entre 1992 et 2012 : 17306 victimes.

A Nantes, depuis le 5 décembre une trentaine d’associations  appelle à un rassemblement chaque premier mercredi du mois, de 17 h à 19 h, devant la préfecture, pour informer, dénoncer l’absence de réponse suffisante de l’État et faire une collecte solidaire.

Mardi toutes et tous ont marché …

contre la montée des nationalismes, des racismes et des fascismes qui s’étendent sur l’Europe et le monde.

Nous avons marché aux flambeaux en mémoire des dizaines de milliers de femmes, hommes et enfants mortEs sur les routes de la migration victimes des frontières et des politiques anti-migratoires des gouvernements des pays les plus riches de la planète et de leurs complices.

Nous avons marché pour en finir avec ces mortEs, pour la liberté de circulation et la fermeture des centres de rétention.

Nous avons marché contre l’idée que l’immigration crée du dumping social, pour la régularisation des sans-papiers et pour l’égalité des droits…

Journée internationale des migrants…

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Des migrants occupent un bâtiment de Paris 8

Au peuple français, aux étudiant.e.s, à celles et ceux qui dorment dans
la rue, aux personnes solidaires, aux personnes torturées par le
règlement Dublin.

Nous sommes des exilé.e.s du monde entier, des dubliné.e.s, des
réfugié.e.s statutaires à la rue. Nous sommes débouté.e.s de l’asile,
nous venons de traverser la mer, nous sommes des mineurs sans papiers.
Nous occupons l’Université Paris 8 depuis le 30 janvier 2018. Pourquoi
avons-nous du faire cette action ? Ces derniers mois, la France a
déporté de nombreuses personnes. Nombre d’entre nous se sont suicidé. Il
y a trois mois, un ami sous le coup du règlement de Dublin, déprimé,
s’est allongé sur les rails d’un train qui l’a percuté. Il y a dix jours
à Calais, la police a frappé et gazé des éxilé.e.s dormant dans la rue.
Un jeune a eu la moitié du visage arrachée par un tir policier. Un ami
qui avait rendez-vous à la préfecture y a été arrêté et mis en centre de
rétention administrative (CRA), avant d’être déporté en Italie. La
police française a ses gyrophares, ses sirènes et ses gaz, mais ni foi
ni loi.

Ce que le système d’immigration français attend de nous, ce sont nos
empreintes, pas nous. L’arbitraire et l’aléatoire sont notre quotidien,
à l’OFPRA, à la CNDA, à la préfecture. À l’issue des démarches,
certain.e.s sont refusé.e.s, d’autres dubliné.e.s indéfiniment,
assigné.e.s à résidence, déporté.e.s, et ce sans aucune logique.

Nous revendiquons les choses suivantes :
–    Des papiers pour tou.te.s
–    Des logements décents et pérennes
–    Pouvoir apprendre le français et continuer nos études
–    La fin des refus au Dispositif d’évaluation des Mineurs Isolés
Étrangers(DEMIE)
–    L’arrêt immédiat des déportations vers tous les pays, en Europe
comme ailleurs.

Nous attendons de tou.te.s les exilé.e.s qu’ils et elles luttent partout
en France contre l’oppression et l’injustice et contre les pratiques de
la police dans la rue.
A la population française : vous qui avez fait cette révolution que l’on
étudie dans les livres d’histoires, reprenez-la ! Nous remercions la
population de son soutien, qui, contrairement à son gouvernement, nous
montre sa solidarité.
L’administration de la fac utilise la carotte et le bâton dans les
négociations. Les un.e.s disent qu’ils vont nous donner un autre endroit
dans la fac, les autres nous menacent à mots couverts de faire entrer la
police. Nous demandons aux étudiant.e.s et aux professeur.e.s de
l’Université Paris 8 de nous soutenir dans nos revendications. Nous les
remercions et leur demandons de rester totalement avec nous, jusqu’au
bout. Nous nous joignons à la lutte des étudiants sans-papiers de
l’Université.
À nos ami.e.s mort.e.s en traversant la mer,
À nos ami.e.s suicidé.e.s,
À nos ami.e.s mort.e.s à cause des frontières,
À nos ami.e.s mort.e.s dans le désert,
À nos amies violées en Libye,
Nous ne vous oublions pas.

Les migrant.e.s de Paris 8

Lycées pro.

