Paris : un prof de philo sanctionné par le ministère

Pascal Verrier est professeur de philosophie au Lycée Montaigne à Paris. Militant syndical trop dérangeant, il vient d’être sanctionné par le ministère : « mise à la retraite d?office ». Il est accusé de « harcèlement ». Pourtant, la commission académique paritaire, après un débat contradictoire de 14 heures (!), n’avait pas jugé les faits « crédibles et établis ». Il est victime de rumeurs diffamatoires entretenues par un parent d’élève se vantant d’avoir quelques accointances avec des gens « hauts placés » au ministère. Conflit d’intérêt ? Un comité de soutien s’est constitué. Des recours en justice vont être engagés. Cela va nécessiter des frais importants. Pour le soutenir dans sa lutte, vous pouvez participer à la cagnotte en ligne qui lui permettra de financer la bataille judiciaire dans laquelle il est contraint de se lancer. : http://www.lepotcommun.fr/pot/9eul6rd6

Pouvoir dire non !

Communiqué des associations d’éducation nouvelle et des syndicats CEMEA, CGT, CNT, CRAP-cahiers pédagogiques, Émancipation, GFEN, ICEM-pédagogie Freinet, Ligue de l’enseignement,  SE-UNSA, SGEN-CFDT, SNUIPP-FSU,  SNPI-FSU, SUD éducation . Communiqué unitaire

La fin de l’année scolaire 2017-2018 a été marquée par une augmentation des contraintes exercées sur les équipes enseignantes d’écoles maternelles ou élémentaires pour qu’elles s’engagent dans des actions d’apprentissage de la lecture conduites par l’association Agir pour l’École. Tout en tenant un discours affirmant le respect de la liberté pédagogique, des autorités départementales ou académiques ont usé de moyens divers pour exercer des pressions qu’il s’agisse d’initier ces actions ou de contraindre à leur poursuite.

Nos associations et organisations syndicales protestent contre ces contraintes. Elles rappellent que les enseignants sont, dans le cadre des programmes nationaux, les professionnels concepteurs de leur enseignement et que les projets collectifs doivent s’inscrire dans le projet d’école proposé par l’équipe pédagogique et adopté par le conseil d’école .

Nos associations et organisations syndicales apporteront leur soutien aux enseignants et aux équipes qui refusent de mettre en œuvre ces actions ou veulent les interrompre. Elles demandent que cessent toutes les formes de pression exercées.

Paris, le 31 août 2018

Rentrée 2018. L’école selon Blanquer : contrôles, inégalités, sélections et injonctions

Communiqué de rentrée

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A l’école des médias, le ministre de l’Education nationale est le premier de la classe. Rentrée oblige, mercredi 29 août, il a organisé sa conférence de presse : « Ensemble pour l’Ecole de la confiance ». En saturant l’espace médiatique par ses annonces, en entretenant d’inutiles polémiques et sous couvert d’une approche scientifique grossièrement instrumentalisée, Jean-Michel Blanquer déploie une authentique offensive idéologique contre l’égalité à l’école, les conditions de travail et les pédagogies émancipatrices(1).

Les mesures pour cette rentrée 2018 se résument à « décoder, évaluer, sélectionner ». De la Maternelle – un chantier est annoncé pour « clarifier » les programmes et imposer des « repères annuels de progression » –  à l’Université, le ministre veut développer une véritable culture de l’évaluation.

Les classes de CP, les CP à 12 élèves en REP et REP+ subiront deux évaluations, une fin septembre, une autre en février-mars 2019. Un bilan d’entrée en CE1 sera organisé en lecture, écriture et numération à l’automne.

Entre le 1er et le 19 octobre, ce sera au tour des élèves de 6è. Une plate-forme en ligne vérifiera les compétences acquises en français et en maths.

Mi-septembre, les élèves de Seconde générale, professionnelle et technique se verront aussi proposer deux séquences de 50 minutes en français et une en maths via une autre plate-forme numérique.

Mesurer, contrôler, il s’agit bien de soumettre élèves et enseignants à une culture du résultat. La loi votée le 1er août par l’Assemblée Nationale portant sur la réforme de la formation professionnelle et l’apprentissage (2),  la loi ORE, Parcoursup (3), la réforme du bac, le projet de lycée « modulaire » (4) donnent une cohérence à la multiplication de ces injonctions.

Une école contre le peuple, pour les élites.

A la presse encore, le premier ministre a annoncé la suppression de 4500 postes dans la Fonction publique l’an prochain. Blanquer envisage une réforme de la formation initiale pour 2019, une économie possible de 25.000 postes dans l’Education nationale. Ajoutés aux 166.000 postes de « contrats aidés » qui seront encore supprimés, l’école publique est aussi « prioritaire » pour faire des économies.

La liberté pédagogique est remise en question par le ministre, relayé sur le terrain par l’association «Agir pour l’école », qui tente d’imposer des méthodes de lecture et la culture de l’évaluation.  Des associations et des syndicats se sont réunis cet été et ont écrit un communiqué unitaire (lire ci-dessous) pour soutenir toutes celles et ceux qui ne se plieront pas aux injonctions ministérielles.

