Sentant l’été arriver, la machine administrative avait lancé ses filets pour y prendre enseignants désobéisseurs, militants syndicaux et associatifs. Alain Refalo, Bastien Cazals, Erwan Redon... ils sont plusieurs à avoir connu un été de sanctions administratives et juridiques.
Commission disciplinaire le 7 juillet pour Erwan Redon,puis le 17 septembreoù elle a voté une sanction : « déplacement d’office ». Pour rappel, Erwan Redon s’est vu retirer 32 jours de salaire pour service non-fait, tout comme sa collègue Christine Rousset... Ce retrait de salaire s’est abattu de façon arbitraire sur certains désobéisseurs, qui effectuaient pourtant leur service, proposant projets et ateliers sur le temps d’aide personnalisée. Le tribunal administratif a d’ailleurs sommé l’administration de verser « l’intégralité » de leurs salaires aux deux désobéisseurs.
Alain Refalo, l’auteur de la première lettre publique de désobéissance est lui aussi passé en commission le 9 juillet. Sanction disciplinaire et perte d’échelon, soit diminution du salaire. Il avait déjà perdu 29 jours de salaire lors de son premier passage en commission en janvier 2009.
Bastien Cazals et Isabelle Huchard ont été démis de leur fonction de directeur/trice lors de la CAPD du 27 août à Montpellier, pour avoir refusé d’utiliser le logiciel de fichage Base élève.
Deux autres directeurs sont sanctionnés pour les mêmes causes : Jean Yves Le Gall dans l’Isère et François de Lillo en Ariège : démis de leur fonction et mutation d’office lors du passage en commission de discipline.
Nous ne nous laisserons pas intimider !
Et ils ne sont pas seuls. Militants syndicaux, désobéisseurs, directeurs refusant base-élève, militants à RESF... Si le couperet s’abat, c’est dans l’espoir de couper l’herbe sous le pied à toute résistance pour cette année. Oui, la désobéissance est un acte individuel. Mais elle s’inscrit aussi dans un cadre collectif, dans une réflexion pédagogique d’équipe et se veut une arme de lutte, un acte de résistance, quand on se cogne aux limites de la grève trimestrielle, des journées d’action du mercredi en gilet jaune... En coupant quelques têtes, on espère que l’exemple fera loi, que chacun tremblera et que chez soi, on restera. Non seulement nous devons rester solidaires des enseignants sanctionnés, mais nous ne devons pas baisser les bras. La lutte doit continuer, s’organiser et s’élargir, contre la casse de l’éducation nationale, et contre la casse et le démantèlement des services publics.