Les personnels des lycées pro multiplient les  grèves. Après le 27 septembre, 9 octobre et 12 novembre, ils et elles seront à nouveau en actions dans la semaine du 26 au 30 novembre avec un appel à la grève en région parisienne mardi 27 novembre…

Notre dossier en 3 pdf :

Un témoignage saisissant sur l’école de la république et la voie professionnelle

À l’âge de 7 ans, avec ma mère nous avons été expulsés de notre maison, à cause de dettes que ma mère n’avait pas faites et dont elle n’avait profité d’aucun centime, et tout cela avec la complicité d’avocats et d’huissiers corrompus (leurs différentes magouilles ont été prouvées de nombreuses années plus tard sur plusieurs affaires). J’ai d’ailleurs vu ma mère passer sa vie à combattre cette injustice, jusqu’à mes 25 ans, ou elle obtint gain de cause, mais aucune réparation pour raison de prescription…

Après quelques mois hébergés chez de la famille, nous avons emménagé en maison de HLM. Vint alors une période de scolarité importante dans l’avenir de tout enfant, celle de l’école primaire, ou entre deux fables de La Fontaine, on commençait à nous inculquer les premiers fondements de la République Française, à nous expliquer que grâce à cela nous vivions dans un pays de justice et de paix… Mon histoire n’ayant rien d’extraordinaire en France, et ne l’étant pas non plus dans mon école de campagne, je commençais donc déjà à perdre confiance en l’école et en l’enseignement qu’on nous y donnait, et j’étais bien loin d’être le seul dans ce cas.

Puis arriva le temps du collège, souvent vu comme un tournant dans la vie d’un élève. A l’époque, l’éducation nationale avait une politique élitiste un peu moins finement dissimulée qu’aujourd’hui, à l’entrée de la sixième, les classes étaient identifiées par des lettres allant de la 6A à la 6F. Les 6F étaient les élèves en gros échec scolaire, les 6A étaient ceux qui étaient vus comme une sorte d’élite, les plus prometteurs. Un premier tri était déjà fait, les quelques uns qui n’avaient pas été mis dans le bon sac le seraient au prochain tournant, celui du lycée. Bizarrement, plus on avançait dans l’alphabet plus le pourcentage d’élèves issus de milieux modeste augmentait, alors que dans ma classe, les 6A, nous n’étions que 2 sur 25 à venir d’un milieu modeste. Et toujours aussi bizarre, de A jusqu’à C, il n’y avait aucun prof en commun avec les classes E et F, seuls les D avaient des profs en commun avec les deux côtés, mis à part le prof de musique et un prof qui enseignait les arts plastiques (ou plutôt le dessin à la gouache exclusivement) pour les classes de A à D, et les mathématiques pour les autres… . Ce fut ainsi pendant les 4 années de collège, avec quelques exceptions certaines années. Ces exceptions étaient des profs qui étaient nouveaux dans le collège, et en général, on entendait très vite des rumeurs disant qu’ils avaient des problèmes avec la direction et certains autres profs. Comme par hasard, ils ne faisaient rarement plus d’un an ou deux dans le collège. Et toujours du même hasard, ils avaient des méthodes d’enseignement et de gestion des classes bien différentes des autres profs et de ce qui se faisait dans ce collège. En général, c’était avec ces profs que des élèves comme moi qui ressentaient de plus en plus de dégoût et de révolte envers l’enseignement, étions les plus à l’aise et avions le moins de problèmes en cours.

Pour ma part, plus je ressentais l’injustice de la société et plus je me rendais compte des aberrations de l’école dans laquelle j’étais, moins je faisais mes devoirs et moins j’apprenais mes leçons, au point de refuser presque tout enseignement sur les deux dernières années. Mais refuser l’enseignement ne voulait pas dire ne pas apprendre, j’avais juste décidé d’apprendre ce qui m’intéressait. Je préférais donc passer du temps à la bibliothèque plutôt que dans des livres scolaires qui m’expliquaient que tout était bien ainsi et que nous vivions dans une société idéale.

