Souriez c’est la rentrée !
En cette rentrée, le service public d’éducation est toujours aussi malmené, aucune pause n’est prévue et les réformes ajournées suites aux luttes de l’an passé se poursuivent. Tour d’horizons des attaques en cours ou à venir prochainement :
Faire du chiffre...
13500 postes d’enseignant-e-s et 500 postes administratifs supprimés cette année 16000 envisagés pour la suivante (dont 600 postes administratifs et 14.000 postes d’enseignants stagiaires) Si 500 postes sont créés en primaire c’est par la fin de décharges enseignantes dans des structures péri-éducatives ou culturelles. Rationalisation et fermeture de l’école sur elle même...
Fin de contrat et retour au chômage pour 30000 EVS et AVS, cet été.
Dans le secondaire, la précarisation de la vie scolaire se poursuit avec l’arrivée des « médiateurs de la réussite scolaire », des contrats aidés pour remplir le job des CPE. Ces suppressions interviennent dans un contexte de hausse du nombre d’élève, conséquence logique du « baby boom » en cours depuis 2000 : plus 16000 élèves en collège et plus 1700 élèves au primaire. La démographie a toujours été un alibi pour l’application stupide du dogme idéologique du non remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite ». Détruire l’emploi public pour mieux privatiser...
Fin des BEP et généralisation des bacs pros en 3 ans.
Ayant été mis en échec dans les lycées généraux, le ministère a profité d’une plus faible réaction en LP pour accélérer la mise en place des bacs pros 3 ans. Ceci au grand détriment des élèves concernés, informés plus que tardivement de leurs possibilités d’orientation. Une année en moins, c’est moins d’enseignement et donc moins d’enseignant-e-s. C’est aussi la voie de la déqualification pour une frange de nos élèves exclus de cette formation condensée, réorientés vers des CAP ou décrochant en cours de bac. Déqualification qui tirera vers le bas le marché du travail, en terme d’emploi et de revenus.
Masterisation et suppression des IUFM
Les IUFM sont amenés à disparaître dès l’année prochaine avec le recrutement des futurs enseignant-e-s au niveau MASTER, délivrés dans les universités. L’année de stagiairisation rémunérée est supprimée, l’État économisera des milliers de postes, les futurs collègues perdant une année de salaire et de cotisations pour une retraite de plus en plus lointaine. Au delà, même si la formation dispensée ces dernières années étaient largement critiquable, c’est la fin d’une indispensable formation professionnalisante par des « pairs ». L’accès au métier par deux années d’université supplémentaire le rendra encore plus difficile aux étudiant-e-s des classes populaires. C’est aussi une menace sur nos statuts. Un large vivier d’étudiant-e-s recalé-e-s des concours mais ayant suivi ces MASTER fournira des bataillons de profs précaires. Ce système facilitera un passage à un recrutement direct sans statuts de fonctionnaires, évolution se profilant déjà dans la territoriale.
Quelle réforme pour le lycée ?
Reportée d’un an, suite aux manifestations lycéennes, la réforme du lycée devrait être annoncée dans le courant de l’année. Que restera-il de l’ancien projet, quels éléments seront tirés du rapport Descoings ?
Casse du statut de la fonction publique territoriale (FPT)
Un projet de loi, concernant les agents dépendant de la FPT (ATSEM, TOS décentralisés) propose la « liberté de recrutement par les collectivités territoriales » par le recours au « contrat de travail de droit commun ». C’est la fin du statut des fonctionnaires territoriaux, ballon d’essai pour la fonction publique d’État ?
Arracher des embauches à hauteur des besoins exprimés par les équipes de chaque établissement, pérenniser les emplois en vie scolaire et en finir avec les contrats précaires, obtenir une vraie formation professionalisante rémunérée en début de carrière, empêcher la casse des statuts, bloquer de manière générale la dérive libérale de l’école et la régression pédagogique actuelle... Autant de luttes a mener pour ne pas subir un nouvelle année de régression !