Car, nos priorités ne sont pas celles de Blanquer. L’émancipation par le savoir ne se mesure pas par des compétences à  atteindre, des hiérarchies, des sélections.

Ses méthodes conservatrices autoritaires et inégalitaires doivent être combattues. En cette  rentrée ce sera, à nouveau, la tâche de toutes celles et ceux qui défendent un service public d’enseignement égalitaire et coopératif.

CNT-FTE, 31 août  2018

(1) A lire dans notre mensuel électronique Classes-En-Lutte n°189, juin 2018, notre motion de congrès : « L’école de Blanquer : contrôle, inégalités, sélection et soumission au programme » (rubrique Classes-En Lutte).

(2) A lire, le six pages : « Lycée professionnel : danger de mort » sur les sites de la CNT.

(3) Loi ORE, Parcoursup / les luttes du printemps 2018. Textes et analyses à lire sur le site de la CNT-FTE, rubrique sup-recherche.

(4) Réforme du lycée général : le lycée modulaire. Analyse à lire dans le Classes-En-Lutte de septembre à paraître.

Vendredi 25 et samedi 26 mai, la fédération CNT tenait son XIè congrès à Paris… Communiqués

Communiqué 1.

Répression, mutilation et prison : les armes du capitalisme ne nous feront pas taire

Des nervis cagoulés qui expulsent des étudiant.e.s d’un amphi avec la complicité d’un doyen à Montpellier, des CRS qui expulsent sans ménagement des étudiant.e.s pacifistes, en les insultant, les gazant et les frappant…

A Beaumont sur Oise, le 28 avril, des militaires de l’opération Sentinelle présents contre  l’après-midi « boxe et jeux gonflables » organisée par la famille et les proches d’Adama Traoré. Le 30 avril 2018, Ismaël Bokar Deh, un travailleur sans-papiers qui vendait des bibelots aux touristes pour survivre,  tué par la police de Versailles…

A Paris, le 22 mai, 128 gardes à vue à l’issue de la manifestation « fonction publique » suivie de l’occupation du lycée Arago : 88 majeurs, 40 mineurs, contre une Assemblée Générale dans un établissement scolaire…

Toujours le 22 mai, une main arrachée sur la ZAD de Notre-Dame-Des-Landes… 40000 grenades, des chars, des drônes et des hélicos contre des projets collectifs…

Le 25 mai, encore, deux syndicalistes en garde à vue après avoir été mis en joue et menottés pour une action symbolique et pacifique de 300 camarades CGT Énergie, Cheminots, devant le siège national de La République En Marche…

La criminalisation des résistances est bien la seule à être en marche. Une marche forcée pour casser toutes les initiatives collectives, toutes les oppositions, toutes les tentatives pour vivre autrement.

La fédération CNT des travailleuses et des travailleurs de l’éducation réunie  pour son 11 è congrès à Paris dénonce une nouvelle fois ces répressions. Elle exige l’amnistie de toutes les réprimées du mouvement social et elle sera aux côté des migrants et des sans-papiers le 2 juin contre le projet de loi Collomb « asile-immigration ».

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Communiqué 2.

Parcoursup : algorithmes aux services de la sélection et de la concurrence

 Depuis quelques années, les algorithmes sont à la mode. Faut dire que ce sont des outils pratiques pour « traiter », c’est-à-dire automatiser le classement, le croisement et l’interprétation de données nombreuses et diverses. Les gouvernements font développer et appliquent des algorithmes pour mettre en place leurs politiques publiques. Au point de soumettre ces politiques publiques aux logiques de ces algorithmes ?

Mais quelles sont ces logiques ? Deux programmes ont été employés dernièrement pour appliquer ces politiques : APB ( Application Post-Bac)  jusqu’à l’an dernier et Parcoursup’ cette année. Quelles différences entre les deux ?
APB était un algorithme qui ventilait les bachelières et les bacheliers dans le supérieur alors que Parcoursup’ est une plate-forme où les données des élèves sont accessibles par tout établissement du supérieur et chaque établissement met en place son propre algorithme. Sur APB, les vœux des élèves étaient ordonnés par ordre de préférence, sur Parcoursup’ non.
Quel est l’effet de l’absence de hiérarchisation des vœux sur Parcoursup’ ? L’algorithme d’APB était basé sur l’algorithme de Gale-Shapley. Sans rentrer dans le détail, c’est un algorithme qui permet de répartir les élèves dans les universités en respectant l’ordre des vœux.
Sur Parcoursup’ les établissements du supérieur doivent trier tous les dossiers de tous les élèves alors que l’algorithme d’APB permettait de minimiser le nombre de dossiers.
Pourquoi proposer un système qui est juste plus coûteux en nombre de dossiers à traiter ?
Quel est l’effet du passage d’un algorithme sur APB aux multiples algorithmes sur Parcoursup’ ? Normalement l’État doit diffuser ses algorithmes, même si cela n’a pas été complètement fait concernant APB. En revanche, les établissements du supérieur ne sont pas dans l’obligation de communiquer le détail de leurs algorithmes. On ne sait pas comment ils sont faits mais on a quelques remontées de ce qui se passe lors des commissions des universités : coefficient par établissement, coefficient en fonction du département ou de la ville, déclassement des boursiers… En effet, ces algorithmes étant secrets, les critères de classement les plus puants peuvent être utilisés.
Nos camarades du supérieur ne sont pas moins dignes que les collègues du secondaire. Cependant, on ne peut pas exclure le pire à partir du moment où la direction de l‘établissement garde l’algorithme secret.
Il semble donc que Parcoursup’ soit aussi sélectif qu’APB. En outre, Parcoursup’ met en concurrence les établissements du secondaire. Il offre la possibilité aux universités de hiérarchiser les lycées. Sur quels critères ? On n’en est pas sûr, mais certainement du plus « nul » au « meilleur ». Il en découlera une mise en concurrence des établissements du supérieur qui doivent choisir des stratégies de recrutement. De plus en plus « autonome », en vérité soumise à des impératifs de concurrence à l’échelle globale (type classement de Shanghaï), la libéralisation de l‘université en France va s’intensifier. Le savoir universitaire en théorie accessible à tous et toutes restera élitiste.