C’est en quatrième, que j’ai décidé qu’après le collège je n’irais pas dans une filière générale, puisque je savais que je serais obligé de continuer l’école jusqu’à seize ans. J’ai pris cette décision suite à une forte altercation avec un prof d’éducation civique. C’était en période de grève des profs. Après qu’il nous ait fait un cours sur la république et nous ait expliqué que grâce à la république française, plus tard nous aurions tous la chance d’avoir un travail dans de bonnes conditions, grâce aux lois qui nous protégeaient, je lui ai posé une question qu’il n’a pas appréciée. Je lui ai demandé pourquoi les autres professeurs faisaient grève si le travail était si bien que ça… Il s’est énervé en disant que les profs qui faisaient grève étaient des imbéciles et des feignasses, et qu’au lieu d’être profs ils auraient mieux fait de devenir femme de ménage ou secrétaire. Ma mère étant femme de ménage, je me suis à mon tour énervé, et je lui ai dit que je venais de lire un livre qui parlait de la grève, et que ce n’était pas ce qu’il disait, mais plutôt le contraire, et qu’un prof d’éducation civique qui ne comprenait pas ça était à la fois le roi des imbéciles, mais aussi qu’il ne méritait pas d’être prof ou devrait apprendre à lire… J’ai pris là ma première leçon de justice bourgeoise, car j’ai eu droit à 3 heures de retenue de sa part, et 3 autres de la part du directeur. Pendant ces heures de colle, on m’a demandé de copier des lignes, une phrase du genre « je ne dois pas contredire les professeurs ». A la place, j’ai écrit « Contredire un professeur stupide ne suffit pas, même quand on a raison, je ne dois plus écouter ses mensonges ». Cela m’a valu de passer en conseil de discipline, et si je n’ai pas été renvoyé du collège, c’est grâce à l’intervention de deux profs, des profs qui avaient fait grève d’ailleurs, des profs qui n’étaient plus là l’année suivante non plus. Ils faisaient partie de ces profs de passage dont je parlais plus haut…

A partir de ce moment, j’ai commencé à chercher ma future orientation après le collège, mais je ne me posais pas de question sur les études où le métier que je ferais, je cherchais surtout un moyen de subir le moins possible l’école, c’était ça pour moi, ma notion d’orientation. J’ai découvert qu’il existait l’apprentissage, mais il fallait avoir seize ans, je ne pourrais pas faire ça après le collège. Puis j’ai découvert qu’il y avait la filière de l’enseignement professionnel, je me suis dit que ça devait être un peu mieux, car le temps que je serais en cours de travaux pratiques, je ne serais pas obligé de suivre d’autres cours. Puis j’ai même trouvé mieux encore, l’alternance mais sans être en contrat d’apprentissage, non seulement il y aurait des cours techniques donc moins d’autres cours traditionnels, mais en plus je n’irais à l’école que deux semaines par mois.

L’année suivante, en troisième,  les conseillers d’orientations faisaient comprendre à ma mère et à moi que je ne pourrais pas aller dans des études générales à cause de mon attitude et aussi, si malgré tout ça se passait bien, à cause du fait que après le général, pour faire des études il faut avoir les moyens, et on tentait déjà de me pousser vers la filière professionnelle. J’ai donc dit que j’étais d’accord à condition qu’il s’agisse d’enseignement par alternance. C’est là que la question du métier s’est posée, « heureusement » elle ne s’est pas posée longtemps puisqu’il n’y avait que très peu d’école de ce type, et qu’en plus il fallait que je sois accepté et que ma mère puisse m’y envoyer.

 

L’année suivante j’entrais donc dans une école pour préparer un BEP gestion et protection de l’environnement par alternance…

Effectivement, je subissais moins l’école, mais j’ai aussi pu me familiariser avec le monde du travail, ce qui n’était guère mieux en fait. Après ces deux années de BEP, quitte à travailler deux semaines par mois, autant être payé, je suis donc entré en contrat d’apprentissage. Là encore, il n’y avait pas beaucoup de choix d’orientation. Il fallait rester dans une continuité, et en plus trouver un patron qui acceptait d’exploiter des mineurs sans demander à trouver des apprentis déjà formés, ce genre de patron avide est très fréquent, mais il est plus difficile d’en trouver un qui n’ait pas encore rempli son quota maximum d’apprentis…. Je me suis donc retrouvé en apprentissage en espaces verts, pour un bac pro travaux paysagers. En plus d’être toujours à l’école, et d’être toujours au travail, on devient aussi salarié. On nous expliquait en classe que c’était une chance de pouvoir gagner 310 euros par mois pour deux semaines de travail et que les patrons qui nous donnaient ce généreux salaire étaient des passionnés voulant transmettre leur métier… Bizarrement on ne nous parlait jamais des aides et subventions qu’ils touchaient pour nous avoir embauchés…

 