Les syndicats de la FTE réunis en congrès, exigent l’ouverture des universités (au moins 100 000 places) à tous les élèves et d‘en finir avec ces différents systèmes sélectifs.

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Communiqué 3        Contre les violences sexistes et patriarcales

Il faut en finir avec les violences sexistes et patriarcales

La CNT a été confrontée à des affaires de violence sexiste. La CNT – FTE, réunie lors de son 11e Congrès tenait à rappeler qu’elle ne pourrait accepter de ses camarades la moindre violence de ce type.

Il ne suffit pas de se revendiquer « anti-sexiste » pour faire disparaître les discriminations, agressions et comportements sexistes. Les engagements anti-patriarcaux ne se réduisent pas aux discours mais impliquent de se défaire de toutes les représentations et attitudes sexistes que nous avons pu intégrer malgré nous.

Si les violences physiques sont les plus visibles, les violences symboliques sont tout autant destructrices, qu’elles soient verbales ou qu’elles relèvent de stéréotypes toujours véhiculés dans notre société.

Il est crucial que suite à des cas de violence sexiste se mette en place une gestion collective car il est plus que souhaitable que ce genre de situation ne conduise pas à l’isolement des victimes et de toutes les personnes touchées qui doivent bénéficier d’une protection et d’un soutien.

Cette réflexion ne doit pas servir qu’à nous donner bonne conscience. Elle n’est pertinente et utile que si elle aboutit à nourrir la lutte anti-patriarcale concrète à travers la mise en place d’actions dans nos syndicat, sur nos lieux de travail, dans nos quartiers. Ces actions doivent viser à protéger toutes et tous de toute forme d’agression et à faire évoluer nos comportements. Il est fondamental que nous trouvions tou-te-s le temps de discuter de ces problématiques afin de développer les outils nécessaires pour répondre à ces situations, en aval et en amont.

La Fédération des Travailleu-r-se-s de l’Éducation décide de poursuivre sa réflexion avec ses syndicats et d’amplifier son engagement contre toutes les formes de domination.

Extrême(s)- droite(s) contre l’Éducation

La progression du FN, la banalisation des discours « décomplexés » et sécuritaires rappellent les dangers qui pèsent sur la société et sur l’école.

En mai 2016, un premier stage intersyndical régional entendait décrypter les vrais visages des extrêmes droites contre l’éducation.

Ce lien vous permettra de lire et diffuser…  L’argumentaire intersyndical

 

Livret scolaire unique numérique (LSUN) : le casier scolaire

Avec la mise en place du livret numérique scolaire unique du CP à la 3è, nous assistons à l’accélération du fichage généralisé. Big Brother va très bientôt watching you !

Il s’agit pour les enseignants de renseigner sur internet les compétences acquises par les élèves. Ces compétences seront accompagnées de toutes les attestations possibles, remarques des profs, éléments relatifs à la vie scolaire (absences, retards, comportement, attitudes) et des dossiers éventuels sur les difficultés scolaires ou de santé.

Un vrai régal pour les patrons et le ministère de l’intérieur. En effet, toutes les institutions, notamment policières, auront accès aux données recensées, conformément aux diverses lois votées ces dernières années : loi du 5 mars 2007 sur la « prévention de la délinquance » et le « secret professionnel partagé », loi du 7 mars 2016 sur le « droit de communication » réservé aux préfets.

D’un livret personnel papier propriété des enfants et des parents des élèves, l’État s’arroge le droit d’un livret informatique qu’il serait seul en mesure de valider, supprimer, amender.

En plein état d’urgence indéfiniment renouvelé, encore sous le coup de la répression judiciaire et des violences policières anti-syndicales, dans les ZAD, contre les migrant.e.s, les élèves sans-papiers ou les quartiers populaires, ce fichage est intolérable.

La CNT exige le retrait de ce livret numérique, encourage les enseignants à ne pas le renseigner et à s’organiser collectivement pour obtenir son abolition.