Une fois sorti d’un bac pro que je n’ai pas eu, j’ai eu le droit à une très longue période de chômage et d’intérim. Lorsque je travaillais en intérim, dans la plupart des missions où nous étions plusieurs intérimaires, il s’agissait d’autres personnes de mon âge, qui sortaient aussi de la filière professionnelle et ne trouvaient rien derrière, et jamais issues de classe sociale favorisée. En comparant nos parcours, on constatait toujours que même si nos raisons pouvaient être différentes, les chemins empruntés étaient toujours les mêmes, la filière de l’éducation professionnelle n’était jamais un vrai choix, mais plutôt la seule option, l’accompagnement reçu était toujours fait pour les pousser vers cette direction, il y avait toujours des professeurs qui sortaient du lot dans la vie de chacun et qui avaient fait du mieux pour les aider, mais toujours en vain car le système avait complètement lié les mains de ces professeurs pour qui enseigner ne signifiait pas formater, et certains profs qui avaient tenté de ne pas plier face à ce système mais avaient fini par devenir les ennemis de leur hiérarchie et de leurs collègues qui eux, acceptaient de ne pas laisser les choses évoluer.

 

Une véritable éducation digne de ce nom, ce n’est pas un bourrage de crâne et un conditionnement mental des élèves, ce n’est pas trier les élèves par catégories, ce n’est pas transformer les enseignants en robots juste bon à répéter un cour ! Une éducation digne et bénéfique,  c’est une éducation qui recherche avant tout le bonheur et l’épanouissement des élèves dans ce qu’il font, c’est une éducation qui offre aux professeurs la possibilité de vivre leur métier avec passion, un métier qu’ils ont rarement choisi au hasard (même si certains d’entre eux l’oublient parfois)

C’est chaque professeur digne de ce nom qui doit se battre pour pouvoir réellement éduquer et faire avancer les élèves, et chaque parent qui veut le bien de son enfant qui doit soutenir les professeurs qui tentent d’améliorer la condition des élèves, car un professeur qui refuse de voir ses conditions de travail se dégrader et tente de les améliorer, c’est un professeur qui tente d’obtenir plus de moyens pour accompagner et aider ses élèves, c’est un professeur qui pense à leur avenir et veut se battre pour les aider à le rendre meilleur.

Si les profs n’ont pas les moyens et les conditions nécessaires pour faire tout cela, qui d’autre pourra aider réellement les élèves et leur permettre de se préparer une vie sereine et épanouissante ???….

E.

Stains (93) : un gendarme au lycée Utrillo

Communiqué de presse des personnels du lycée Maurice Utrillo à Stains mobilisés contre l’arrivée prochaine d’un nouveau proviseur adjoint GENDARME! Préavis de grève déposé pour le 5 novembre!

Tout au long de l’année 2017-2018, notre lycée a été frappé par des faits d’extrême violence qui ont eu lieu sur le parvis, devant l’établissement. C‘est dans ce contexte menaçant que nos élèves sont pourtant revenus en cours, ont continué d’apprendre, ont rendu leurs devoirs. Ils sont nombreux à avoir obtenu leur bac, avec tous les honneurs qu’on doit à ces héros ordinaires qui continuent d’étudier envers et contre tout et, il faut bien le dire, contre tous.

L’année scolaire se terminant tant bien que mal, un CLSPD – conseil local de sécurité et de prévention de la délinquance – ainsi que des «cellules de veille» rassemblant différents services de l’État ont été réunis : hélas, nous n’avons pas été collectivement associés à cette démarche. Pour le moment, nous n’avons aucun retour de cette instance, ni recommandations, ni solutions.

À la rentrée, nous avons appris que les moyens accordés par le rectorat pour l’année 2018-2019, ne nous permettaient pas de couvrir les besoins liés à l’augmentation du nombre d’élèves dans le lycée.

Alors que le rectorat et le ministère se félicitent régulièrement des très bons taux de réussite de nos élèves, on continue à nous supprimer toujours plus de moyens comme la possibilité d’organiser des devoirs de quatre heures le samedi matin ou des stages de vacances. Nos institutions se disent impressionnées de l’attention que l’équipe éducative accorde à chaque élève mais elles nous suppriment plusieurs dédoublements de classes nous empêchant de travailler en petits groupes avec eux. On nous encourage à favoriser l’ouverture à la culture et aux arts mais on nous supprime la possibilité d’enseigner le théâtre et l’histoire des arts en seconde. Autant de dispositifs à l’origine de très bons résultats au baccalauréat et qui participaient à réduire les inégalités face à la réussite scolaire. En parallèle, nous avons été confrontés ces dernières années à une baisse régulière des moyens horaires accordés au lycée et à la suppression de nombreux postes d’adultes dans l’établissement, principalement sur des contrats aidés mais pas seulement : des secrétaires de direction, des assistants d’éducation, des agents d’entretien, des médiateurs. Moins il y a d’adultes dans un établissement, plus le climat scolaire et les conditions d’éducation se dégradent. Parce que nos élèves subissaient cette double violence : celle d’une institution qui ne leur donne pas les moyens de réussir et celle extérieure au lycée, l’ensemble de la communauté éducative s’est fortement mobilisée pour réclamer davantage de moyens humains et éducatifs. On nous a promis que les institutions – la région pour le matériel et les locaux, le rectorat pour les postes et les heures supplémentaires – seraient particulièrement attentives au lycée Maurice Utrillo en cette rentrée 2018.

La situation est pourtant toujours alarmante. En effet, à ce jour, en dehors de la pérennisation du poste d’assistant d’éducation (obtenue de haute lutte après plusieurs jours de grève et une mobilisation massive des personnels), nous n’avons obtenu aucune aide pour enrayer cette violence. Le Conseil Régional a pris la décision, unilatéralement, de rehausser les clôtures du lycée quand bien même toutes les violences qu’on a connues se sont déroulées à l’extérieur de l’établissement. Nous n’avons jamais connu de problèmes d’intrusion et sommes réticents à enseigner dans une forteresse.

Alors que nous réclamons à cor et à cris plus d’assistants d’éducation, plus d’infirmières, plus d’assistantes sociales, plus de médiateurs et d’éducateurs à Stains et à Pierrefitte, on nous a annoncé à la rentrée la création d’un troisième poste de proviseur adjoint chargé des questions de sécurité.

La lettre de mission de ce nouvel adjoint ne nous a pas été communiquée et nous nous posons donc de nombreuses questions sur ce qu’on nous a présenté comme «une expérimentation». Nous avons appris que ce nouvel adjoint n’était jamais intervenu en milieu scolaire et qu’il occupait précédemment des fonctions dans la gendarmerie. Que connaît-il des problématiques spécifiques à l’éducation prioritaire? À quoi pourraient servir ses compétences dans un contexte où les problèmes de sécurité s’observent non à l’intérieur mais à l’extérieur de l’établissement?
Cette nomination suscite de vives inquiétudes au sein de toute la communauté éducative et nous sommes prêts à réagir. Nos élèves ont moins besoin d’un proviseur adjoint supplémentaire issu de la gendarmerie que :

  • De professeurs (en SES, en mathématiques, en vente, en anglais, certains élèves n’ont pas eu de professeur pendant un mois);
  • D’équipes stables, formées et expérimentées;
  • D’assistants d’éducations, de CPE, d’assistants pédagogiques, d’infirmières, d’assistantes sociales, de psychologues.

Nous ne le répéterons jamais assez, nous ne le crierons jamais assez fort : c’est d’éducation que nos élèves ont besoin. Les réponses proposées par l’institution sont, une fois de plus, largement en deçà de ce que nos élèves méritent.

Les personnels mobilisés du lycée Maurice Utrillo de STAINS

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Le 27 septembre : grève dans les lycées pro.

La CNT éducation, au côté de nombreuses intersyndicales départementales, appelle l’ensemble des collègues à la grève jeudi 27 septembre.

Mais pour la CNT, il est évident qu’une seule journée de grève de 24h ne suffira pas à faire entendre les revendications de la profession. Le CSE (conseil supérieur de l’éducation) se réunit le 10 octobre pour entériner le nouveau cadrage horaire qui annonce des pertes énormes pour les élèves et des suppressions de postes du côté des enseignant-e-s. D’ailleurs les 2600 suppressions de postes annoncées par Blanquer vont toucher de plein fouet les LP pour la rentrée prochaine.

La décision du CSE le 10 octobre, si nous ne mettons pas la pression pour l’empêcher, permettra de lancer la refonte des programmes qui seront mis en place à la rentrée de 2019. Il y a donc urgence à se mobiliser et à construire un rapport de force solide et durable.

Seule la grève nous permet de nous faire entendre de manière sérieuse. Mais pour cela, la grève doit être massive et reconductible !

Quelques points doivent soulever notre colère :